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Les Somnambules : un rêve collectif en marche pour mieux vivre sa ville demain

Écrit par Philippe Delhumeau Catégorie : Marionnettes Mis à jour : lundi 13 mars 2017 19:43 Affichages : 1008

Les somnambulesPar Philippe Delhumeau - Lagrandeparade.fr/ Théâtre – Sénart, scène nationale, un lieu culturel créé dans la lignée de l’urbanisation galopante de Lieusaint. La modernité de la structure révèle la volonté des architectes et autres bureaux d’études d’impulser un nouvel élan à la petite ville de Seine-et-Marne. La réalisation de ce projet conçu de verre et de métal se dresse fièrement dans ce coin de campagne situé à plusieurs dizaines de kilomètres de Paris. Le site est ad hoc pour recevoir la Cie Les Ombres Portées avec leur nouveau spectacle, Les Somnambules,  créé et joué au Festival International de Marionnettes de Charleville-Mézières en septembre 2015 et qui depuis, sillonne les routes de France et d’Europe.
Une ville, un quartier avec des façades découpées signe d’une histoire, d’un passé. Une place, un bistrot, Les Somnambules, un bistrot fréquenté par des habitués qui s’y retrouvent pour boire un verre et parler de tout et de rien. L’heure n’est plus à la fête car une mascarade se profile, la destruction de la place et la construction d’un ensemble immobilier qui implique l’expulsion des habitants du quartier. Les gens manifestent leur mécontentement en sabotant le chantier. Victoire chantent-ils aux Somnambules. L’impact de leur geste et de leurs espoirs est de courte durée, les grues s’élèvent dans le paysage, les engins de chantier vont et viennent dans un vacarme assourdissant.
La vitrine des Somnambules est éteinte, la vie semble s’être arrêtée, la ville a été amputée d’un de ses poumons, une nouvelle greffe est en train de prendre forme.
Le dispositif scénique se présente sous la forme d’une maquette installée en pallier. La conception est appréciable car le public suit l’évolution de l’étendue de la ville. La modularité des immeubles et des voies de circulation ouvre des perspectives d’essor urbain revisité par les soins apportés à la création lumières. Laquelle invite à rentrer dans l’intimité des nouveaux appartements où vivent des gens urbanisés par nécessité.
La lumière blanche qui éclairait les nouveaux bâtiments se voulait impersonnelle et quelconque. Les travaux d’ensemble avançant, la greffe a pris le pas sur le passé et désormais, le présent se projette demain sur des horizons maritimes et lunaires. Les gens vont et viennent selon les modes de transport choisi. Les lumières de la nuit scintillent sur la ville endormie où les gens rêvent d’espace et de liberté. L’exiguïté des appartements n’est pas étrangère à cet état de fait qui n’entend pas la raison. Jour et nuit se lèvent de la même façon sur les grandes villes densifiées par une population toujours plus croissante.
La magie du théâtre d’ombres et de lumières opère le spectacle durant. Les personnages se découpent dans la profondeur de l’anonymat. Les déplacements, les gestes et les attitudes sont une mécanique finement huilée. Une secrétaire joue frénétiquement du clavier assise du matin au soir. Une caissière a subrepticement disparu du magasin et ce, malgré les appels incessants au micro. La végétalisation s’installe sur les façades des immeubles créant l’illusion d’une ville à la campagne.
Jules Verne avait porté un regard particulier et déjà averti sur la ville en mouvement dans le roman, Paris au XXe siècle. L’imaginaire d’hier se profile dans un monde en pop-up sans cesse articulé par des urbanistes et autres architectes avides de la ville idéale dans le futur.
La Cie Les Ombres Portées cultive avec poésie et en musique le rêve collectif de la ville en mouvement. Les Somnambules, un conte moderne tout public d’une beauté inouïe qui s’apprécie comme The Sound of Silence de Simon et Garfunkel car il n’est de rêve sans silence et de silence sans imaginaire.  

Les somnambules

Conception et réalisation : Les ombres portées
Manipulation et lumières : Olivier Cueto, Erol Gülgönen, Florence Kormann et Marion Lefebvre (en alternance), Claire Van Zande
Musique et bruitages : Séline Gülgönen (clarinettes, accordéon), Cyril Ollivier (contrebasse, bugle)
Régie lumière : Nicolas Dalban-Moreynas
Régie son : Corentin Vigot
Production : Claire Van Zande
Diffusion : Christelle Lechat
Pour la construction, avec l’aide de Damien Daufresne, Grégoire Martin, Eric Patin, Céline Schmitt ; pour la musique, avec l’aide de Baptiste Bouquin, Léo Maurel ; et merci aussi à Laura Fouqueré, Evelyne Lohr, Elsa Vanzande

Dates et lieux des représentations:

- 8 au 11 mars 2017  - Théâtre-Sénart, scène nationale de Sénart

- 9 mai 2017 - L'Embarcadère (Biennale internationale des arts de la marionnette) à Aubervilliers

- 12 & 13 mai 2017 - Théâtre de l'Agora, scène nationale d'Evry