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Les Idiots : le souffle d'une jeunesse exprimé dans la complexité des rapports humains

Écrit par Philippe Delhumeau Catégorie : Théâtre Mis à jour : vendredi 27 avril 2018 17:14 Affichages : 2317

Les idiots Par Philippe Delhumeau - Lagrandeparade.fr/ Le texte de Claudine Galea ressemble en tout point à un roman graphique. Les jeunes comédiens du Collectif La Capsule y tracent en noir et blanc le fil d'Ariane d'une génération qui peine à trouver ses repères dans une société oxydée par les entraves à la liberté de grandir et de s'épanouir.
Théâtre-fiction, théâtre-réalité, dans quelle catégorie faut-il cataloguer Les Idiots ?
Difficile de choisir car la jeunesse d'aujourd'hui n'a pas la vie belle.
Avoir 13 ans, 18 ans, 21 ans, 25 ans au XXIème siècle, c'est vivre dans un monde de OUFS ! Même les parents baissent les bras, non pas par désintérêt ou désamour de leurs enfants, mais par les vides et les silences imposés par des relations familiales quasi disparues des foyers traditionnels. La faute à qui ? La faute à quoi ?
L'influence des réseaux sociaux qui rendent frigides les relations humaines. La médiatisation à outrance des moindres faits et gestes des gens qui marchent à l'envers. Rêver, est-ce encore permis ? Un coup de foudre pour de vrai, sans être connecté à un site de relations virtuelles, c'est possible ?
Les Idiots, l'histoire de quatre adolescents qui attendent tout ce que la vie est sensée leur apporter, l'amour, la fantaisie, la liberté.
Ange, Emilie Lehuraux, treize ans, un joli brin de môme que l'amour a déraisonné. Elle veut vivre le grand amour avec Chris, Quentin Kelberine, et fonder une famille. Emilie se montre convaincante et attachante, mature et passionnée. Emilie Lehuraux, quel talent ! Quentin se montre mesuré face aux élans amoureux de l’adolescente et essaie de temporiser. Un rôle joué avec l’emprise du comédien sur son personnage.
Des châteaux de sable que la mère, Tali Cohen veut démolir contre vents et marées. Tali est marquée par l’interprétation de son personnage, elle ne feint pas ses émotions, les larmes naissantes dans les yeux en témoignent. L’autorité dont elle fait preuve face à Ange et Dean, Tanguy Vrignault, le fils ainé, est franche, le ton s’y accorde, le verbe est juste. Tali Cohen, une belle présence. Le père, Paul Meynieux, est là sans y être, ses silences et sa nonchalance en disent long. Ses enfants ont grandi, sa femme porte la culotte, le temps l’a dépassé. Le père est le Godot que la famille attend et ne viendra plus. Paul Meynieux joue juste et bien.
Dean, c’est le grand frère qui manifeste l’envie d’en finir avec la routine, veut tout bousculer sur son passage pour aller rebondir ailleurs. Tanguy Vrignault incarne les opposés, l’assurance et l’inconnu, la raison et les excès, la force et l’insouciance. Son amour pour Pat, jeune fille bien sous tous rapports un flingue en main, est plus fort que nature. Et pourtant ! Un rôle taillé sur mesure pour cet excellent comédien qui a le physique et la maturité pour jouer des premiers rôles shakespeariens. Salomé Scotto interprète la Nana avec un N majuscule. Elle a du caractère et l’exprime à maintes reprises. Pat est tour à tour le calme et la tempête, de marbre et de granit, amoureuse et distante, féminine et quelconque. Elle bondit, virevolte, se tient aux aguets, se revendique une personnalité qui n’est pas elle, le flingue collé à la main. Salomé rentre de corps dans son personnage avec sincérité et intensité. Une comédienne de tempérament, c’est de bon augure pour le théâtre.
Paul Lourdeaux, comédien protéiforme qui alterne les rôles avec une étonnante facilité. Quelle énergie !
La vidéo intégrée à la scénographie apporte l’élément plus à l’intrigue qui se noue dans le mal-être évoqué dans le jeu respectif des comédiens. L’accompagnement musical à la guitare de Richard Pfeiffer, également narrateur, est indissociable de la mise en scène de Théa Petibon et du texte de Claudine Galea qui se lit entre les lignes comme une partition tragique.
Théa Petibon réalise une mise en scène aboutie, intelligente, violente et sensible. Ce travail s’apprécie l’heure et quart durant de la représentation par la synergie des comédiens, la dimension portée avec force et réalité sur la qualité du texte et la touche loufoque dégagée par les artistes.
Les Idiots, ce n’est pas celui qui le dit qui y est !

Les idiots
Auteur : Claudine Galea 

Avec Salomé Scotto, Tanguy Vrignault, Emilie Lehuraux, Quentin Kelberine, Paul Meynieux, Tali Cohen, Paul Lourdeaux, Richard Pfeiffer

Metteur en scène : Théa Petibon

Prix de la mise en scène 2018 au Festival A Contre Sens

La pièce Les Idiots a été nominée au 1er Grand prix de littérature dramatique remis lors de la cérémonie des Molières 2005. Elle est par ailleurs sélectionnée par le Bureau des lecteurs de la Comédie Française.

Dates et lieux des représentations: 

- Du mercredi 2 mai au mercredi 27 juin 2018 à 21h15 au Théâtre Darius Milhaud (80, allée Darius Milhaud, 75019 Paris)