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Jean Moulin, Evangile : un plongeon passionnant dans l'Histoire et ses non-dits

Écrit par Julie Cadilhac Catégorie : Théâtre Mis à jour : mardi 13 juin 2017 05:22 Affichages : 1515

moulinPar Julie Cadilhac - Lagrandeparade.fr/ Que savons-nous de Jean Moulin, figure emblématique de la résistance, si ce ne sont quelques anecdotes que l’Histoire a voulu nous faire retenir?

Dans « Jean Moulin, Evangile », Jean-Marie Besset retrace les trois années de résistance du préfet d’Eure-et-Loir, natif de Béziers, au moyen d’une écriture fine et riche de mots choisis et n'excluant pas l'humour. De son arrestation en juin 1940 suite à son refus d’accuser une troupe de tirailleurs sénégalais de l’Armée française d’avoir commis des atrocités envers des civils à La Taye, victimes en réalité de bombardements allemands, aux coups de poings qu’il reçoit et à son enfermement où il tente de se suicider en se tranchant la gorge avec un débris de verre ( et dont il gardera une cicatrice), de sa révocation par le régime de Vichy jusqu’à sa décision d’aller à Londres pour engager des pourparlers avec la France Libre et sa rencontre avec le Général de Gaulle le 25 octobre 1941; de sa nomination par ce dernier comme délégué civil et militaire pour la zone libre qui déclenche des jalousies à son unification des trois principaux mouvements de résistance; de sa couverture de marchand de tableaux à sa création du Conseil National de la Résistance…jusqu’à son arrestation le 21 juin 1943 par la Gestapo et sa mort dont les contours et les commanditaires restent douteux. On y croise Henri Frenay, qui gère les « résistants du midi » et deviendra chef du mouvement de Libération nationale, sa confidente israélite Antoinette Sachs, son fidèle Pascal Copeau, Pierre Brossolette avec lequel il entretient des relations complexes, sa soeur Laure ou encore Gorka, un jeune homme rencontré à Londres et avec lequel Jean Moulin vit une nuit d’amour aussi discrète que passionnelle. Les figures du grand Charles de Gaulle et de l’effroyable Klaus Barbie s’invitent aussi et en quatre actes le spectateur découvre un héros, figure de proue du patriotisme français et dont la disparition s’auréole de flous historiques.

Le sol national colle aux pieds du Général de Gaulle.

Régis de Martin-Donos a conçu une mise en scène inventive, prenante et efficace. La scénographie est particulièrement pertinente et esthétique, reposant sur des ambiances feutrées, entre chien et loup et où l’inquiétude d’être pris enserre les coeurs et retient les souffles ; ballets ingénieux d’armoires qui se croisent, s’improvisent tantôt bureau du Général, tantôt lieux d’où l’on extirpe des documents secrets ou bien des souvenirs d’enfants, tantôt passages secrets….et l’on se laisse emporter dans le tourbillon de l’Histoire par le truchement de ces espaces sans cesse réinventés qui nous font voyager avec talent de la France à Londres, d’une chambre d’amants à une salle d’attente de médecin. Une esthétique choisissant volontairement de s’inscrire dans le réalisme avec des costumes d’époque, une représentation des allemands gueularde et agressive, des protagonistes investis et justes….avec un caractère cinématographique indéniable qui ajoute du romanesque à ce plongeon dans le passé de la seconde guerre mondiale. La distribution séduit également : Arnaud Denis incarne un Jean Moulin fort séduisant tant il réussit habilement à montrer tout à la fois les fragilités et la force de ce personnage; Stéphane Dausse est un excellent Charles de Gaulle, troublant de ressemblance physique et de présence charismatique ; Laurent Charpentier se métamorphose avec talent, de Gorka l’amant touchant au méfiant Henri Frenay; on retiendra de Michael Evans son rôle de Klaus Barbie, inquiétant à souhait ; Chloé Lambert est une Laure Moulin d’une retenue délicate ; Sophie Tellier, enfin, interprète avec une gracilité et une force louables le rôle d’Antoinette.

Nous lèverons une armée dans les forêts de France.

KlausAlternance de scènes privées et de moments de la Grande Histoire, ce « Jean Moulin, Evangile » a choisi de rendre hommage au personnage historique en le hissant au statut de héros romantique. Une pièce passionnante dans son propos ( le dramaturge ayant fait un long travail de documentation et de recherches) et dans sa forme! A découvrir avec intérêt et plaisir!

Jean Moulin, l'évangile
de Jean-Marie Besset
mise en scène : Régis De Martrin-Donos
Avec : Laurent Charpentier, Stéphane Dausse, Arnaud Denis, Michael Evans, Blandine Madec ,Chloé Lambert, Gonzague Van Bervesselès, Jean-Marie Besset, Sophie Tellier
David Belugou (Création costumes) , Alain Lagarde (Scénographie) , Pierre Peyronnet (Création lumières) , Emilie Tramier (Création son) , Patrice Vrain Perrault (Assistant(e) à la mise en scène)

Dates et lieux des représentations:  
- Les 18 et 19 mai 2017 au Théâtre Jacques Coeur - Lattes ( 34)
- Du 20 au 25 juillet 2017 au Festival Les Nuits - Domaine de Ravanès/ Thézan )lés-Béziers ( 34)
- Du jeu. 05/10/17 au dim. 22/10/17 à Paris - Théâtre 14 - Tel. +33 (0)1 45 45 49 77