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Too much time : dans l’enfer des prisons pour femmes

Écrit par Christian Kazandjian Catégorie : Théâtre Mis à jour : vendredi 30 mars 2018 09:20 Affichages : 377

Too much timePar Christian Kazandjian - Lagrandeparade.fr/ Les images de Jane Evelyn Atwood prises dans les prisons pour femmes ont inspiré une pièce restituant la parole brute des détenues.
De 1989 à 1998, Jane Evelyn Atwood photographie des femmes en prison, chez elle aux Etats-Unis, en France, dans d’autres pays. Elle recueille les témoignages de celles qui veulent bien parler au-delà de la douleur, de la honte. Ce sont de petites délinquantes (vol à l’étalage, émission de chèques sans provision, vente de drogues) ou des criminelles. L’enfermement est, pour toute, le même ; et quelle que soit la longueur de la peine, pour toutes, la sortie est une épreuve supplémentaire. Car, dans nos sociétés développées, on ne traite pas de façon égale les femmes et les hommes : au travail, dans la rue et devant les tribunaux. Les récits recueillis par la photographe font état de ces injustices. Ainsi les détenues reçoivent moins de visite et la peine accomplie pèse d’un poids plus lourd lors de la sortie, comme l’opprobre.
Fatima Soualhia Manet impressionnée par les photos de Jane Evelyn Atwood parues dans le livre Too much time (women in prison), décide de porter à la scène le récit de ces vies abimées, brisées. Heureuse initiative, donnant aux émouvantes images, une autre dimension. Le théâtre possède cette force de restituer à la vie ses trois dimensions. Sur le plateau vide, les comédiens –six femmes, un homme- comme nés des images de Jane Atwood projetées sur un écran blanc, dévident, avec une sobriété bienvenue, le cours d’existences faites de drames culminant avec l’enfermement. Comme dans le cas de cette mère infanticide ou de cette femme qui a tué son conjoint. Cette dernière évoque le dilemme auquel sont confrontées de trop nombreuses femmes : ne pas dénoncer les violences faites par l’homme aux enfants et être considérée comme complice ou tuer et être condamnée à mort selon les pays, ou à de longues peines. La question des violences –et viols- subies par les femmes commence à poindre timidement dans nos sociétés qui se voilent la face ou refuse d’en mesurer la gravité. Un des témoignages les plus déchirants est celui de cette femme qui ne supportant plus de voir son conjoint la battre et la violer, elle et ses gamins, finit par le tuer. Elle avoue, dans sa cellule, se sentir enfin libre, libérée d’un monstre. Horrible paradoxe qui est le lot de trop de femmes.
Too much time, women in prison est un vibrant plaidoyer contre les conditions carcérales, faisant écho, chez nous, aux mouvements des gardiens : promiscuité, manque de soins et d’attention (la photographe dédie son travail à une jeune femme morte, en France, d’une crise d’asthme aigu). Les questions cruciales de la longueur des peines, de la réinsertion des détenu(e)s–inexistante en France- sont posées. L’univers carcéral, dans nombre de pays, confine à l’enfer. Celui qui y entre, pour une courte période ou une condamnation à perpétuité, doit-il comme chez Dante, « abandonner tout espoir » ? Le spectacle de Libre parole compagnie fait œuvre, dans le contexte actuel, de salubrité publique.

Too much time, women in prison - d’après le livre de Jane Evelyn Atwood

LIBRE PAROLE CIE & COLLECTIF DRAO
Texte et photos : Jane Evelyn Atwood
Adaptation théâtrale et conception : Fatima Soualhia Manet
Collaboration artistique : Christophe Casamance et Yan Duffas
Écriture & montage vidéo : Fatima Soualhia Manet & Yan Duffas
Avec : Mara Bijeljac, Anne Sophie Robin, Fatima Soualhia Manet, Alice Varenne, Danica Bijeljac & Christophe Casamance
Création sonore : François Duguest
Création lumière : Flore Marvaud
Construction : Djelali Ammouche

Durée : 1h

Dates et lieux des représentations: 

- Du 17 au 20 avril 2018 à La loge, 7 Rue de Charonne, 75011 Paris - (01 40 09 70 40)