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Daniel et William Mesguich : un duel rhétorique de haute volée

Écrit par Guillaume Chérel Catégorie : Théâtre Mis à jour : mercredi 10 janvier 2018 14:32 Affichages : 383

Le souperPar Guillaume Chérel - Lagrandeparade.fr/ Après Claude Rich et Claude Brasseur, remarquables dans "Le Souper", Daniel Mesguich et son fils William Mesguich offrent une réinterprétation de ce moment fort du théâtre, sur les planches du Théâtre de Poche Montparnasse, jusqu’au 4 mars prochain.

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas la trame de ce désormais classique, nous sommes après la défaite de Waterloo et l’exil de Napoléon. Wellington et ses troupes sont dans Paris. La révolte gronde. Qui va gouverner le pays ? Le 6 juillet 1815 au soir, Fouché et Talleyrand se retrouvent lors d’un souper pour décider du régime à donner à la France. Si le premier souhaite une république, le second envisage le retour des Bourbons. Aucun des deux ne peut agir sans l’autre. Comme ils l’ont fait pour L’Entretien de M. Descartes avec M. Pascal le Jeune, le père et le fils Mesguich se régalent sous nos yeux avec les mots ciselés du même auteur, Jean-Claude Brisville qui a imaginé ce souper, tout en restant fidèle à la grande Histoire.
Daniel Mesguich interprète un Talleyrand tout en rondeur et finesse. On le croirait évoluer au ralenti. Il choisit ses mots, parle si bas que l’on doit parfois tendre l’oreille pour bien saisir ce qu’il dit. La petitesse de la salle du théâtre de poche s’y prête à merveille. Tandis que William campe un Fouché colérique et passionné qui finira par se faire retourner par l’expérience de Talleyrand, fin politicien s’il en est. Chacun comprend qu’il a besoin de l’autre pour rester au pouvoir, quitte à avaler des couleuvres. En attendant, ils dégustent des mets fins pendant que le peuple souffre en bas, dans la rue. L’orage gronde. Et si l’on entend un bruit d’hélicoptère, ce n’est pas une hallucination sonore (la mise en scène est des Mesguich) mais bien parce qu’au fond rien n’a changé. Les politiciens chevronnés continuent d’utiliser les mots pour arriver à leurs fins : la quête du pouvoir. Et ils méprisent le peuple… qu’une simple « averse de pluie disperse », dixit Talleyrand, élitiste et hautain à souhait.
Daniel Mesguich est toujours aussi parfait quand il incarne un personnage, aussi loin de lui soit-il. Il faut capter son regard de tueur, entre les mots qui se veulent enjôleurs ou d’esprit. Voilà un comédien qui sait remplir les silences et nous captiver avec la langue française. Si diction parfaite est un art en soi. Son fils, William, est parfait en jeune patron de la police, froid et sans scrupules. C’est un J. Edgar Hoover avant la lettre, homme de dossier, de chiffres, ayant des mouchards jusque dans le lit de Napoléon. Un grand moment de théâtre dans le grand petit théâtre de Philippe Tesson, souvent présent pour accueillir le public et présenter les spectacles à l’affiche avec des mots bien choisis. Sans trop en faire, comme un bon souper.

Le souper
Auteur : Jean-Claude Brisville
Mise en scène : Daniel et William Mesguich
Avec Daniel et William Mesguich

Dates et lieux des représentations:

- Jusqu’au 4 mars 2018 au Théâtre de poche Montparnasse, du mardi au samedi 21 h. Dimanche 15 H. Tel : 01 45 44 50 21 au 75, bld du Montparnasse – 75006 Paris.