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Georges Dandin : Jean-Pierre Vincent offre une vision sensible de l’imposture des mariages arrangés

Écrit par Julie Cadilhac Catégorie : Théâtre Mis à jour : mercredi 4 avril 2018 18:07 Affichages : 379

DandinPar Julie Cadilhac - Lagrandeparade.fr/ Ouverture décalée et baroque. Nous sommes à la campagne, devant la maison de Georges Dandin. Le ciel parsemé de quelques nuages, un puits, au centre, et le flanc d’une vache sur lequel l’on pourra s’appuyer en cas de coup dur…

Le personnage éponyme est déjà là, à la carrure et aux mimiques de bonhomme mal dégrossi. Dans son habit corail de gentilhomme perce déjà le ridicule. Georges Dandin s’est piqué d’épouser une demoiselle noble et avec sa perruque pendouillarde à la main, ses airs débraillés de moustachu bougon, il incarne physiquement l’ineptie d’une telle alliance et de ce Monsieur de la Dandinière dont il n’a que le nom. La farce ne tarde pas à pointer…Un Lubin benêt se charge de confesser au mari - ignorant son identité - que son épouse Angélique reçoit avec une oreille attentive les déclarations d’un certain Clitandre. La suite n’est que quiproquos tordants et retournements de situation en chaîne dont seul Molière a le génie. Jeux de dupes en ronds de jambe et regards de connivence. Servante scélérate et menteuse, beaux-parents « de qualité » à l’objectivité opportuniste, amant suffisant, délicat et snob jusqu’au bout de la canne, mari cocu désoeuvré et impuissant, jeune épouse aux mines faussement angéliques, Jean-Pierre Vincent a opté pour une distribution efficace dont on félicitera tout particulièrement Vincent Garanger pour son incarnation d’une grande justesse de Georges Dandin. La scénographie de Jean-Paul Chambas s’avère un clin d’oeil pertinent à celles du XVIIème siècle et reprend certains topoi de la commedia dell’arte ( la fenêtre au dessus de la maison notamment) tandis que les jeux d’ombres et de lumières de Benjamin Nesme sont particulièrement esthétiques; certaines scènes se parent d'une luminosité dont les couleurs s'apparentent à celles des tableaux flamands. L’escapade de nuit, aux pas feutrés, est délicieuse de par sa dynamique enlevée. 

J’enrage d’avoir tort lorsque j’ai raison.

Satire des mariages arrangés, cette pièce a des résonances étonnamment féministes. Angélique, derrière sa soumission apparente et son jeune âge, est une figure d'émancipation ; Claudine mène Lubin par le bout du nez et Monsieur de Sottenville se range toujours à l’avis de Madame. Si l’on rit beaucoup des comiques de situation, de caractère et de mot, le « Georges Dandin » de Jean-Pierre Vincent n’oublie cependant pas d’insister sur le grinçant…La violence de Dandin est latente, expression d’une incapacité intellectuelle à se faire justice lui-même et à éclaicir les situations. En outre, si Dandin est puni d’avoir convoité les atouts d’une jeune femme et qu’il ne profite pas de ses privilèges de mari, il est condamné éternellement à être le dindon de la farce. Et l’on finit par ressentir aussi de la pitié pour ce « pauvre Georges Dandin! ». Le choix, de surcroît, d’insérer une chaise d’église et une projection de vitrail sur un mur de la scène et d'y faire agenouiller - de force - Angélique puis Dandin - qui implore le ciel dans un monologue excédé - donne une nouvelle dimension au texte. Les interludes musicaux avec les notes de Colin ont sans doute ce même rôle de panser les maux inéluctables et d’alléger, le temps d’un refrain, la terrible réalité de ces mariages d’argent qui ne satisfont que les parents. D’ailleurs, le puits est un faux puits, on ne peut s’y jeter : il n’y a pas d’échappatoire. Dandin est condamné à être trompé et Angélique à avoir un époux qu’elle méprise.
Un rendez-vous avec Molière de qualité !

Les galants n’obsèdent jamais que quand on le veut bien.

George Dandin
 ou le Mari confondu
Mise en scène : Jean-Pierre Vincent
assisté de Léa Chanceaulme
Dramaturgie : Bernard Chartreux
Décor : Jean-Paul Chambas
assisté de Carole Metzner
Costumes : Patrice Cauchetier
Lumière : Benjamin Nesme
Son : Benjamin Furbacco
Maquillage : Suzanne Pisteur
Avec Olivia Chatain, Gabriel Durif, Aurélie Edeline, Vincent Garanger, Iannis Haillet, Elisabeth Mazev, Anthony Poupard, Alain Rimoux

Dates et lieux des représentations

- Les 29 et 30 mars 2018 au Théâtre Molière de Sète ( Théâtre Molière, Avenue Victor Hugo 34200 Sète - téléphone : 04 67 74 66 97 - mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. )

- Les 4 et 5 avril 2018 au Théâtre+Cinéma - Narbonne - Tel. +33 (0)4 68 90 90 20
- Du 10 au 14 avril 2018 à Marseille au Théâtre du Gymnase - Tel. 08 2013 2013
- Du 17 au 19 avril 2018 à Hérouville-Saint-Clair - Comédie de Caen - Tel. +33 (0)2 31 46 27 29
- Du 24 avril au 5 mai 2018 à Dijon - Théâtre Dijon Bourgogne - Tel. +33 (0)3 80 30 12 12
- les 23 et 24 mai 2018 à Besançon - CDN Besançon Franche-Comté - Tel. +33 (0)3 81 88 55 11
- Les 29 et 30 mai 2018 à Dunkerque - Le Bateau Feu- Tel. +33 (0)3 28 51 40 40
- Du 26 septembre au 7 octobre 2018 à Bobigny - MC93 - Tel. +33 (0)1 41 60 72 72