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Au galop : aimons la ballerine entravée !

Écrit par Guillaume Chérel Catégorie : Théâtre Mis à jour : jeudi 16 novembre 2017 12:27 Affichages : 208

Au galopPar Guillaume Chérel - Lagrandeparade.fr/ Qu’on ne s’y méprenne pas. Il s’agit ni d’un spectacle de danse, ni de trapèze, encore moins de cirque ou de gymnastique. Ou alors de gymnastique des mots… Car elle en avait des choses à dire et à raconter, Stéphanie Chêne, qui a dû en baver, autant physiquement que psychologiquement. Donc c’est un peu de tout ça à la fois. C’est le genre de représentation, confession - plutôt que « spectacle » -, qui donne envie de prendre l’artiste (car c’en est une) dans ses bras pour lui faire un gros câlin. Au galop ! La Ballerine Entravée est un « show » qui refroidit parfois, tant il déborde d’émotions. Du rire aux larmes, comme on dit.

Explications : il y a 20 ans, alors danseuse professionnelle, Stéphanie est victime d’un accident de cheval (même pas au galop… au pas) qui aurait pu provoquer la paralysie complète des jambes. Vous imaginez le cauchemar quand on est jeune… Debout, après mille souffrances, allons-nous comprendre, elle raconte en flash-back. D’abord, l’après-accident. L’attente des secours : « ne me touchez pas ! », puis le commencement de l’enfer. Ambulance sur un chemin cahoteux sans calmant, l’opération, la kiné qui n’en finit pas, mais aussi le beau stagiaire plein d’énergie, les proches qui ne comprennent pas la souffrance, les questions idiotes mais aussi l’amitié et l’humour et l’amour et sa propre fuite à la fin mais chuuuut.

Ce texte autobiographique est un « voyage intime, une histoire où le désir et la force permettent un dépassement de soi et de ses propres limites, où la vie se réinvente tout le temps, malgré les contraintes et les règles », nous dit l’argumentaire. C’est surtout une scénographie originale, conçue par Pierre Guillois. En effet, Stéphanie Chêne passe les trois-quarts du temps suspendue, entre cauchemar et réalité, à l’image de ces longues journées figées, de ces mois de convalescence, dans un centre de rééducation pour grands blessés. Elle est harnachée, corsetée au milieu des poulies, des sangles et des poids : une femme emmêlée dans les fils de sa mémoire, totalement bloquée, perdue dans le vide. Seul le visage, et la voix (restée bloquée à 20 ans), s’animent. Joyeuse, gourmande, drôle, bourrée d’envie de jouissance, Stéphanie passe par tous les stades. Du découragement à la rigolade : l’humour étant la politesse du désespoir, elle ne se démonte pas (c’est le cas de le dire) et se livre, comme un gigot ficelé. « Au galop ! » est à déguster, en utilisant autant les yeux que les oreilles. La bande son, qui réveille, n’est pas trop présente, comme les images, en fond de plateau, qui apportent ici quelque chose, de la poésie notamment, dans ce récit parfois brutal, dérangeant, tant il peut mettre mal à l’aise.

Et si ça nous arrivait ? Que ferions-nous ? Comme vivre ce genre d’accident qui vous tombe sur la g… toujours au mauvais moment. On sait quand on entre à l’hôpital (milieu où l’on devient objet, cas clinique), jamais quand on en sort. Peu à peu le corps infirme s’affirme. La vie, donc le mouvement, reprend le dessus. L’actrice-danseuse glisse au milieu de ses liens, se couche, se pend, s’agite, parle la tête en bas, fait la croix, et des pieds et des jambes. Stéphanie Chêne joue de cet espace pour créer une danse de résistance. Une danse aérienne. Enfin, sa vigueur revenue, la prisonnière s’échappe. Regardez-là voler sous vos yeux. Aimez-là, comme elle nous aime, puisqu’elle vous le demande.

Au galop ! La ballerine entravée
Ecrit et joué par Stéphanie Chêne
Mise en scène : Pierre Guillois
Lumière : Hervé Audibert
Costumes : Elsa Bourdin
Technique aérienne : Marc Bizet
Son : Jérémie Kozot
Vidéo Laurent Pernot
Durée : 1 h 10

Dates et lieux des représentations : 

Jusqu’au 18 novembre 2017 ( mardi, mercredi, vendredi 20 h. Jeudi et samedi 19 h) A la Maison des Métallos ( 94, rue Jean-Pierre Timbaud – Paris 11e. Tel : 01 47 00 25 20 )

Rencontre avec l'équipe le jeudi 16 novembre à l'issue de la représentation.

Crédit-photo : Alain Monot