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Le patin libre : épure, grâce et puissance du geste, délestés du kitsch et des pirouettes

Écrit par Bruno Paternot Catégorie : Danse Mis à jour : lundi 27 juin 2016 09:51 Affichages : 781

Vertical influencesPar Bruno Paternot - Lagrandeparade.fr/ Le Patin libre, ce n’est pas de la danse sur glace, ce n’est pas du patinage acrobatique, ce n’est pas du hip-hop sur patins : c’est du patin libre. La compagnie québécoise présentait en inauguration du 36e festival de Montpellier Danse leurs deux dernières chorégraphies : Verticale suivie de Influences. La patinoire Vegapolis de Montpellier accueillait donc des spectateurs habituels du patinage, des festivaliers depuis 30 ans, de la presse et des professionnels à foison venus avec curiosité regarder cette proposition qui ne ressemble à rien de connu.

Les cinq danseurs créateurs du Patin libre entrent dans l’arène et commencent leurs mouvements : épure, grâce, puissance du geste sont au programme. Délesté du kitsch et des pirouettes, le patin libre ne garde des sports de glisse que ce qui relève du geste et de la ligne claire. L’espace est occupé, les corps sont là. Les corps dansent, c’est certain, mais contrairement à ce qu’on peut voir d’habitude il ne s’agit pas de corps de danseurs avec des techniques de danse mais bien de corps de patineurs –de sportifs– qui dansent. Ce petit déplacement du corps rend le spectacle atypique et intéressant, sans pour autant perdre en qualité gestuelles, en vélocité, en technicité. Il s’agit bien en effet d’un spectacle et non d’un show à l’américaine : peu de lumière ou de costumes, pas de scénographie, des musiques minimalistes… On pourra regretter le manque de radicalité dans les choix. Il aurait peut-être mieux valu n’avoir rien de tout ça, que du patin ou alors, creuser beaucoup plus loin dans les atours du spectacle vivant et soigner beaucoup plus les lumières et musiques. En règle générale, la seconde pièce -beaucoup plus contemplative- est plus forte car plus radicale et plus centré sur les danseurs et leur intériorité. C’est cette radicalité et ces choix, quels qu’ils soient, qui feront le maintien ou non de cette compagnie dans la scène contemporaine. Les spectateurs d’aujourd’hui pourront dire « j’y étais »… ou pas. Il y a encore un risque que la comète Patin libre s’en aille aussi vite qu’elle est arrivée. Mais ce serait tellement dommage, tant le champ des possibles est ouvert dans cette nouvelle discipline qui doit travailler et creuser encore afin de faire œuvre d’art. Pour exemple, dès que la musique assez simpliste de Jasmin Boivin s’arrête, on peut tout à fait entendre le travail sur la matière glace. Le patin crisse, la neige se forme, un arrondi du pied remplit l’espace sonore de la gigantesque patinoire. Le solo de Samory Ba est à ce titre assez fascinant : il y a proposition forte et absolue qui intrigue et signifie quelque chose de la solitude de l’humain, de son besoin de faire du son, de la quête continuelle pour rester vivant. Du haut de sa grandeur, il surplombe les quatre autres interprètes sans pour autant sortir du groupe. En effet, chaque danseur a son propre style, sa propre technique, sa personnalité mais pour autant il s’agit bien d’un quintet sur glace. Les positions s’enchaînent délicatement de façon assez rude, sans autre forme de procès ni chichiteries. S’enchaînent tout un travail sur le cœur, la synchronisation des corps, l’exclusion d’un membre du groupe par rapport aux autres. Simul et Singulis, le patin libre connaît ses classiques… avant d’en devenir un lui même!

Le Patin Libre
Conception, chorégraphie et interprétation : Le Patin Libre (création collective des 5 artistes-patineurs : Alexandre Hamel, Pascale Jodoin, Jasmin Boivin, Samory Ba, Taylor Dilley)
Musique : Jasmin Boivin
Dramaturge : Ruth Little
Conceptrice d’éclairage : Lucy Carter
Conceptrice d’éclairage associée : Nia Wood

Coproduction : Dance Umbrella (Royaume-Uni) en partenariat avec le Centre National des Arts (Canada) et le Théâtre de la Ville de Paris (France). Avec le soutien du Conseil des arts et lettres du Québec, du Conseil des arts du Canada, du Conseil des arts

Dates des représentations:

- Jeu. 23 juin à 16h, Ven. 24, sam. 25, dim. 26 & lun. 27 juin 2016 à 17h & 19h45 à Patinoire Vegapolis / Odysseum - Montpellier / Festival Montpellier Danse 2016
 
 

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