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La Traviata de Benjamin Lazar, Florent Hubert et Judith Chemla : croix et délices pour le coeur

Écrit par Julie Cadilhac Catégorie : Lyrique Mis à jour : vendredi 16 mars 2018 09:38 Affichages : 831

TraviataPar Julie Cadilhac - Lagrandeparade.fr/ Peut-être n’est-il pas inutile de rappeler que "La traviata", opéra en trois actes de Giuseppe Verdi (créé le 6 mars 1853 à La Fenice de Venise sur un livret de Francesco Maria Piave), s’inspire du roman d'Alexandre Dumas fils, "La Dame aux camélias" (1848) et de son adaptation théâtrale (1852). Ce n’est sans doute pas un hasard si cette histoire a séduit Verdi qui vivait en concubinage avec Giuseppina Strepponi et se heurtait à l’hostilité à la bourgeoisie cléricale de Parme et de son beau-père. En janvier 1852, Verdi écrivait d'ailleurs : « [...] Je n'ai rien à cacher. Une femme habite chez moi. Elle est libre, indépendante, elle aime, comme moi, une vie solitaire qui la mette à l'abri de toute obligation. Ni moi, ni elle ne devons de compte à qui que ce soit... ».

L'histoire? Nous sommes au milieu du 19ème siècle. Alfredo Germont, jeune homme issu d’une famille provençale aisée, tombe amoureux d’une courtisane à la mode, nommée Violetta Valéry, lors d’une soirée parisienne. Cette dernière, s’éprenant d’Alfredo, renonce à son métier et le suit à la campagne. Cependant, le père d’Alfredo demande à Violetta de renoncer à son fils au nom de l’honneur de sa respectabilité bourgeoise. Violetta accepte par abnégation et laisse à son amant une lettre de rupture sans en préciser le motif. Déjà atteinte de tuberculose, la maladie est ravivée avec le chagrin. Lorsqu’Alfredo apprend, un mois plus tard, de son père pris de remords, que Violetta l’aime toujours, il court à son chevet mais c’est trop tard : elle s’éteint dans ses bras.

Quelle délicieuse et bouleversante adaptation qu’ont orchestrée Benjamin Lazar, Florent Hubert et Judith Chemla! « L’amour, souffle de l’univers, mystérieux et noble » coule dans les veines de chaque scène, véritable travail d’orfèvre de l’émotion. « Une fièvre nouvelle » s’empare de chaque mouvement. Benjamin Lazar a choisi de jouer avec la chronologie pour rappeler dans des tableaux en contrepoint délicat la mort annoncée de Violetta. Son tombeau est déjà sur la scène. Toute l’essence de l’émotion est là, dans cette inexorable destinée à laquelle on ne peut échapper. Une mise en scène du tragique pertinente où les compositions de fleurs sauvages font écho tout autant à la Provence du cocon des amoureux qu’aux gerbes qu’on dépose sur les sépultures. Sur scène, toutes ces fleurs, qui embaument et colorent le quotidien, envahissent tout autant et rappellent l’inéluctable.

Toujours libre, je veux vivre ma vie à jamais sur les chemins du plaisir.

Accompagnée d’une scénographie qui restitue en clins d’oeil élégants les différentes ambiances des trois actes, cette création est une petite merveille de beauté et de sensibilité.

Aime-moi Alfredo autant que moi je t’aime!

 

Judith Chemla à la voix soprano épatante est merveilleuse de bout en bout….Le geste et la silhouette graciles, elle incarne avec autant de justesse la courtisane libérée, impertinente à souhait et joueuse qui dit à Alfredo «  Si c’est vrai, fuyez-moi » « Je ne sais pas aimer » que la compagne à l’amour pur, printemps souriant auprès de son homme, l’ange consolateur, la sacrifiée au courage méritoire ou encore l’être fragile au seuil de la mort. Sa maîtrise de toute la gamme des émotions, non seulement vocale mais aussi théâtrale, est remarquable.

Ainsi, à la misérable tout est enlevé!


Quelle ingénieuse idée, en outre, que d’intégrer les musiciens au plateau : véritables protagonistes qui festoient derrière de grands voiles blancs, lisent en musique les lignes de la main de Violetta, s’improvisent convives festifs mais aussi témoins touchés du drame qui se joue. La direction musicale de Florent Hubert et Paul Escobar séduit par sa modernité tout aussi originale que mélodieuse. De surcroît, ce théâtre lyrique s’offre également des clins d’oeil amusés aux topoi du genre, n’hésite pas à se moquer - avec intelligence et subtilité - de ses clichés, insère des séquences pétries d’humour - la scène chez Flora avec les pilules aux plaisirs artificiels en compagnie du docteur qui improvise son chant de la guimbarde est truculente - et cette "Traviata" sait donc ménager des pauses nécessaires dans l’émotion.

L’on se souviendra longtemps de la mort de Violetta qui se dévêtit dans la pénombre de l’avant-scène tandis que l’arrière-plan se désole dans l’hiver glacé d’un cimetière; le monde reprend ensuite sa danse dans un carnaval noceur et la phtisie-agonie de Violetta s'y pare davantage encore de pitié pour l’injustice de cette mort prématurée. Alfredo est à nouveau là, près du moineau exténué, et les adieux en sourires sont déchirants par leur caractère oxymorique. Où l’on fait semblant de croire que les miracles sont possibles, où la rédemption dans la mort fait grincer des dents notre âme contemporaine. Violetta n’est plus, Violetta est à jamais là. Dans la voix déchirante de Judith Chemla, dans les pleurs du tendre Damien Bigourdan, dans les gammes, arpèges, trilles et vocalises du baryton Jérôme Billy - qui interprète de manière particulièrement émouvante Giorgio Germont.

Un spectacle au tempo Allegro Brillante pour lequel l'on reprendra les mots de Tommaso Locatello qui découvrit à la Fenice la première version de l’opéra : « Celui dont les yeux restent secs devant cela n'a pas un cœur humain dans la poitrine ».

TraviataTRAVIATA – VOUS MÉRITEZ UN AVENIR MEILLEUR
D’APRÈS LA TRAVIATA DE GIUSEPPE VERDI
EN FRANÇAIS ET ITALIEN,
PARLÉ ET CHANTÉ, SURTITRÉ
CONCEPTION : BENJAMIN LAZAR,
FLORENT HUBERT ET JUDITH CHEMLA

MISE EN SCÈNE:  BENJAMIN LAZAR

ARRANGEMENTS ET DIRECTION MUSICALE : 
FLORENT HUBERT ET PAUL ESCOBAR
AVEC
 FLORENT BAFFI, DAMIEN BIGOURDAN, JÉRÔME BILLY, RENAUD CHARLES, ELISE CHAUVIN, JUDITH CHEMLA, AXELLE CIOFOLO DE PERETTI, MYRTILLE HETZEL, BRUNO LE BRIS, GABRIEL LEVASSEUR, SÉBASTIEN LLADO, BENJAMIN LOCHER ET MARIE SALVAT
CHEF DE CHANT : ALPHONSE CEMIN

SCÉNOGRAPHIE : ADELINE CARON

COSTUMES : JULIA BROCHIER

LUMIÈRES : MAËL IGER

MAQUILLAGES ET COIFFURES : MATHILDE BENMOUSSA

ASSISTANTE À LA MISE EN SCÈNE : JULIETTE SÉJOURNÉ

ASSISTANTS À LA SCÉNOGRAPHIE : NICOLAS BRIAS ET FANNY COMMARET
PRODUCTION : C.I.C.T. – THÉÂTRE DES BOUFFES DU NORD
COPRODUCTION : THÉÂTRE DE CAEN, ESPACE JEAN LEGENDRE – THÉÂTRE DE COMPIÈGNE – SCÈNE NATIONALE DE L’OISE EN PRÉFIGURATION, LE PARVIS – SCÈNE NATIONALE DE TARBES-PYRÉNÉES, LE THÉÂTRE – SCÈNE NATIONALE MÂCON-VAL DE SAÔNE, TANDEM – SCÈNE NATIONALE, THÉÂTRE FORUM MEYRIN / GENÈVE, LE MOULIN DU ROC – SCÈNE NATIONALE DE NIORT, THÉÂTRE DE L’INCRÉDULE, CERCLE DES PARTENAIRES DES BOUFFES DU NORD.
ACTION FINANCÉE PAR LA RÉGION ÎLE-DE-FRANCE, AVEC LE SOUTIEN DE LA SPEDIDAM ET L’AIDE D’ARCADI ÎLE-DE-FRANCE.

AVEC LA PARTICIPATION ARTISTIQUE DU JEUNE THÉÂTRE NATIONAL.

CONSTRUCTION DES DÉCORS ATELIERS DU MOULIN DU ROC – SCÈNE NATIONALE DE NIORT.

LE THÉÂTRE DE L’INCRÉDULE EST SOUTENU PAR LA RÉGION NORMANDIE.

PHOTOGRAPHIES :  PASCAL VICTOR ARTCOMART,  PASCAL GÉLY

Dates et lieux des représentations :

- Les 13,15 et 17 mars 2018 au Théâtre Bernadette Lafont - Nîmes ( 30)
- Du mar. 17/04/18 au dim. 29/04/18 au Théâtre du Nord- Tel. +33 (0)3 20 14 24 24