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Andy’s gone : une réécriture pertinente du mythe antique

Écrit par Julie Cadilhac Catégorie : Théâtre Mis à jour : vendredi 14 juillet 2017 07:53 Affichages : 639

Andy's gonePar Julie Cadilhac - Lagrandeparade.fr/ Epoque et lieu : non définis. Une reine, Régine, a confiné ses citoyens dans la cité pour les protéger d’une catastrophe climatique qui menace. Laissant à l’extérieur des remparts une foule de réfugiés implorant et condamnés à mourir. Face à elle, Allison, sa nièce, ne l’entend pas de même. Les obsèques officielles du dauphin Henri, mort prématurément et dans des circonstances tues par le protocole, viennent de se dérouler. Régine supporte la douleur de la perte de son enfant par une détermination volontaire et une rigidité implacable pour sauver son peuple; les paroles d’Allison pénètrent dans son esprit comme des éclairs de lucidité insupportables. Andy’s gone. Henri n’existait pas.

Le texte de Marie-Claude Verdier s’avère une réécriture très intéressante du mythe d’Antigone ; refusant une Antigone qui accomplit son geste seulement pour elle et pour son frère, la sienne fait, elle, un geste altruiste pour la société entière. La pièce oppose deux femmes : Régine, altière, superbement interprétée par Vanessa Liautey (bouleversante de justesse : "Je suis droite dans ma robe noire et j’ai froid."), qui endosse le mauvais rôle et l'accepte stoïquement « un seul a le loisir de vivre sa douleur et sa honte », reste donc debout et s’entête dans des convictions rétrogrades tandis qu'Allison, adolescente rebelle, interprétée avec fougue par la jeune Zoé Martelli, piercing, cheveux verts et jeans baggy, invite à la solidarité, à l'ouverture à l'autre. Très vite, cependant, des nuances s'installent et les émotions que l'on ressent pour chacune ne sont pas brutalement dichotomiques.

Qui est Régine, si ce n’est peut-être une Antigone qui a vieilli? Comment le pouvoir peut-il et doit-il réagir face à une crise de cette ampleur? Et comment la jeunesse répond à ces questionnements? Voilà les questions qu'Andy's gone  soulève avec intelligence et au moyen d'une écriture intelligible et investie.

Ceux qui ont enterré ton fils se meurent en dehors de la ville.



Julien Bouffier a imaginé une mise en scène dans laquelle les spectateurs sont équipés de casques audio sans fil, ce qui leur permet d’être immergés dans une ambiance sonore et musicale propre au décollage de l’imagination, et dont ils peuvent s’extirper pour choisir d’entendre la partition officielle ( dans le casque) ou « off ». Le dispositif scénique minimaliste percute car il efface toute barrière entre les actrices et le public.

Un moment de théâtre pertinent, à destination, au départ, d'un public adolescent - qui accroche à cette mise en scène immersive -, mais qui séduira également les adultes curieux de nouvelles formes théâtrales en compagnie d'interprètes de talent.

T’es pas une héroïne; t’es qu’une enfant écervelée.

ADESSO E SEMPRE - Andy's gone
Écriture : MARIE-CLAUDE VERDIER
 Mise en scène  : JULIEN BOUFFIER
Avec Vanessa Liautey et Zoé Martelli


Durée : 1 h - Assis par terre, assises fournies par la compagnie

Dès 13 ans

Crédit-photo : Marc Ginot

Je n’ai qu’un fils et il s’appelle Henri.

- Du 10 au 22 juillet – Relâche le 14 juillet au Placé du Cloître – Plein air -19 h - Festival Villeneuve-en-Scène

Une mère ne veut jamais cela; une reine le doit.