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Lenga : un singulier road-trip chorégraphique, polyglotte et documentaire

Écrit par Julie Cadilhac Catégorie : Théâtre Mis à jour : dimanche 24 septembre 2017 19:33 Affichages : 476

julien cassierPar Julie Cadilhac - Lagrandeparade.fr/ "Là où vivent les arbres résistent les langues. " LENGA est « le premier volet d’une série consacrée à un théâtre de l’Anthropocène. » Conçu par le GdRA ( Groupe de Recherche Artistique) fondé par Christopher Rulhes ( auteur, metteur en scène et musicien) et Julien Cassier (acrobate, chorégraphe et scénographe), c’est « un théâtre anthropologique nourri par l’image et le film documentaire. » On y côtoie durant 1h40 quatre performers ( appelons-les ainsi tant la représentation nécessite d’endurance physique) qui croisent leurs disciplines pour évoquer la question de la diversité et de la disparition des langues : les mots de Christophe Rulhes, en toile de fond, mêlant lyrisme et engagement, s’accompagnent tout autant de sons tirés d’instruments traditionnels que de platines; la mélodieuse et chaleureuse voix de Lizo James flirte avec ses pas de danse, Maheriniaina Pierre Ranaivoson, acrobate de rue, parle avec son corps, le fait exulter tandis que Julien Cassier s’improvise traducteur, danseur, homme-cloche plastique - sorcier vaudou?- sautillant.

Un écran en triptyque, un plateau épuré, quelques tenues dont se (dé)vêtir suffisent au dispositif scénique. L’important est ailleurs. Dans le regard bienveillant des grands-mères, malgache ou d’Afrique du Sud, qui trônent au dessus de la scène. Dans les rires et la complicité de ceux qui se retrouvent et se rappellent. Dans la transmission indispensable et que notre époque néglige, arrogante conquérante , l’oeil fixant toujours le futur comme horizon. Par le biais d’une projection-vidéo, l’on rencontre en effet la grand-mère de James, figure féminine puissante ayant élevé seule ses enfants, celle « qui a coupé avec les maris » ; par le truchement d’une chorégraphie sensible, est également évoqué son grand-père mineur « qui dansait sous la terre au rythme des gumboots ». James entonne aussi le chant de la Coccinelle et ses clics épatants : « Block and click your tongue. » Il explique plus loin sa circoncision, ce rituel pour devenir un homme :l’Ukwaluka, l’initiation dans le clan Xhosa. En parallèle, Maheriniaina nous présente de même sa grand-mère qui a une idée précise du déroulement de ses funérailles, narre la manière dont on renoue avec les ancêtres défunts durant le culte où l’on exhume les morts et partage un moment convivial avec eux, nous ramène dans son quartier d’enfance où les enfants apprennent l’acrobatie dans la rue.

Tu restes sans mots. Je cherche les miens.


xhosaLenga a le mérite d’insister sur la richesse et les beautés de la diversité et son indispensable survivance. Comment lutter cependant contre l’uniformisation sans toutefois s’exiler en ermite loin de la civilisation?  Comment empêcher que les langues ne meurent les unes après les autres dans un monde pragmatique à l'excès? On aurait aimé avoir, outre un constat pétri d'émotions justes, une ébauche de réponse. Les artistes pourraient être ces lumières qui nous guident vers d’autres alternatives, non?

L’âme des anciens revient toujours dans les fils pour parler.


Lenga est une expérience de théâtre-danse documentaire physiquement impressionnante qui sensibilise sur la disparition de la diversité : le public sort séduit de ce « voyage », les applaudissements sont généreux et enthousiastes. Epatés par l'énergie déployée par les interprètes, les spectateurs rendent hommage à la démarche anthropologique et c'est très bien comme ça! 

Notre langue est une vieille qui ne veut pas mourir. Ne vit pas vieux qui veut.



Lenga
Une création du GdRA
Mise en scène : Christophe Rulhes
Avec : Lizo James, Maheriniaina Pierre Ranaivoson,
Christophe Rulhes, Julien Cassier
Conception, texte et mise en scène : Christophe Rulhes
Chorégraphie : Julien Cassier
Scénographie : le GdRA
Musique : Christophe Rulhes et LizoJames
Images : le GdRA, Edmond Carrère et Ludovic Burczykowski
Costumes : Céline Sathal
Direction technique : David Lochen
Lumière : Adèle Grepinet
Son : Pedro Theuriet
Administration : Frédéric Cauchetier
Production / diffusion / presse : AlterMachine, Elisabeth Le Coënt & Noura Sairour
Photo : Nathalie Sternalski

CRÉÉ AU THÉÂTRE VIDY À LAUSANNE EN NOVEMBRE 2016

Dates et lieux des représentations: 

- MONTPELLIER - PRINTEMPS DES COMÉDIENS du 8 juin 2017 au 10 juin 2017
- Les 25 & 26 OCTOBRE 2017 à AUCH - FESTIVAL CIRCA
- Du 16 au 18 janvier 2018 à VERDUN - TRANSVERSALES
- Les 25,26 et 27 janvier et les 2 et 3 février 2018 à BEZIERS - SORTIE OUEST / LE GRAND TOUR
- Du 21 au 23 février 2018 à NANTES - LE GRAND T
- Le 9 MARS 2018 à LONS - SCÈNES CROISÉES DU JURA
- Les 13 & 14 MARs 2018 à CERGY - L'APOSTROPHE

- Le 17 MARS 2018 à MONDEVILLE - THÉÂTRE DE LA RENAISSANCE