Cell. 7 : sept jours dans le couloir de la mort

Écrit par Flavie Dekoste Catégorie : Les ados Mis à jour : mardi 30 mai 2017 16:45 Affichages : 110

Cell.7Par Flavie Dekoste - Lagrandeparade.fr/ Jackson Paige, l’une des plus grandes vedettes de télé-réalité du Royaume-Uni a été assassiné. La coupable, Martha Honeydew, seize ans, est toujours sur les lieux du crime. Elle avoue directement son acte dès l’arrivée de la police. Pas de doute possible, Martha va devoir affronter le couloir de la mort. Elle est mise en détention dans la cellule 1. Sept cellules et donc sept jours la séparent de son exécution. Pas de procès, ce sont les téléspectateurs qui votent et qui décident du sort des accusés grâce au système Chacun Sa Voix. La vie ? La mort ? À vous de juger !

Un futur proche du nôtre où un nouveau système judiciaire a été mis en place. Finis les longues enquêtes, les divers procès, les avocats ou encore les preuves qui permettent de disculper ou d’inculper l’accusé. Aujourd’hui, au Royaume-Uni, ce sont les téléspectateurs qui votent via SMS, appel ou internet. Le nouveau système « Chacun sa voix » est mis en exergue par l’émission de télé-réalité Mort = Justice. Ce format permet à la population de suivre en direct et pendant sept jours l’avancée de l’accusé dans le couloir de la mort : caméra de vidéosurveillance, quelques intervenants qui n’ont pas vraiment la parole. Pas de doute c’est la présentatrice, bientôt sur le déclin, Kristina, qui influe sur les pensées des personnes qui regardent son émission. Alors que l’objectivité doit être de mise, c’est la subjectivité qui prime. Informations mal relayées, votes truqués, est-ce que ce système donne vraiment la parole à la population ? Pas d’alternative : tapez 0 pour innocenter l’accusé, 7 pour l’exécuter. 
Au Royaume-Uni, la population est fracturée. Il y a les riches qui vivent dans les Avenues et les pauvres dans les Tours. Martha, l’accusée, vient des Tours. Alors forcément en clamant haut et fort son crime, les téléspectateurs votent majoritairement pour la peine de mort. Pourquoi ? Car, dans les Tours, qui est assez riche pour avoir accès à internet ou autre pour voter en masse pour l’innocenter ? C’est là tout le problème du système que personne ne voit… mais Martha a envie de faire bouger les choses.

Le roman est composé de sept parties. Chaque jour, nous assistons à l’avancée de Martha à travers les sept cellules. Chaque jour est composé de plusieurs autres parties où le lecteur peut suivre les différents personnages : les tourments et les doutes de Martha, les questionnements d’Eve Stanton, la conseillère attitrée de la jeune fille ou encore les émissions Mort = Justice présentées par Kristina et Joshua. Martha est un personnage fort qui a envie que les choses évoluent dans la société qu'elle subit. Au fur et à mesure de son avancée dans le couloir de la mort on en apprend un peu plus sur ce bout de jeune femme. Son sombre passé nous dévoile pourquoi elle a agi ainsi et comment elle en est arrivée là. Le seul petit reproche des mini-chapitres concernant Martha est que l’auteure aurait pu pousser encore plus loin le développement de l’état d’esprit de la jeune fille. Eve Stanton veut tout faire pour aider Martha. Mère de famille du jeune Max, elle pense en effet que Martha est innocente et que son action sert à protéger quelqu’un. Elle va enquêter de son côté afin de démontrer à ce jury populaire qu’il est sur la mauvaise voie (les pourcentages de vote sont en effet dès le début en faveur de l’exécution). 

Kerry Drewery nous montre les failles de la télé-réalité tout comme les réactions d’une partie des 21 millions de jurés. Ceux-ci ne cherchent pas à comprendre les tenants et les aboutissants de l’affaire et n’arrivent pas à voir plus loin que leur nez. Un monde cruel dans lequel la manipulation, l’argent et la corruption sont de mises ! La fin est un point positif car elle permet d’imaginer qu’un deuxième tome peut être possible. 

La technologie remplace peu à peu l’humain pour éviter toute forme d’empathie et de sentiment et la surmédiatisation amène à un voyeurisme malsain. Cette dystopie secoue le lecteur et lui donne à se remettre en question sur le futur de notre société. À lire d’une traite car il est difficile de s’arrêter entre chaque cellule.

KRISTINA : À quoi bon perdre du temps et de l’argent ? Monsieur Cicero, votre conception de la justice me semble datée. Nous, en revanche, nous avons évolué. Aujourd’hui, la justice est rapide, efficace, tout le monde s’en réjouit…


Cell. 7
Auteur :  Kerry Drewery
Éditions : Hachette
Genre : dystopie
Date de sortie : septembre 2016
Nombre de pages : 320
Prix : 18 €