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1336 (parole de Fralib) : parole ouvrière, parole de lutte

Écrit par Christian Kazandjian Catégorie : Théâtre Mis à jour : jeudi 8 février 2018 12:25 Affichages : 623

FralibPar Christian Kazandjian - Lagrandeparade.fr/ Avec "1336 (parole de Fralib)", l’acteur Philippe Durand rapporte les témoignages d’ouvrières et ouvriers qui ont lutté quatre années durant pour sauvegarder l’emploi et un savoir-faire artisanal.

Nous connaissons, à peu près tous, les marques d’infusions Éléphant et Lipton, conditionnées en France par Fralib, filiale de la multinationale Unilever. Peut-être savons-nous qu’en 1998 Unilever ferma l’usine du Havre pour ne garder que l’unité de production de Gémenos près de Marseille. Peut-être savons-nous qu’Unilever décida en 2010 de la fermer également, jetant 182 salariés à la rue. Et que ces derniers décidèrent alors de se battre pour conserver la production et l’emploi. Peut-être savons-nous qu’au bout de 1336 jours d’occupation du site, de séances de tribunal, de menaces de nervis du patronat, d’intimidation de la police, les salariés sont autorisés à conserver le site et créer une coopérative. Peut-être le savons-nous, un peu, beaucoup, ou pas du tout. Le spectacle "1336 (parole de Fralib)" permet de compléter notre information. Et ce, de la bouche même de ceux qui gagnèrent au final, de haute lutte.
L’acteur Philippe Durand a recueilli durant des mois les témoignages de ces femmes et de ces hommes qui peuvent fièrement parler de cet épisode exemplaire de conflit social. « Avé l’acent », le comédien donne voix à celles et ceux qui, lassés de n’être ni écoutés ni entendus, décidèrent d’être autre chose que des petites mains réduites au silence. La parole livrée brute est, tout à la fois, drôle, sérieuse, émue et émotive, poétique également. Comme quoi la classe ouvrière connait aussi la force du verbe et ce que parler veut dire. Les propos des protagonistes nous font entrer dans l’intimité de ces ouvriers, nous amenant à découvrir les joies, les doutes, les moments de spleen que solidarité et amitié aident à surmonter. Et sous chaque phrase perce la dignité. Car comment comprendre autrement qu’un ouvrier refuse 90 000 euros pour fermer sa gueule et partir en catimini, comme si c’était lui le délinquant.
Philippe Durand est assis, face au public disposé en forme d’hémicycle, dans une salle éclairée a giorno. La scénographie minimaliste donne toute sa place aux textes. Les pages du cahier posé sur la table, en tournant, marquent le passage du temps : 1336 jours, 4 ans. Il en faut du courage et de la détermination pour tenir 1336 jours et voir enfin la marque ainsi créée garnir peu à peu les rayons de certains supermarchés. A la fin du spectacle, l’acteur se mue en représentant de 1136 et propose au public les boites d’infusions. De la parole à l’acte. Une leçon d’humanité donnée par une classe ouvrière que le réalisateur Elio Petri envoyait, en 1971, au paradis, mais qui, en attendant, sait garder les pieds sur terre.

1336 (parole de Fralib)de et par Philippe Durand

Dates et lieux des représentations: 
- Du 7 mars au 31 mai 2018 au théâtre de Belleville à Paris 11e. Renseignements : 01 48 06 72 34

Texte disponible aux éditions D’ores et déjà