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La Chauve-Souris : une apothéose de l'opérette superbement orchestrée par les Folies d'O

Écrit par Edith Huguet Catégorie : Lyrique Mis à jour : mercredi 2 août 2017 15:04 Affichages : 140

Chauve SourisPar Edith Huguet - Lagrandeparade.fr/ Die Fledermaus (en français "La Chauve-Souris") est une opérette viennoise de Johann Strauss le fils, composée en 1874 et créée au Theater An Der Wien de Vienne. "Composée pour mener une contre-offensive au succès d'Offenbach ,cette caricature des moeurs bourgeoises par un Johann Strauss soudainement caustique sera mal reçu à Vienne. Cette Jouisseuse insouciante sitôt après le krach de 1873 préfigure ce que Broch qualifiait "d'apocalypse joyeuse" annonçant l'ivresse destructive du siècle à venir". Vienne où l'on boit le champagne, où on valse et l'on fait la fête et ce sont les compositions exceptionnelles de Strauss qui font virevolter ces noceurs jouissifs. Cette oeuvre est aujourd'hui la plus célèbre opérette du monde.

"La Chauve-Souris" est l'extravagante histoire d'une vengeance préméditée et minutieusement élaborée par Falke. En effet, dix années se sont écoulées depuis cette fameuse nuit où son ami Eisenstein l'a ridiculisé, le poussant à traverser la ville, déguisé en chauve-souris et ainsi a contribué à lui faire perdre sa notoriété et à ruiner sa carrière. Il s'apprête enfin à l'envoyer en enfer.
Benoît Benichou a choisi d'adapter cette farce tragique aux lieu et place où elle doit s'imposer. Il va donner une résonance contemporaine originale à cette magnifique oeuvre en insérant de nouveaux textes, actualisant les costumes et dépoussiérant les décors. Un vent de jeunesse souffle sur le classique.
Jérôme Pillement, à la tête de l'opéra junior de Montpellier, directeur artistique du festival et chef d'orchestre de  cette création, a participé activement à cette belle version moderne.

En préambule au premier acte, le ton est donné par une femme perturbée qui se déplace parmi les spectateurs, chassée par la sécurité. Elle disparait puis refait surface et rejoint le plateau. Un terrain à l'abandon, quelques cartons qui trônent au milieu de roseaux, une vieille baraque qui parait squattée, quelques tags et un escalier qui conduit sur une mezzanine. Seul un énorme lustre à pampilles témoigne de quelques richesses.
Falke occupe déjà les lieux, très classe dans son costume à carreaux noir et blanc, cravate et lunettes noires. Ce soir c'est lui qui va mener la danse. Adèle, la jolie femme de chambre des Einstein, tient dans les mains une invitation envoyée par sa soeur Ida, danseuse d'opéra, qui lui permet d'assister au bal costumé fastueux donné par un riche aristocrate russe, le prince Orlofsky. Mais sa maîtresse Rosalinde n'écoute pas sa demande de congé car elle est très bouleversée par la sérénade de son ancien amant Alfred, chanteur d'opéra....d'autant plus que son mari Gabriel von Eistein doit rentrer le soir même en prison pour avoir insulté un huissier. Son vieil ami, le notaire Falke, habituel compagnon de facétie et de noces, vient discrètement l'inciter à se rendre à la soirée du prince et de ne se rendre à la prison que le lendemain. Eisentein part donc de chez lui pour la prison en habit de soirée et Rosalinde va libèrer Adèle pour profiter de son soupirant. Mais Frank, le nouveau directeur de prison, surgit pour arrêter Gabriel. Alfred va prétendre être le mari pour que Rosalinde sauve son honneur et se laisse arrêter.
Chez le Prince Orlofsky, la fête est joyeuse et les danseuses de l'opéra, petits rats tant fantasmés par Eisenstein (marquis Calzone pour la soirée ), vont agrémenter la légèreté du moment. Falke,metteur en scène de la soirée, a promis à son hôte un divertissement assuré. Il a engagé chanteurs, danseurs et comédiens dont Adèle la soubrette qui est métamorphosée dans la belle robe empruntée à sa maitresse. Durant cette nuit, tout est permis. Elle s'octroie le rôle d'une bourgeoise se moquant de son maitre devant tous les invités. Frank, lui, est un français nommé "le chevalier chagrin". Il va se rapprocher d'Eisenstein n'imaginant pas qu'il devrait croupir en prison. Rosalinde se présente en comtesse hongroise. Elle est surprise de trouver son mari à la soirée. Celui-ci lutine Adèle mais ne tarde pas à flirter avec sa femme masquée. Lors du souper, Eisenstein, poussé par Falke, raconte la farce qu'il lui a faite, livré et déguisé en chauve-souris à la moquerie des passants. Falke chante la fraternité. Festins et hymne au champagne terminé, les réjouissances prennent fin pour les convives. Eisenstein et Frank rejoignent la prison, ignorant chacun l'identité de l'autre. A la prison, la confrontation entre les protagonistes va s'acheminer vers des règlements de comptes et opportunités soutenus par la beuverie. Falke dévoile alors la vengeance de la chauve-souris. 

Cette adaptation de la Chauve-Souris de Strauss s'exprime à travers des métamorphoses plurielles qui dénonce le mal-être de la société d'hier et d'aujourd'hui. Ce bal  aux éclats lumineux fustige l'orgueil, l'hypocrisie, l'envie, la colère, la luxure et le manque de fraternité. C'est un régal pour les yeux car elle offre une succession de tableaux éclatants qui, à partir d'un premier lieu de départ, évoluent au fil des scènes dans des mutations des plus esthétisantes. Un plateau investi par des personnages hauts en couleurs, gais et enjoués, aux habits harmonieux; les valises aux couleurs vives volent, un arrêt sur image où les acteurs figés semblent ignorer ce beau couple qui danse, capturé par l'objectif d'un caméraman. Le bal des illusions se convertit en boite de nuit où surgissent les chanteurs de l'opéra extravagants à souhait. Voilà les invités terriblement élégants, parés de noir et blanc, arborant couvre-chef ou loup de mystère et badinant autour du bar. Des écrans-miroir nous convient à la fête et suivent d'autres ingénieuses surprises ...

Les gags pleuvent, trouvailles invraisemblables et comiques, jeux de mots et de rôles. Les allusions sont de mise et déclenchent les rires des spectateurs. Ceux-ci sont d'ailleurs régulièrement interpelés par les comédiens. Cette mise en scène virevoltante, exigeante et efficace, brillamment portée par ce grand classique de  Strauss nous offre une récréation heureuse, servie avec brio par l'orchestre philharmonique de Montpellier ; les choeurs très investis chantent, dansent et jouent en parfaite alchimie. De belles prestations et de belles voix sont à découvrir. Un coup de coeur pour la pétulante Olga.
Art théâtral, l'opérette permet à ses interprètes une jolie liberté. Un chassé-croisé d'airs d'opéra et de textes réactualisés nous entrainent dans le tourbillon d'allégresse de ce bal des apparences où l'on célèbre le champagne. Les masques tombent ; quiproquos, mensonges, passions charnelles et intrigue conduisent à la chute d'un Eisenstein humilié. Cet opéra est un grand moment de plaisir, une ode à la vie et à l'amour. Un véritable vaudeville endiablé, divinisé par la musique virtuose de Strauss : une apothéose de l'opérette à célébrer absolument !

La Chauve-Souris
Direction musicale: Jérôme Pillement

Mise en scène, Costumes : Benoît Bénichou

Scénographie: Amélie Kiritzé-Topor

Lumières: Thomas Costerg

Assistante Mise en scène, Mouvement: Anne Lopez

Chef de chœur : Jacopo Facchini

Avec: Armando Noguera, Diana Axentii, Mélanie Boisvert, Nicolas Rivenq, Marc Larcher, Guilhem Terrail, Lionel Peintre, Charles Alves da Cruz, Véronique Parize, Sylvére Santin
Chœur de l'Opéra national Montpellier Occitanie
Orchestre national Montpellier Occitanie
Coproducteurs : Folies lyriques et Opéra national Montpellier Occitanie


- Du 5 au 7 juillet 2017 au Domaine d’Ô - -Les Folies Lyriques - Montpellier ( 34)