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Régine Detambel : à la mémoire de Jean Harlow, star maudite…

Écrit par Serge Bressan Catégorie : (Auto)biographie Mis à jour : lundi 21 mai 2018 20:46 Affichages : 178

ReginePar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Bien sûr, il y a des seins plein d’action, d’autres pleins de passion ou de scandale, nous prévient d’entrée Régine Detambel dans son nouveau roman « Platine ». Et vite, elle précise : « et il y a les seins de Jean Harlow (des effets d’annonce, des coups médiatiques, une fête foraine permanente… » et elle ajoute : « et puis les seins de Jean Harlow (en halo, mais ils n’étaient pas divins puisque leurs mouvements étaient irrationnels… ils abrégeaient le temps et amplifiaient l’espace… ils étaient devenus une puissance cosmique et une sorte de loi de la nature) ». Auteure d’une œuvre littéraire de premier plan, bibliothérapeute et formatrice à la bibliothérapie créative, Régine Detambel s’est donc plongée dans la vie et l’œuvre de Jean Harlow… Pourquoi ? et Pourquoi pas… Née Harlean Carpenter le 3 mars 1911 à Kansas City, Missouri, elle a été, dans les années 1930, le premier sex symbol, la première star créée et produite par Hollywood. On venait alors de quitter le cinéma muet, nombre d’acteurs et actrices ont disparu, eux qui étaient dotés d’une voix insupportable.

Petit gabarit (1,55 mètre sous la toise), Harlean Carpenter surgit dans ce monde, cet Art qu’on dit le 7ème et qui, vite, est devenu une industrie en passant du muet au parlant. Detambel raconte : « …quand Louis B. Mayer a offert à Harlow son premier contrat, sa signature tremblait de fièvre et transperça le feuillet. Du moins, c’est l’histoire qu’on raconte ». Quelques lignes plus loin : « Harlow avait du mal à dire non… Excepté Joan Crawford qui la désirait, les femmes ne l’aimaient pas. Les Blanches comme les Noires. Elle leur prenait les rêves de leurs maris. Elle les réduisait à l’état de silhouettes insignifiantes… » Le magnat du studio, le grand Louis B. Mayer, a vite repéré ce qu’il peut retirer de cette jeune femme, fille d’un dentiste parti vivre sa vie en laissant sa femme en plan. Oui, « Harlow, c’était la perfection des seins. Pas une femme, juste un spécimen remarquable », écrit encore la romancière. Et de se demander « à quoi auront servi ces dons, météorites tombés du ciel tout dressés, globes d’alliages précieux, stupéfiants, à peine vivables pour un corps simplement humain ».
Dans « Platine », Régine Detambel rappelle fort à propos que Jean Harlow était « une jeune femme ordinaire, avec des envies toutes simples… malgré son physique d’or et de platine la blonde Harlow fut loin d’avoir une énergie sidérale ». Oui, une jeune femme ordinaire. Qui se marie une première fois vite fait, mal fait. Qui plus tard épousera un scénariste, Paul Bern- ce qui provoquera la colère du producteur Louis B. Mayer qui considérait que l’actrice était sa chose, sa propriété, qui avait décidé qu’elle épouserait un acteur connu et qui fit réécrire la biographie du nouveau mari ! Star fulgurante qui a débuté au temps du muet et pas spécialement douée pour le jeu d’actrice, Jean Harlow a tournée dans 34 films, entre 1928 (« Honor Bound » d’Alfred E. Green) et 1937 (« Saratoga » de Jack Conway avec Clark Gable).
Mais ce qu’il reste et qui transpire si bien de « Platine » de Régine Detambel, c’est bien le portrait d’une star maudite. Une jeune femme liée fusionnellement avec sa mère adepte de la « secte » de la Science chrétienne aux côtés d’un beau-père adepte de l’inceste et du proxénétisme, emprisonnée dans un tourbillon d’illusions, habitée par le désir d’avoir des enfants et qui apprendra que c’est impossible puisqu’elle était stérile. Une jeune femme battue par son mari, naviguant dans les bras des hommes (des célèbres comme le richissime Howard Hughes et Clark Gable, des inconnus aussi…). Star maudite, Jean Harlow meurt le 7 juin 1937 à Los Angeles, Californie pendant le tournage de « Saratoga ». Version officielle du décès : œdème cérébral et urémie…

Platine
Auteur : Régine Detambel
Editions : Actes Sud
Parution : 2 mai 2018
Prix : 16,50 €