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Léonard Lasry, "Le seul invité" : un jeu de séduction réussi

Écrit par Virginie Gossart Catégorie : Lyrique Mis à jour : dimanche 9 avril 2017 07:10 Affichages : 500

Le seul invitéPar Virginie Gossart - Lagrandeparade.fr/ Pour être honnête, nous ignorions complètement la popularité de Léonard Lasry dans les milieux de la mode, de l'art contemporain et du cinéma, ainsi que son aura sur les nuits branchées du microcosme parisien avant d'écouter son nouvel EP, élégamment intitulé "Le seul invité". Nous nous sommes donc laissés porter par les sept mélodies qui le composent sans aucun a priori, imaginant quel dandy romantique et désenchanté pouvait bien se cacher derrière cette voix, masculine et sensuelle sans être trop virile, ces arrangements pop tout droit sortis des sixties, ces paroles qui explorent encore et toujours l'indicible amoureux sans pour autant sombrer dans le cliché ni la mièvrerie.

Cet album peut en rappeler d'autres : ceux de Lescop sans l'habillage cold wave, ceux d'Etienne Daho, avec une ambiance plus vintage.
Mais la filiation qui saute aux oreilles, c'est surtout celle avec Gainsbourg, période "Initials BB" et "Histoire de Melody Nelson" – albums qui figurent parmi les plus réussis de sa discographie. Les choeurs, l'omniprésence de la basse et les paroles désabusées du titre "L'original" font de Léonard Lasry l'un des héritiers de "l'homme à la tête de chou".
Ce que nous ignorions également en découvrant cet album, c'était que son interprète n'en était pas à son coup d'essai. En effet, Léonard Lasry compose des mélodies au piano depuis l'âge de dix ans. Son premier album, "Des illusions", est sorti en 2006. Influencé par  le music-hall, cet opus a été conçu comme un disque intemporel, entre récital de cabaret et autodérision. Les fantômes de Frédéric Botton, Michel Legrand ou Jean-Claude Vannier y rôdent.
Suivront d'autres créations : "Nos jours légers" en 2010, "L'exception" en 2012 (avec la collaboration d'Elisa Point, auteure et interprète culte d’une vingtaine d’albums depuis les années 80, dont Léonard Lasry affectionne particulièrement l’univers) , "Me porter chance" en 2013,  "Love each other" et "Intimes et étrangers" en 2014.
Parallèlement à ses projets musicaux, le chanteur s’implique également dans la conception des pochettes des  albums et des multiples créations graphiques pour les différents supports physiques et digitaux conçus. Il participe également à la réalisation d’une trentaine de vidéos avec le cinéaste Gérard Courant, hommages au cinéma des années soixante. Ces œuvres sont projetées à travers le monde parmi les travaux du réalisateur, mais donnent surtout lieu à une série d'événements parisiens au sein de programmations d’art contemporain et de mode.
L'artiste, boulimique de travail et de projets divers, semble donc concevoir ses créations musicales comme des objets transversaux, mêlant la musique à d'autres arts.
Un univers hybride, référencé, mais singulier : on est conquis par le mélange de mélodies pop - tantôt acidulées, tantôt plus lancinantes - et de paroles élégantes et mélancoliques, qui explorent le conflit entre intimité et mondanité, vérité et superficialité, les non-dits de l'amour, la fugacité du désir : le titre éponyme est une belle ode au manque qui entretient la flamme, "Je vais rester dans vos pensées, je suis si bien dans vos absences, il n'y vient personne, je suis le seul invité", tandis que "L'original" parle de la fascination que peut exercer une belle coquille vide : "Tu n'es qu'un bijou fantaisie, ton côté toc séduit, séduit ; il n' y a rien de vrai en toi, tout est faux, tu n'es qu'une copie...qui vaut parfois l'original". Paroles pleines d'auto-dérision une fois que l'on connaît l'accointance de Léonard Lasry avec les milieux de la mode et de l'art contemporain.  On notera enfin la collaboration avec le crooner suédois Jay-Jay Johanson pour une version alternative très réussie du titre "Le seul invité", les atouts des deux auteurs-compositeurs-interprètes se mariant ici pour le meilleur. On a hâte d'entendre la version longue de cet EP qui se déguste sans modération, comme un cocktail de fin d'après-midi, sur un transat en bord de mer.

Le site de l'artiste

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