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L’Affaire Courteline : la conjuration des imbéciles ou la lutte des crasses

Écrit par Guillaume Chérel Catégorie : Théâtre Mis à jour : lundi 23 avril 2018 09:56 Affichages : 292

courtelinePar Guillaume Chérel - Lagrandeparade.fr/ « Car au fond, faire le malin est le propre de tout imbécile », écrit Courteline. A ne pas confondre avec Feydeau ou Labiche, ses collègues du théâtre de Boulevard. Point de portes qui claquent ni d’amant dans le placard ici, on est plutôt dans la satire sociale, la difficulté de communiquer, la veulerie et les aberrations de la vie de bureau (cf. « Messieurs les ronds-de-cuir », 1893).

Il brocarde les relations patrons-employés, bourgeois-gens de maison, relations de famille et de couple aussi. Rappelons que le dramaturge et romancier Courteline était avant la Grande Guerre un des auteurs phare de la Belle-Epoque. Un peu oublié aujourd’hui, il brocarda la période en mettant en boîte, notamment, les fonctionnaires, mais pas seulement.

Dans « L’Affaire Courteline », la compagnie La Boîte aux lettres a choisi de faire un montage ingénieux et amusant de sept pièces courtes. Six acteurs, dont deux femmes, sont mis en scène par Bertrand Mounier, lui-même acteur dans cette pièce. La joyeuse bande de comédiens prend visiblement plaisir à jouer ensemble, au point de continuer à caqueter entre chaque changement de tableaux. A travers eux, Courteline passe son message critique et drolatique, notamment en chantant, sur la société française des années 1900 ; dont on se rend compte qu'elle n’a pas autant changé que cela plus d’un siècle après… cette fameuse société. Les conflits professionnels, bref la lutte des classes, sont loin d’être une affaire entendue.
Les chansons qui ponctuent ces piécettes sont irrésistibles, notamment : « J’ai la rate qui se dilate… » qu’Etienne Launay interprète comme si on l’entendait pour la première fois. Sous couvert de divertissement, la mise en scène ne s’attache pas au seul déroulement d’une histoire mais à un panorama rapide mais emblématique de l’œuvre de Courteline. Tous les acteurs sont bons. Isabelle de Botton nous fait oublier le Petit Théâtre de Bouvard, où elle fut découverte, et la jeune Salomé Villiers excelle dans l’art de causer le parigot gavroche de l’époque.  

L’Affaire Courteline
d’après Georges Courteline
Mise en scène : Bertrand Mounier
Interprètes : Isabelle de Botton, Salomé Villiers, Raphaëlle Lémann, Bertrand Mounier, Pierre Hélié, Philippe Perrussel, Etienne Launay et François Nambot 
Durée : 1 h 20

Dates et lieux des représentations: 
- Jusqu’au 20 mai 2018, à 19 h du mardi au samedi. Dimanche 16 h. Au Théâtre classique / Rouge Lucernaire (53, rue Notre-Dame- des-Champs 75006 Paris) Tel : 01 45 44 57 34