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L'île des esclaves : une plaisante comédie de Mickaël Soleirol

Écrit par Delphine Caudal Catégorie : Théâtre Mis à jour : lundi 3 juillet 2017 20:42 Affichages : 790

l'ile des esclavesPar Delphine Caudal - Lagrandeparade.fr/ Et si les rôles s’inversaient ? Si les maîtres devenaient serviteurs et les serviteurs devenaient maîtres ? Marivaux, en 1745 bouscule la hiérarchie sociale et propose « L’île aux esclaves », une comédie aux allures de tragédie avec le personnage emblématique d’Arlequin, présent dans la Commedia dell'arte.

Cette pièce, vivement critiquée au 18ème siècle pour les nouveaux rapports de servitude exposés, est remise au goût du jour dans cette version fort plaisante. Mickaël Soleirol, le metteur en scène et comédien, accompagné de Nicolas Laurent, Caroline Tardy, William Rageau et Clarisse Veran présentent une pièce très réussie : des décors travaillés, des interprétations convaincantes, un enchaînement des répliques fluide et rythmé…
Iphicrate, Arlequin, Euphrosine et Cléanthis font naufrage sur une île aux règles étonnantes : l’« Ile aux esclaves » où les serviteurs prennent leur revanche sur leur maître. Iphicrate, général grec, accompagné d’Arlequin, se perd dans les frivolités et les mondanités de son époque, ce que son valet (au grand plaisir du public) n’hésite pas à tourner à la dérision. Ce noble athénien accepte très difficilement son changement de statut du fait de sa nature violente et autoritaire. Euphrosine, dame grecque, est présentée comme une coquette. Elle refuse obstinément de reconnaître ses défauts et se trouve toujours des excuses, à la grande exaspération de sa rancunière soubrette. Trivelin, gouverneur de ces terres, se positionne en médiateur et appose un regard bienveillant sur les maîtres, travaillant sur le pardon des soumis plutôt que sur la punition des maîtres.

Avec intelligence et adresse, le style de Marivaux est conservé. On assiste à une pièce où deux dynamiques s’opposent : la légèreté, symbolisée par Arlequin, et la révolte, criée par le personnage d’Euphrosine. Cette atmosphère ambivalente signe la réussite de la pièce.
Le personnage d’Arlequin, quant à lui, est particulièrement bien interprété : des scènes retiennent l’attention par leur nature vaporeuses et moqueuses, notamment au début de la comédie avec la bouteille de vin. Sa bonne nature et sa joie de vivre, qui transparaissent continuellement, donnent du relief à cette pièce. Les autres artistes sont convaincants et sincères dans leur interprétation.

On en retiendra une comédie très intéressante, instructive, fidèle et divertissante qui se laisse découvrir avec beaucoup de plaisir…


L'île des esclaves

Auteur : Marivaux
Metteur en scène : Mickaël Soleirol
Artistes : Nicolas Laurent, Caroline Tardy, William Rageau, Clarisse Veran, Mickaël Soleirol

Découvert au Théâtre de la Contrescarpe - Paris

- Du 7 au 30 juillet 2017 au Théâtre Notre Dame - Festival Avignon Off - 19h30