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La Dévorée : un duellum mythique et circassien sous une pluie d’or et de sang

Écrit par Julie Cadilhac Catégorie : Cirque Mis à jour : jeudi 29 juin 2017 11:45 Affichages : 1706

DevoreePar Julie Cadilhac - Lagrandeparade.fr/ Fille d’Arès, Penthésilée est la Reine des Amazones. Heinrich von Kleist lui a composé un drame où l’amour se décline en rivalités mortelles. Face à Achille dont elle tombe amoureuse, tous les coups sont permis sur le champ de bataille…et après avoir été blessée, c’est elle qui finira par le tuer et dévorer ses entrailles entourée de sa meute de chiens jusqu’à ce que l’hybris se taise, qu’elle réalise son acte et se suicide…

Terrible parabole des affres de la passion dans ce qu’elle peut avoir de cruel et de violent, ce récit donne l’occasion également à la talentueuse Marie Molliens de proposer une réflexion pertinente sur son statut de femme de cirque : qui est, en réalité, cette attirante créature dont les prouesses laissent coi d’admiration? Sirène envoûtante sous les étoiles du chapiteau et que l’on imagine forte et invincible, mystérieuse et inaccessible, omnipotente? Assurément, et d’abord, nous répond-elle, une simple femme pétrie de fragilités, de maladresses et de failles.

DevoreeMarie Molliens a imaginé une mise en scène superbe qui rend tout à la fois hommage au mythe, au cirque et à la femme. Accueilli par une triade brillant de mille feux, femmes-bougie attirant tous les regards, le public se laisse peu à peu emporter par la musique live de trois musiciens qui déclineront durant tout le spectacle des écrins musicaux de qualité aux diverses scènes exécutées. S’inspirant de Klimt, insérant en contrepoint narratif plusieurs spécimens canins, aussi sensuelle que combattive, touchante que forte, « La Dévorée », c’est une tournoyante mélopée de robes qui s’envolent, sous une musique crépitante comme des milliers de grains dorés, un instant de suspension tragique derrière les voiles endeuillés d’une couche funeste, une parade amoureuse, tourbillon effréné sur un trapèze, un duellum de haut vol, alchimie puissante de talc, de sueur et de sang, une funambule anthropophage sous une curée de lévriers russes…Autour de cette Penthésilée multiple, remarquablement incarnée tour à tour par Justine Bernachon, Colline Caen et Marie Molliens, Serge Lazar est cet Achille des temps ancestraux et modernes, à la fois pompier volontaire aux santiags viriles qui dévore du regard l’artiste sur la piste et héros inégalé de la guerre de Troie. Autour d’eux gravite la figure inquiétante de la folie, l’hybris grecque, ou de la mort qui menace, dont les cerceaux étourdissent comme une menace fascinante, éclaboussant de paillettes dorées tout autant que marquant sur les chairs l’empreinte du sang meurtrier... A voir passionnément!

La Dévorée 

Ecriture, mise en scène : Marie Molliens

Regard chorégraphique : Milan Hérich

Collaborations artistiques : Fanny Molliens, Julien Scholl, Aline Reviriaud

Création musicale : Benoît Keller, Françoise Pierret, Christian Millanvois

Création sonore : Arnaud Gallée, Didier Préaudat

Création lumière : Thierry Azoulay

Création costume : Solenne Capmas

Chef monteur chapiteau : Bernard Bonin

Production, diffusion : Hélène Jarry, Marion Villar

Artistes de cirque : Robin Auneau, Justine Bernachon, Colline Caen, Serge Lazar, Marie Molliens

Musiciens : Christian Millanvois, Francis Perdreau, Françoise Pierret

Régisseurs : Thierry Azoulay, Bernard Bonin, Marion Forêt, G. Molé ou P. Lelièvre

Photo : Laure Villain

Contributeur en cirque d'audace : Guy Périlhou

Dates et lieux des représentations:
- Du 2 au 12 juin 2017 au Printemps des Comédiens ( 34)

- Du 10 au 18 juillet 2017 à Villeneuve les Avignon ( 84) - Villeneuve en Scène
- 26,27 et 29 juillet 2017 au Festival Del Catet ( 34) - Domaine de Ravanès - Thézan-les-Béziers
- 27, 28, 29 septembre 2017 : Espace des Arts, Scène Nationale de Chalon-sur-Saône
- 19, 20, 21 octobre 2017 : Furies, Pôle National Cirque, Chalons-en-Champagne
- 8 et 9 décembre 2017 : Temps de cirque dans l'Aude, Lagrasse avec la Verrerie d'Alès
- 15, 16, 17 décembre 2017 : Le Sillon, Clermont-l'Héault, avec la Verrerie d'Alès
- 8 et 9 mars 2018 : La Jeliote, Scène conventionnée Oloron-Sainte-Marie
- 29, 30 et 31 mars 2018 : Théâtre de Bourg-en-Bresse, Scène conventionnée

Crédit-photo : Ryo Ichii & Laure Villain

Le site de la Compagnie Rasposo

Laure Villain

 

De la brillante compagnie Rasposo, nous avons vu aussi:

RasposoMarie Molliens : Morsure , une invitation circassienne à un instant d'irréversible - mars 2013

Par Julie Cadilhac/ Crédit photo : Michel Corbière/ Créée en 1987, la compagnie Rasposo est née de la rencontre de trois arts vivants: le cirque, le théâtre et la peinture. Après l'heure des spectacles de rue,des spectacles jeune public et du Cirque-Théâtre joués surtout en salles, de chapiteau d'occasion en chapiteau tout neuf, elle fait la création du Chant du Dindon en 2009 dont une partie a été financée par le prix de l'ADAMI reçue par la Compagnie pour l'ensemble de son travail. Après 14 mises en scène imaginées par Fanny Molliens, comédienne, metteur en scène et co-fondatrice de la Compagnie Rasposo, c'est sa fille Marie qui met en scène en 2013 une nouvelle création intitulée Morsure. Cette jeune circassienne talentueuse fait partie des spectacles depuis son plus jeune âge et a toujours, parallèlement à son travail d'artiste, fait des études poussées dans les arts du cirque : elle a été notamment pendant 4 ans l'élève privilégiée de Manolo dos Santos et a suivi de nombreux stages sous la direction de Gésa Trager. Rencontre avec une jeune femme au charme magnétique sur une piste qui a répondu avec pertinence et engagement à propos de la genèse de cette création que l'on imagine rugissante et animale.  

Notre avis: Une petite merveille en clair-obscur appuyée d'une bande-son en live délicieuse et d'artistes circassiens talentueux proposant des numéros époustouflants. L'univers choisi par Marie Molliens est assez sombre mais il est empreint d'une sauvagerie attirante , d'une élégance féline qui méduse petits et grands et se conclut avec des applaudissements rugissants. Foncez-y! La relève Rasposo est assurée!
 
Quel serait votre premier souvenir lié au cirque ?

Mon premier souvenir de cirque est une représentation de l’American Circus, je devais avoir 5 ou 6 ans, un «  trois pistes », où le grand dompteur Flavio Togni menait en piste à la fois 9 Eléphantes et  12 chevaux emplumés. Un grand  cirque au gigantisme à l’américaine, comme on n'en trouve plus en France et si peu en Europe.

Dans quelles sources d"inspiration avez-vous puisé pour Morsure ?

Des lectures de Duras et de Zweig, le cinéma de Fellini et de Visconti, celui de Wong Kar Waï, les peintures de Hopper.

Le cirque, c'est une histoire de famille chez les Molliens ; ainsi reprenez-vous la direction de la troupe après votre mère : Quels héritages maternels souhaitez- vous conserver dans Morsure ?


Un certain savoir -faire dans la construction des images, quelque chose proche de la peinture. Et surtout, le jeu théâtral, un théâtre sans mot, qui existe seulement par l’incarnation des personnages, sa mise en situation et le geste circassien qui lui donne son mouvement.

Et que souhaitiez vous apporter de nouveau, de différent ?


Quelque chose de plus intime, un univers qui me ressemble, celui d’une violence contenue, une certaine noirceur, des cicatrices qu’il faut cracher, des morsures . Et puis une lecture moins évidente du spectacle, pour que le spectateur ne soit pas en position passive, qu’il se heurte, se perde, ou soit attiré, autant que je le suis, par les émotions dégagées, dans le chemin sinueux de certaines zones d’ombres que l’on réprouve à sonder.

Morsure: un titre qui exprime une douleur intrinsèque, non ?


Oui, ce sont des douleurs profondes, intimes, que la société d’aujourd’hui ne permet plus d’évoquer sans raillerie et qu’elle a tendance à dénigrer.

Mais également une forme de sauvagerie ?

Oui bien sûr, pour parler de la férocité des rapports humains : l’indifférence, l’obsession, le détachement, le manque d’amour, l’irréversible sont des sentiments féroces ; ils attaquent par surprise, avec une foudroyante rapidité et ne laissent pas indemne.

Quelle a été la genèse du spectacle ? Qu’est- ce qui en a déclenché l’écriture ?


Parce que seul l’art peut déjouer l’irréversible. Parce qu’une obsession commençait à m’étouffer…Bouillonner intérieurement de l’envie de rendre visible la partie invisible de notre être. Puis, un chemin initiatique guidé par le souffle du PNC-LR et Guy Périlhou. Un soutien subtil mais aussi des défis qui provoquent pour encourager, à travers trois cartes blanches proposées par le PNC-LR où j’ai pu commencer à exprimer la fragilité des êtres et la férocité des rapports humains. Je dirais que, au commencement, c’est une suite de désillusions. C’est la mise à nu de ses peurs, de ses angoisses de ses espoirs. Oser dévoiler ses humiliations sentimentales, ses échecs,  la violence affective. Je dirais aussi que c’est aussi cet instant de non-retour, cette fatalité, qui me hante, qui me fascine et m’effraie à la fois. Ce combat devant le point de non-retour que l’on doit mener, seul, provoque en moi une révolte intérieure et des douleurs ineffaçables. S’attarder donc à montrer l’Irréversible, la contrariété qu’il provoque et le bouleversement qui en découle.

Le cirque est le moyen idéal pour vous d'exprimer ces émotions-là …


Oui, pour moi le cirque est par lui même ce risque, à la différence que l’instant d’irréversible au cirque est provoqué puis contrôlé, il est fabriqué, maitrisé. On est capable de l’éviter. Il est théâtral, touche à l’illusion, on le frôle. Dans la vie, il est incontrôlable, et s’abat sur nous jusqu’à l’effondrement de l’être. Et puis...L’envie de vivre malgré tout, et d’oser « se faire des films ».

Quelles disciplines circassiennes verra-t-on dans ce spectacle ?

Le Fil - En détournant les postures classiques du fildefériste, il donnera corps à l’expression d’une révolte intérieure 
- Equilibres et Portés acrobatiques - Grâce à leur haut niveau acrobatique, ils pourront être porteurs dans une recherche chorégraphique originale, de l’expression de souffrance et de vulnérabilité.
- Barre Russe - La recherche et le travail de cette discipline, nouvelle pour nous, peu employée, mais ô combien riche, aérienne, légère et spectaculaire donnera, par la hauteur des  sauts associés à l’étroite probabilité de réception, la mesure du rapport à l’irréversibilité d’une chute.

Retrouvera-t-on les mêmes artistes que dans Le chant du dindon? Et  les autres, pourriez-vous nous les présenter?


Il y a un noyau qui est resté de l’équipe du Chant du Dindon : l’essentielle rythmique de notre groupe de musiciens : Benoit Keller à la contrebasse et Christian Millanvois à la batterie. Ils accompagneront une nouvelle venue, Françoise Pierret, au chant et à la guitare. Tous les trois ont composé la musique du spectacle. On retrouvera aussi l’équilibriste italien Luca Forte que nous avions découvert pour le Chant du Dindon. Enfin les nouveaux artistes de cirque sont des porteurs- acrobates : Konan Larivière, porteur de main à main mais aussi danseur, Lennert Vandenbroeck et Francis Roberge portent à la barre russe , et jouent de leur physique puissant et nerveux.

Serez-vous également sur la piste? Dans quelles disciplines vous découvrira-t-on?


Je serai évidemment sur le fil, qui est ma discipline première, mais aussi on me retrouvera en tant que voltigeuse en main à main, banquine et à la  barre russe.

Enfin, quel serait le plus compliment que l'on pourrait vous faire le soir de la première? 


Je ne sais pas, j’espère que le public sera ému.


Le chant du dindonLe Chant du Dindon - Février 2011

Quel est le plus beau compliment que l'on puisse faire à un spectacle? Souhaiter très très fort que que ça ne s'arrête jamais..et c'est bien ce qu'il arrive sous le chapiteau de la Compagnie Rasposo ! On reste médusé de tableau en tableau, tellement la poésie est reine du lieu, on s'étonne d'acrobatie en acrobatie tellement les artistes sont habiles et , dans nos yeux brillants et sur nos bouches bées, apparaît notre enthousiasme d'enfant. Dans Le Chant du Dindon, équilibristes, acrobates, voltigeurs, contorsionistes, magiciens, jongleurs, comédiens et musiciens se partagent la piste avec une complicité adorable et une bonne humeur communicative...non, pas une fausse note dans ce Chant du Dindon...même la volaille y parade et offre généreusement le spectacle de ses superbes plumes.
On ne peut donc qu'applaudir à grands bravos ( et c'est bien ce qui résonne à la fin du spectacle! Une ovation spontanée de l'ensemble du public!) la mise en scène et la scénographie de Fanny et Vincent Molliens car ce cirque est autant un lieu de partage où le public, invité à entrer, se sent immédiatement bien, qu'un spectacle aux plaisirs protéiformes. Il nous amène en voyage avec une troupe de saltimbanques qui se rencontrent, se déchirent, se retrouvent au son de la musique tzigane slave. Les costumes de Violaine Lambert habillent le spectacle d'un délicieux parfum suranné, comme si une carte postale de La Belle Epoque s'éveillait....oui, c'est la vie de bohème qui bat dans les pérégrinations musicales du violoniste Alain Poisot, du contrebassiste Benoît Keller, du batteur percussionniste Christian Millanvois et de l'accordéoniste chanteur Jacky Lignon, c'est la vie de bohème qui respire sous le marcel et le béret de Julien Scholl, c'est la bohème qui rit encore sous le masque de clown de Vincent Molliens. C'est la bohème qui donne à cette compagnie de joyeux lurons cette audacieuse façon de nous montrer le monde qui ne se prive d'aucune liberté...après tout, pourquoi ne pas jouer de la contrebasse la tête à l'envers, utiliser les corps des autres comme des échelles et avoir un dindon pour animal de compagnie!?
Le Chant du Dindon est une invitation à la fantaisie, un décollage immédiat pour la magie. Tout est orchestré pour bercer le spectateur dans l'illusion fabuleuse que tous les rêves sont possibles....les lustres deviennent des compagnons de jeu farceurs, les oiseaux naissent au creux des voiles, les escaliers peuvent être dégringolés à l'envi, les fils sont des routes où l'on peut sautiller...on rêve d'habillages espiègles en épiant Katell le Brenn enfiler ses bas et son boa dans des positions défiant les lois de l'équilibre, on s'imagine des envolées amoureuses acrobatiques avec Luca Forte, l'on se prend à vouloir empiler les chaises pour voir si là-haut on pourrait toucher le ciel comme Bruno Lussier, on croit que l'on oublierait les dépressions passagères perché sur un fil comme Marie Molliens...
La Compagnie Rasposo, il y a longtemps que l'on chuchote que c'est de l'incontournable...et ce Chant du Dindon donne bien raison aux rumeurs....il reste encore quelques places à s'arracher! Courez -y les yeux fermés, IL EST IMPOSSIBLE de sortir déçu(e) de ce spectacle...j'en prends le pari là...A bon entendeur!


Le chant du dindon
Compagnie Rasposo
Mise en scène: Fanny Molliens
Ecriture: Fanny et Marie Molliens
Scénographie : Vincent Molliens
Création Lumière: Hélène Molliens
Création son: Didier Caron
Durée: 2h.
Crédit/Photo: Florence Delahaye