Filles des oiseaux : l'espièglerie et la liberté de ton salvatrices de Florence Cestac

Écrit par Julie Cadilhac Catégorie : Bande-dessinée Mis à jour : jeudi 8 septembre 2016 20:36 Affichages : 1403

Filles des oiseauxPar Julie Cadilhac - Lagrandeparade.fr/ Thérèse, 13 ans, débarque au pensionnat des Oiseaux. Ses parents sont des paysans plutôt mal dégrossis, font dans la vache et le cochon et son père cogne quand il a trop bu. Très vite, elle devient copine avec Marie-Colombe, jeune femme effrontée issue d'une famille hautement chic de Neuilly qui a voulu l'éloigner et la remettre dans le droit chemin. Opposées en tous points, elles s'entendent pourtant à merveille. En contrepoint des bondieuseries quotidiennes qui leur sont imposées, ces deux jeunes filles pétillantes découvrent leur univers respectif et ...l'on s'amuse beaucoup. Davantage encore quand l'on apprend que cette pension a réellement existé, que l'auteure avait voulu y fuir la bourgeoisie rouennaise et a pu authentiquement y entendre certains propos mémorables dont cet album est truffé . Ainsi la mère supérieure qui explique avant le cours de couture : " N'oubliez pas que l'aiguille est à la femme ce que la plume est à l'écrivain".

Ce premier tome de "Filles des oiseaux" est diablement salvateur. Il fait entendre la voix jouissive de la déraison raisonnable, qui n'est autre que lucidité et bon sens . On s'explique : comme le dit si pertinemment Jean Teulé dans la préface " L'histoire dessinée dans laquelle vous allez entrer se passe il y a un demi-siècle à l'intérieur d'une France qui sentait les chaussettes du général de Gaulle et le fond de culotte de tante Yvonne. Quel pays gris c'était peu avant que déboule le printemps de mai 68. Les fleurs qui poussent sur les chemises, quand même...Ces fleurs, depuis, ont flétri. C'est le retour de la grisaille.(...) D'une religion l'autre, oh, les empêcheurs d'aimer en rond...". Alors oui, on aime la satire - qui n'oublie pas la tendresse - de cette époque peu folichonne où les grenouilles de bénitiers avaient leur despotisme. On adopte immédiatement Thérèse et ses détresses d'adolescente qui, de découverte en découverte, s'ouvre au monde qui l'entoure et a déjà en elle la promesse d'être une femme libérée et heureuse de l'être.
Accompagnée d'un dessin au trait vif et enlevé, ce premier volume est une invitation à chasser la morosité et confirme que - fort heureusement - il y a des femmes qui ont lâché leur aiguille pour flirter avec la plume!

Filles des oiseaux
Tome 1 : N'oubliez jamais que le seigneur vous regarde!
Editions : Dargaud
Auteur : Florence Cestac
Prix : 13,99€
En librairie le 9 septembre 2016

Exposition : du 16 septembre au 18 octobre 2016, les planches de Mickson & Co et Filles des oiseaux seront exposées à la galerie Martel ( 17, rue Martel, 75010 Paris).

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