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Duras Pivot / Apostrophes : un grand moment de l'émission Apostrophes revue et interprétée pour le plaisir par Claude Gallou et Sylvie Boivin

Écrit par Philippe Delhumeau Catégorie : Théâtre Mis à jour : jeudi 26 avril 2018 11:32 Affichages : 304

apostrophesPar Philippe Delhumeau - Lagrandeparade.fr/ C'était hier. Vendredi 10 janvier 1975. Antenne 2. 21h30. Le public découvrait le plateau de l'émission Apostrophes animé par Bernard Pivot.

Le décor était planté, une grande table basse sur laquelle étaient posés les livres, une rangée de chaises installées tout autour pour les invités.
Le concerto pour piano n°1 de Rachmaninov ouvrait le bouillon de culture littéraire avant que le maitre de cérémonie, Bernard Pivot, lunettes dans une main et fiches dans l'autre, ouvre les guillemets aux écrivains habillés de la lettre déclinée de A à Z.

Une émission faite pour durer. Ecrivains, hommes politiques, auteurs-compositeurs-interprètes, ethnologues, philosophes, réalisateurs et tant d'autres personnalités animèrent des débats passionnants et souvent mémorables sur l'actualité culturelle et littéraire du moment.
Apostrophes était l'émission culte du vendredi soir que les amoureux du livre suivaient comme un feuilleton sans fin… jusqu'au vendredi 22 juin 1990 où Bernard Pivot rangea définitivement ses fiches.

28 septembre 1984. Marguerite Duras est l'invitée de Bernard Pivot. Son dernier roman, L'Amant, publié en 1984 chez Les Editions de Minuit se révèle un triomphe et obtint le Prix Goncourt.

Samedi 21 avril 2018. Studio Hébertot. 15h00. Le public vient assister à l'avant-première de Duras Pivot / Apostrophes qui sera jouée au prochain Festival d'Avignon. Coïncidence, la première représentation est programmée un vendredi en soirée.
Un clin d'œil de Claude Gallou à Bernard Pivot qui a eu l'idée d'adapter pour le théâtre l'une des 724 émissions. Il choisit celle du 28 septembre 1984 où Marguerite Duras fut l'invitée de Pivot.
Le concerto pour piano n°1 de Rachmaninov s'écoute de nouveau pour le plaisir.
Le décor est planté, une grande table circulaire sur laquelle sont disposés des romans de l'auteure éponyme, une chaise installée à chaque extrémité où prennent place les protagonistes de la soirée.
Claude Gallou, lunettes dans une main et fiches dans l'autre, ouvre les guillemets à Marguerite Duras, couverte d'une bague à chaque doigt, chaussée de ses lunettes à la monture marron et habillée de son pull beige à col roulé. C'est à s'y méprendre, Sylvie Boivin rentre de corps et d'esprit à l'identique dans le personnage de Marguerite Duras. L'œil obscur fixe son interlocuteur, la bouche esquisse des signes d'approbation, d'interrogation, de sourires contenus ou de silence. Les mains croisées sur la table semblent figer et se détachent à intervalles irréguliers pour manifester une intention. Claude Gallou et Bernard Pivot ne font qu'un, les mains jouent avec les fiches, les lunettes font un va-et-vient continuel entre le nez et la table. Les romans de l'écrivaine sont disposés en demi-cercle de façon à ce que chaque bord s'effleure. Une géométrie d'histoires. Le phrasé de Claude Gallou, des questions courtes, simples et toujours illustrées d'une ponctuation marquée par une virgule, un point d'interrogation, un point d'exclamation ou trois points de suspension en référence à des parenthèses existentielles de Marguerite Duras.
L'émission révèle la jeune fille des colonies qui, âgée de quinze ans, fut éprise par un riche Chinois. D'où l'écriture, bien des années plus tard, de L'Amant. Une autobiographie de jeunesse dont s'échappent les premières fois confondues dans un sentiment de maturité et d'indifférence. N'apprenons-nous pas que la mère de Marguerite était fantasque, voire folle, selon ses dires. Duras, adolescente et femme, regrettera sa vie durant la disparition de son second frère avec lequel elle était très proche. Elle pardonnera les exactions de son grand frère, Pierre.
Les échanges entre Duras et Pivot, la confrontation d'une vie publique semée de douleurs, de cris, de silence traduits dans une écriture intime et intense, solitaire et nomade et d'un animateur de télé calé sur son siège dont les émotions sont autant palpables qu'une larme coulant sur une roche graniteuse.
Le public, une heure durant, profite d'un grand moment de théâtre interprété par deux comédiens hors-classe dans leur jeu respectif.
Un bouillon de culture littéraire dont il est bon de tout entendre et percevoir car le présent est rejoint par les souvenirs.

Duras Pivot / Apostrophes
Sur une idée de Claude Gallou
Avec Sylvie Boivin et Claude Gallou
Production Intime Compagnie, diffusion Sea Art

Dates et lieux des représentations :
- Samedi 19 mai 2018 : Studio Hébertot – 15h00 (Avant-première)
- Du vendredi 6 au dimanche 29 juillet 2018 : Festival d'Avignon – OFF 2018 – Théâtre au Magasin à 21h00.