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"La Caverne", par le collectif L'Avantage du doute : une fable visionnaire et poétique sur le plaisir que l'on peut retrouver au-delà des écrans et de la consommation de masse

Écrit par Virginie Gossart Catégorie : Théâtre Mis à jour : dimanche 4 mars 2018 21:29 Affichages : 1127

cavernePar Virginie Gossart - Lagrandeparade.fr/ Nous sommes en 2516. Il y a 350 ans de cela, les hommes ont dû fuir la surface de la planète, sous prétexte que le soleil se serait rapproché trop près de la terre, la rendant inhabitable. Les terriens sont alors devenus des «souterriens» et vivent désormais dans un monde souterrain appelé Le Royaume de la Caverne. Ils y passent leur temps à se "divertir", s'abrutissant dans l'utilisation des dernières innovations technologiques , comme la 9 D, sorte de réalité augmentée hyper réaliste, ou l'utilisation d'un coach virtuel qui réfléchit et surtout décide à notre place. Toutes ces innovations sont proposées par le Prince Pomme Pomme Pomme Pomme, à la fois PDG d'entreprise et gourou high-tech, très inspiré de Steve Jobs, le créateur de la marque Apple. 

Marion, petite fille un peu décalée, n’occupe pas son temps libre comme sa mère, son petit frère Boubou et ses semblables. A la lueur d’une torche, elle dessine des paysages imaginaires sur les parois rocheuses de la zone des ténèbres, une partie désertée de la Caverne qui sert de déchèterie aux souterriens. Là, elle fait par hasard la rencontre de Tatanka, qui dit faire partie de la seule communauté ayant survécu au réchauffement climatique : les Kipit. Sous la forme d’un petit théâtre d’objets, Tatanka tente de lui faire comprendre que contrairement à ce que prétend la légende de la Caverne, c’est bien l’homme et non le soleil le seul responsable de l'état actuel de la planète.
Le collectif L’ Avantage du doute imagine dans ce spectacle une allégorie de la caverne librement inspirée de celle de Platon afin d'éclairer les rapports entre réalité et virtuel. Où s’arrête le réel, où commence la fiction dans notre monde saturé d’images ? Ne sommes-nous pas devenus les esclaves volontaires d'un monde où la technologie nous interdit toute pensée, et par là toute rébellion ?
Voici une fable inventive et intelligente, qui loin de considérer les enfants comme un public qu'il faudrait épargner, les incite au contraire à regarder le monde autrement que par le prisme de leur ordinateur, portable, ou tablette. Établissant une analogie entre le théâtre des ombres projetées sur le mur de la caverne et le flux des images dont nous sommes quotidiennement abreuvés, la pièce nous invite constamment à réfléchir aux outils qui font partie de nos vies et aux contenus qu’ils nous proposent.
De nombreuses trouvailles peuplent ce spectacle foisonnant. Les costumes tout d'abord, qui délimitent très nettement l'univers de la Caverne et celui du dehors : d’un côté, un monde blanc, vide, clinique, et aseptisé, rempli de lunettes bleues à la Star Trek, de pommes carrées et de tomates goût pizza ; de l’autre, un monde extérieur baroque, riche de couleurs, de matières plastiques et textiles agglomérées, recyclées, sublimées par la créativité du peuple Kipit. Le costume du personnage de Tatanka et le radeau de la Méduse à pédales qui lui permet de se déplacer sont à ce titre particulièrement réussis et font leur petit effet sur les jeunes spectateurs. Autre idée ingénieuse : la projection sur un drap blanc, placé en hauteur, d'un court métrage où les acteurs manipulent toutes sortes d'objets miniaturisés reproduisant les étapes qui ont conduit au réchauffement climatique de la planète puis à la fuite de ses habitants dans la caverne. Cette astuce permet à la fois de se mettre à la portée du jeune public tout en évitant les problèmes de visibilité inhérents au théâtre d'objets. Et quel plaisir pour les enfants de retrouver leurs Playmobils préférés dans un scénario aux accents à la fois scientifiques et burlesques !
La disparition du quatrième mur permet enfin une communication constante entre les acteurs et les spectateurs. Nous avons été conquis par la capacité d'improvisation, l'humour et l'engagement des comédiens, qui n'hésitent pas à s'adresser directement à un public parfois très réactif ! Une preuve supplémentaire que les partis pris de mise en scène de cette création collective dirigée par Nadir Legrand sont à la fois drôles, pertinents et efficaces.

LA CAVERNE
COLLECTIF : L’AVANTAGE DU DOUTE
CRÉATION COLLECTIVE ÉCRITE ET DIRIGÉE PAR NADIR LEGRAND
AVEC NADIR LEGRAND, EMILIE LAFARGE, CLAIRE DUMAS

SCÉNOGRAPHIE : DELPHINE SAINTE-MARIE
LUMIÈRES : JÉRÔME PEREZ
RÉGIE GÉNÉRALE : WILFRIED GOURDIN
COSTUMES : MARTA ROSSI
VIDÉO : KRISTELLE PARÉ ET BAPTISTE KLEIN
PRODUCTION : L’AVANTAGE DU DOUTE.
COPRODUCTION : THÉÂTRE DE NÎMES – SCÈNE CONVENTIONNÉE D’INTÉRÊT NATIONAL – DANSE CONTEMPORAINE – ART ET CRÉATION, LE THÉÂTRE DE LORIENT – CENTRE DRAMATIQUE NATIONAL, LE BATEAU FEU – SCÈNE NATIONALE DE DUNKERQUE ET LE THÉÂTRE DE LA BASTILLE.

Le site de la compagnie

Dates et lieux des représentations: 
- Du 12 au 15 février 2018 au Théâtre de Nîmes ( 30) 
- Du 13 au 15 mars 2018 au Quai d'Angers
- Du 27 au 31 mars 2018 - La Bateau-Feu- Dunkerque
- Du 5 au 9 avril 2018 au Théâtre de Lorient
- Du 5 au 15 juin 2018 au Théâtre de la Bastille - Paris