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Peer Gynt : l’homme qui savait mentir-vrai

Écrit par Guillaume Chérel Catégorie : Théâtre Mis à jour : mercredi 21 juin 2017 12:32 Affichages : 424

Peer GyntPar Guillaume Chérel - Lagrandeparade.fr/ Si vous avez prévu pendant vos vacances de séjourner avec vos enfants au festival d’Avignon, ce spectacle est pour vous. Enfin, pour eux, surtout… vous pouvez les y laisser en sécurité, ils vont rêver et se laisser bercer par une musique enchanteresse. Peer Gynt, d’après Henrik Ibsen (et Edvard Grieg pour la partition musicale), est une des oeuvres les plus célèbres du dramaturge norvégien Henrik Ibsen. Ce drame poétique était initialement destiné à être lu. Ce n'est qu'en 1876, neuf ans après sa publication, qu'il fut représenté sur scène dans une mise en musique d'Edvard Grieg, composée à la demande de l'auteur.

Servie par la grande qualité de son écriture, cette pièce profondément norvégienne, à la portée universelle, n'a rien perdu de son actualité. Foisonnante, complexe et parfois ambiguë, c'est un spectacle ouvert, insaisissable, dont la vitalité nous fascine. Mieux, c’est devenu un conte musical, un spectacle familial, à partir de dix ans où, grâce à une malle magique, pleine d’objets et de costumes, prennent vie toute une galerie de personnages. D’abord  Peer Gynt lui-même, personnage fantasque, exalté, errant de par le monde à la recherche de lui-même : de la Norvège à l’Afrique, dans une fuite incessante qui finit par le ramener à son point de départ.
De ce long poème lyrique (la pièce est en effet l’une des plus longues du répertoire), la compagnie Théâtre en Fusion a tiré quelques épisodes emblématiques, qu’elle a adaptés sous forme de conte pour un seul comédien. Xavier Béja, joue tous les personnages. Son engagement physique est très important. Il faut dire que Peer est un vaurien, parfois grossier, ambitieux, rusé, empreint d’un amour propre démesuré, d’audace et de couardise, mais aussi capable de lyrisme, le tout s’unissant dans un ensemble merveilleux de vérité et de vie. C’est une mauvaise pousse, une herbe folle déracinée et portée par le vent, un personnage à la vie puissante, immense, intemporelle ; un personnage en perpétuel mouvement, qui vit pleinement tout ce qui lui arrive : c’est pourquoi Peer danse, court, se cache, s’enfuit, se bat avec des fantômes (Cervantes quand tu nous tiens…), abat des arbres, chante, galope dans le désert, échappe à un naufrage etc. Sa figure c’est le cercle : celui des danses traditionnelles norvégiennes, celui de la Terre qu’il explore, celui de ses questionnements intérieurs…
Au fil de ses aventures surgissent Aase sa mère, Ingrid la jeune mariée, La Femme en Vert, Le Roi des Trolls, Le Grand Courbe, Anitra l’esclave marocaine, Le Fondeur de boutons, et bien sûr Solveig... l’être aimée à jamais. Qu’il finira par retrouver, trop tard selon les uns, à temps selon les autres. Tout dépend si vous voyez le voyage à moitié vide ou à moitié plein. Les Figures féminines sont représentées par des masques et des voiles de couleurs et de textures différentes, qui viennent structurer et colorer l’espace au fur et mesure de l’histoire.
« Peer Gynt » raconte l’histoire d’un jeune homme menteur et vaniteux qui tente de fuir la réalité par le mensonge. C’est un conte de mentir-vrai, comme aurait dit Aragon, où la musique, omniprésente, enlace, accompagne pas à pas la quête de notre héros. La drôlerie, l’étrangeté, la folie, les émotions, toutes les couleurs de ce chef-d’œuvre littéraire et musical se dévoilent alors avec force, éclat, et sensibilité… Voilà un personnage attachant qui rappelle parfois la folie de Don Quichotte mais qui retombe toujours sur ses pattes. Un personnage rêveur, impulsif, lâche, égoïste et séducteur aussi. Peer fuit continuellement ses responsabilités, passe d’un continent à un autre, d’une femme à une autre, visite le monde des trolls, exerce de nombreux métiers; devenu riche il se voit ruiné, traverse le désert marocain, échoue dans un asile de fous etc. Ce n’est qu’une fois de retour dans son pays natal, à l’ultime instant de sa vie, qu’il finit, sauvé par l’amour de Solveig, par comprendre où résidait son bonheur et le sens de son existence… On aura compris la métaphore. « Peer Gynt » est tout à la fois un récit d’aventures, et un conte philosophique - que la musique de Grieg rend infiniment émouvant. 
Et au cas où les adultes ne se laissent pas embarquer par l’histoire, la musique que Grieg a écrite pour« Peer Gynt » est mondialement célèbre. Tout le monde la  connaît sans le savoir et c’est amusant de se dire, dans le public : ah ! oui, tiens, c’est de lui ça ? : « Au matin », « La mort d’Aase », « Danse d’Anitra », « Dans l’antre du roi de la montagne », « Danse arabe », « Chanson de Solveig », sont tous de véritables « tubes » de la musique classique, sans cesse utilisés dans des films, des publicités etc. Ici, chaque pièce musicale illustrant tel ou tel épisode, est remise strictement dans son contexte, et retrouve son sens originel. Chapeau bas à Virginie Gros, la pianiste, qui pique presque la vedette, en position statique, à ce farfadet bavard et parfois fatigant, tant il gesticule et hurle, mais tellement touchant. Humain, quoi.

Peer Gynt : l’homme qui voulait être lui-même
Un conte musical d’après Henrik Ibsen et Edvard Grieg
Avec Virginie gros (pianiste), Xavier Béjà, comédien et metteur en scène.
Durée : 1 h 10

Dates et lieux des représentations: 
- Au Théâtre Arto ( 3, rue Râteau, à Avignon ) - festival Off, du 7 juillet au 30 juillet 2017, à 12 h 55 (relâche le 17 juillet).

Réservation au 04 90 82 45 61 / theatre-arto.fr

Crédit-photo : Philippe Varache