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Solstice : quand la danse rend hommage à la planète avec une grâce merveilleuse

Écrit par Julie Cadilhac Catégorie : Danse Mis à jour : samedi 3 février 2018 16:57 Affichages : 482

SolsticePar Julie Cadilhac - Lagrandeparade.fr/ Dans "Solstice", Blanca Li plonge le spectateur dans un univers en perpétuel mouvement pour rendre hommage à la la beauté du monde, évoquer sa force et son énergie mais également sa fragilité et, en filigrane, sensibiliser tout un chacun - sans discours militantiste cependant - à la nécessité d’en prendre soin.

Après avoir exploré l’univers des robots, il y a quatre ans, comme une « suite logique »,  ce sont les relations entre l’homme et la nature qui se sont mis au coeur de ce travail. Un spectacle onirique et sensible qui raconte le souffle de l’air, la fraîcheur de la pluie, le grain de la terre…

Commençons d’abord par saluer la beauté de la scénographie, machinerie fascinante de voiles qui devient successivement nuage à la blancheur immaculée, terre à la rougeur tachetée d’ombres et de lumières, ciel d’un bleu azur fascinant ou encore vent tissé de mystère. La musique, élaborée à partir de sons « naturels » mais aussi le silence de la musique permettant d’entendre les mouvements, vibrent au diapason avec les corps des quatorze danseurs. La Terre résonne autant dans les métamorphoses enchanteresses des interprètes que dans une scénographie pétrie des cinq éléments. Des fils comme des rideaux de pluie, des voiles flottant rehaussés de rouge incandescent comme des écrins de flamme, un sol maculé de terre noire, une soufflerie contre laquelle résistent un cortège dionysiaque et l’Espace, partout, et constamment réaffirmé.
« Solstice » de Bianca Li sollicite nos sens, réaffirmant ainsi notre lien organique avec la planète. Les scènes se mêlent et s’enchaînent en invitations plurielles à percevoir notre nature animale et instinctive, n’hésitant pas à solliciter une iconographie mythologique, retour à une époque intemporelle et originelle où l’homme, les dieux, le ciel et la terre savaient combien leur sort était intrinsèquement lié.
Après une ouverture étrangement futuriste aux êtres-hologrammes, on est saisi par un premier tableau où l’oeil voit sautiller des pieds derrière le blanc des nuages…puis le mouvement se fait tribal et exulte, accompagné de percussions qui ne choisissent d’autre support que la peau. Respiration et présence d’un fascinant poitrail qui prend vie et soubresaute. Hommage à la danse africaine avec une énergie éclaboussante…Les ombres des danseurs, illusions peut-être du mythe de la caverne platonicien, laissent place à un soliste qui exécute à l'envi une figure acrobatique incroyable, véritable roue humaine. Le vent, gonflant les draps dont sont ceints les interprètes, leur donne des airs de divinités. Est-on sur le Mont Olympe? Khalil Gibran nous vient : « Les fleurs du printemps sont les rêves de l'hiver racontés, le matin, à la table des anges. » Tout prend des airs mystiques exquis. Un Icare parait, emporté par la tempête. Puisque le vent s’impose, espiègle comme Nébulon, fort comme Eole et tourbillonnant comme Zéphyr, une danse du souffle, aussi drôle qu’esthétique, s’impose. Aspirer, rejeter l’air, inspirer, s’improviser ventouse…prétexte à d’amusantes digressions chorégraphiques. Ce sont ensuite les bras qui se font girouette, de véritables colonnes tournoyantes, éoliennes humaines occupant le plateau…La mer et ses vagues gonflées de vent prennent place progressivement ; corps-roulis, corps-écume, corps fleur d’eau…et au dessus de cet océan hypnotisant un Ulysse échoué? Ballottement des flots, portés superbes et corps-proue porté par un peuple marin accompagné d’un bande-sonore remarquable. Le bleu de l’eau, en métaphore filée poursuivant ses saisons, amène le froid et ses glaçons. Les corps se saisissent de tremblements et offrent un tableau magique de danse avec les icebergs. Soudain, c’est l’été et ses calebasses comme autant de soleils fruités accompagnent une musique entrainante et enjouée. L’objet-récipient du quotidien devient lune, couvre-chef et permet d’apporter sur la scène de la terre qui pleut aussi sur le corps d’un danseur au centre du plateau. La terre se répand sur le sol et la tribu peut entamer des jeux ancestraux où la danse se mêle à l’affirmation de soi. Un dernier ballet à la synergie d’une puissance titanesque et inoubliable!

Solstice
Pièce pour 13 danseurs et 1 percussionniste
Chorégraphie, direction artistique : Blanca Li
Scénographie, dramaturgie : Pierre Attrait
Création des projections vidéo : Charles Carcopino
Système de projection sur danseurs : Anomes/Millumin
Musique : Tao Gutierrez
Lumières : Caty Olive

Costumes : Laurent Mercier
Assistantes à la chorégraphie : Glyslein Lefever, Déborah Torres
Assistante à la scénographie : Delphine Sainte-Marie
Assistant à la création des projections vidéo : Simon Frezel
Réalisation des costumes : Atelier de Chaillot – Théâtre national de la Danse
Réalisation des décors : Atelier de l’Opéra de Rouen Normandie 
Avec : Yacnoy Abreu Alfonso, Peter Agardi, Rémi Bénard, Jonathan Ber, iris Florentiny, Julien Gaillac, Yann Hervé, Aurore Indaburu, Alexandra Jézouin, Margalida Riera Roig, Gaël Rougegrez, Yui Sugano, Victor Virnot

Production : Chaillot – Théâtre national de la Danse
Coproduction : Calentito-Blanca Li / les Théâtres de la Ville de Luxembourg / Opéra de Rouen Normandie / Espace Jean Legendre – Théâtre de Compiègne, scène nationale de l’Oise en préfiguration
Avec le soutien de la MAC de Créteil
Remerciements : JB Mondino, Fondation Goodplanet, Fondation Bettencourt Schueller et Yann Arthus-Bertrand pour les images du film Human

Crédit-photo : Solstice - Jean Baptiste Mondino

Dates et lieux des représentations : 

- Le 19 janvier 2017 à l’Opéra Berlioz- Le Corum - Montpellier Danse ( 34)
- Le 27 janvier 2018 au Palais des Festivals - Cannes / France
- Le 30 janvier 2018 au Théâtre des Salins - Martigues / France
- Les 2 et 3 février 2018 - Grand Théâtre - Aix en Provence / France
-Les 22 et 23 février 2018 au Théâtre des Arts - Rouen / France
-Le 13 mars 2018 - Espace Jean Legendre -Compiègne / France
-Le 20 mars 2018 à la Maison de la Culture - Amiens / France
-Le 05 juin 2018 - Grand Théâtre -Luxembourg / Luxembourg

Solstice