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Débrayage : le rire pour affronter la souffrance au travail

Écrit par Daniel Bresson Catégorie : Théâtre Mis à jour : mardi 11 juillet 2017 12:27 Affichages : 753

DebrayagePar Daniel Bresson - Lagrandeparade.fr/ Rémi De Vos écrit à trente ans, en 1995, Débrayage, sa première pièce, en dépeignant avec un humour grinçant le long de treize tableaux le monde du travail. Il s’inspire d’auteurs comme Beckett, Kafka ou Pessoa mais surtout de son vécu personnel et d’anecdotes qu’il lit dans les journaux ou que ses amis lui racontent. La Compagnie montpelliéraine de l’Astrolabe, sous la direction de Nicolas Pichot, en fait un spectacle impactant et drôle qui résonne auprès du spectateur.

Dès la première scène, le ton est donné : Les acteurs s’habillent le plus rapidement possible, saisissant des costumes sur des cintres descendant du plafond, comme le faisaient les mineurs. Le décor est planté, la course folle à la rentabilité commence. Le spectateur est happé par le tourbillon des scènes qui défilent devant lui, et où tout y passe, du harcèlement moral à la délation, de la souffrance au « pétage de plombs ». Serons-nous un jour comme Jérôme, qui avoue à sa femme renoncer à ses vacances par crainte d’être licencié, comme Jean-Louis qui se retrouve entouré de dossiers dans un bureau sans lumière du jour et en devient paranoïaque, comme Catherine, surveillée par son responsable à travers un écran, et qui demande à sa collègue de la dénoncer pour ne pas perdre son emploi ? Ou comme cette femme licenciée qui interpelle la « chasseur de tête » pour comprendre ce qui la pousse à faire ce travail? Mais on rit aussi, beaucoup, d’un rire libérateur devant ces situations cocasses, ubuesques, parfois irréalistes. On se délecte aussi de moments comme devant la jouissance ressentie par cette secrétaire qui explose en jetant les papiers dans tout le bureau. Les deux acteurs Evelyne Torroglosa et Marc Pastor réussissent à rester toujours crédibles et à apporter cette dose de folie qui maintient le spectateur en haleine. Le choix de mettre au plateau l’éclairagiste Natacha Raber et le musicien Tony Bruneau à la fois dans leur rôle mais aussi parmi les comédiens est amplement gagnant. La scénographie de Pierre Heydorff est incroyablement efficace et l’espace scénique change à chaque scène grâce à un système astucieux de grilles amovibles. Nicolas Pichot dirige tout cela d'une main de maître avec un réel plaisir et parvient à soutenir le rythme tout au long du spectacle. Il interroge le spectateur sur des questions essentielles : Vers quoi courrons-nous ? Sommes-nous contraints de suivre cette cadence imposée par « la culture d’entreprise », de céder à la pression ? Et si nous arrêtions de courir, que se passerait-il ? Le metteur en scène choisit ainsi d’introduire dans le spectacle des moments de pose dansés, qu’il a élaboré avec le chorégraphe argentin Leonardo Montecchia comme des parenthèses de respiration salvatrices. L’ensemble est très réussi à l’image de la dernière scène où il montre sa volonté de laisser une note d’espoir, une couleur agréable. N’hésitez pas à rentrer dans la cour du théâtre de l’Entrepôt pour découvrir ce spectacle !

Debrayage
Interprète(s) : Tony Bruneau, Evelyne Torroglosa, Marc Pastor, Natacha Räber
Metteur en scène : Nicolas Pichot
Chorégraphe : Leonardo Montecchia
Scénographe : Pierre Heydorff
Costumière : Pascaline Duron
COMPAGNIE DE L'ASTROLABE
 - COPRODUCTION : THÉÂTRE JEAN VILAR DE LA VILLE DE MONTPELLIER

Durée : 1h20

- À 15H25 : DU 7 AU 30 JUILLET 2017 - RELÂCHES : 11, 18, 25 JUILLET - L'ENTREPÔT  (1 ter, boulevard Champfleury
84000 - Avignon) - Festival Avignon Off

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