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La Pluie : Un train ! Des gens qui partent et ne reviendront plus ! Un aller sans retour !

Écrit par Philippe Delhumeau Catégorie : Marionnettes Mis à jour : dimanche 30 octobre 2016 20:49 Affichages : 994

La pluiePar Philippe Delhumeau - Lagrandeparade.fr/ La Pluie de Daniel Keene, une pièce courte écrite d’un seul tenant sans ponctuation. L’évocation d’un long voyage peuplé d’hommes, de femmes et d’enfants qui marchent pour fuir, oublier, errer sur des routes boueuses et encombrées d’autres gens comme eux. Destination inconnue.

 

Une vieille femme, Hanna, observe les trains qui passent, s’arrêtent en gare, prennent toutes sortes de gens hagards et repartent en laissant derrière eux des silences d’incompréhension.

Je suis désolée je suis vraiment désolée mais j’étais à vous raconter une histoire et j’ai perdu tous les fils de mon histoire mon histoire parlait de toutes ces affaires qu’on me donnait toutes ces affaires qui appartenaient à des gens que je ne connaissais pas et qui les ont jamais récupérées

Alexandre Haslé investit la scène du Paradis au Lucernaire avec une ribambelle de personnages traduits en marionnettes. Des valises empilées comme oubliées composent le décor. La lumière blafarde filtre les personnages dans leur intimité d’êtres humains dépareillés de leur vie et d’eux-mêmes. Les têtes semblent se détacher des corps désarticulés, les regards expriment une profonde tristesse, les yeux sont alourdis par les souvenirs et les images du passé, les bouches s’entrouvrent pour dire des choses qui tiennent dans un mouchoir, les mains suivent péniblement la lenteur des propos comme pour montrer ce qui n’existe plus, les jambes plient sous des corps tordus par la souffrance, la vieillesse et la misère.
Un vieil homme meurt dans l’indifférence, une femme très âgée promène sa valise, une veuve de noir vêtue porte un bouquet de fleurs, un homme à la face de lune apparait avec une marionnette décharnée, un très vieil homme appuyé sur une canne sort d’un étui un pantin qui joue des airs de musique yiddish au violon, une jeune femme s’abrite de la pluie sous un parapluie en lambeaux, un gros garçon attire l’attention et sort de sa poche une pomme. Des personnages qui ont traversés la vie d’Hanna et pour lesquels elle se rappelle les visages, les affaires données.

Mais j’ai tout gardé exactement comme c’était et j’ai essayé de garder les affaires en ordre



La musique yiddish accompagne les marionnettes guidées par les mains et la voix du  comédien. Les apparitions sont brèves et sans transition comme l’est le texte de l’auteur. La lumière devient étrangère quand l’humain a perdu le fil de son histoire. Des zones d’ombre se fondent dans des espaces de vie éteints à jamais par la bêtise des hommes. Ces hommes, ces femmes et ces enfants sont les interprètes et les victimes de l’histoire de ces peuples qui ont fui des pays en guerre pour aller chercher le salut vers l’inconnu. La Pluie, un long voyage pour fuir et disparaitre.

Mais ils ne sont jamais rentrés chez eux bien sûr ils ne sont jamais rentrés chez eux.

Alexandre Haslé se montre bouleversant de réalité car le jeu révèle une complicité partagée entre le comédien et ses marionnettes, lesquelles s’accrochent à lui jusqu’à la dernière étreinte. Silence. Des peuples continuent de fuir pour échapper à l’horreur. Une errance qui les conduit où ?

C’est vrai je sais que c’est vrai j’y crois

La Pluie, un texte intense, un jeu immense d’Alexandre Haslé et de Manon Choserot.

La Pluie

Fabrication, mise en scène et jeu :  Alexandre Haslé
Avec la complicité de Manon Choserot
Traduction : Séverine Magois © Éditions Théâtrales Lumière : Nicolas Dalban Moreynas
Production : Cie Les lendemains de la veille Coproduction à la création : APDAV, Théâtre de la Commune (CDN D’AUBERVILLIERS) . Soutiens à la création : TRÉTEAUX DE FRANCE (CDN) / L’APDAV / MATHIEU LAGARRIGUE ET COMPAGNIE LES TÊTES D’ATMOSPHÈRE Coréalisation : THÉÂTRE LUCERNAIRE, LIEU PARTENAIRE DE LA SAISON ÉGALITÉ 3 INITIÉE PAR HF ÎLE-DE-FRANCE
Le spectacle est dédié à Simon. 1H10 

- DU 12 OCTOBRE AU 26 NOVEMBRE 2016, du mardi au samedi à 19h. A Le Lucernaire (53, rue Notre-Dame-des-Champs 75006 Paris) - En Métro : ligne 12 (Notre-Dame-des-Champs), ligne 4 (Vavin ou Saint-Placide) et ligne 6 (Edgar Quinet)