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Passion (s) : un laboratoire artistique polymorphe et singulier

Écrit par Julie Cadilhac Catégorie : Danse Mis à jour : mardi 5 juillet 2016 16:54 Affichages : 842

PassionPar Julie Cadilhac - Lagrandeparade.fr/ Passion(s) : neuf artistes réunis, chorégraphes, metteurs en scène, cinéastes, pour un projet commun. Le concept? Imaginer une œuvre collective autour de la Passion selon Saint-Mathieu de Jean-Sébastien Bach. Pour mémoire, cet oratorio a eu sa troisième version définitive en 1736. Une partition monumentale en deux parties, d'inspiration protestante luthérienne, d'une durée de 2 heures 45 environ, qui figure parmi les grandes œuvres de la musique baroque. Ecrite pour des voix solistes, un double chœur et deux orchestres, elle mêle le texte de l'Évangile et les commentaires.

A l'instar de l'oeuvre à laquelle il est rendu hommage, alternent des performances solistes et des épisodes choraux d'une grande expressivité. Un "arie da capo" ouvre et clôture avec beaucoup de sensibilité et de grâce cette pièce. Dans les propositions de chacun des artistes, on retrouve les thèmes centraux de l'oeuvre : la compassion, la passion pour l'autre et l'abandon à la douleur. Les court-métrages projetés ont une puissance liturgique troublante; Il y a d'abord cette jeune femme à la silhouette de Jeanne d'Arc dont le bas de jupon tournoie et qui s'étourdit d'une danse extatique ; on suit ensuite la balade bucolique d'un bouquet d'émotions orangées au flouté superbe. Enfin, dans une dernière séquence, s'alanguit une strip-teaseuse diablotine. Les cadrages, qui jouent sur la force évocatrice des gros plans, le traitement de l'image et des couleurs sont d'une grande qualité.

Les chorégraphies sont toutes extrêmement singulières : dans l'une, l'on est emporté par la sensualité d'étreintes en porté, le jeté d'un talon féminin, le galbe joueur d'un mollet...c'est une danse de salon originale, qui se répète comme un refrain, modifie le point de vue et s'étoffe de gestes de séduction, baignée d'une musique à la puissance sacrée d'une chapelle sixtine. Exultation des corps, libération des âmes. Une autre débute sur une esthétique de l'immobilisme : peu à peu l'oeil voit éclore d'imperceptibles mouvements...une séquence où le temps est distendu, où le geste - minutieux- raconte en se figeant , où la lenteur offre de fascinants tableaux hypnotiques. Plus loin, un couple primate dont les portés sont étonnants séduit par la disparité physique entre ce grand gaillard et la frêle jeune femme, la complicité de leur duo tout en contrastes et émotions...et leur baiser étourdissant. L'ajout d'une couronne d'épines ensuite apporte une touche désagréable de souffrance dont on imagine toutefois la nécessité intestine pour le respect de l'oeuvre à laquelle on rend hommage. La vision fantômatique, enfin, de trois danseurs en linceul aspergés de lumières stroboscopiques, pendules aux balancements lancinants, ne manquerait pas d'intérêt si elle ne se situait pas en fin de parcours...soit au bout de trois heures de spectacle. Tout le monde n'a pas une capacité spirituelle suffisante pour gravir sans peine toutes ces marches jusqu'à l'extase esthétique. On a ainsi moins aimé en contrepoint les deux "pitres en claquettes" à la nudité peu justifiable - leur présence, en effet, ne provoque pas le rire, sires inquiétants - parce qu'improbables - à la caravane piquée de loupiotes lumineuses. De surcroît, les épisodes parlés ne sont pas toujours audibles et/ou compréhensibles...Est-ce une manière d'exprimer le caractère parfois mystérieux des langages mystiques? Les scènes qui convainquent le moins sont celles du jeu de ballon - qui se métamorphose en tête coupée- qui s'accompagne d'un chant interminable et la séquence en 3D dans laquelle l'utilisation de la technologie ne persuade pas : l'idée du hasard des mots assemblés et qui s'entremêlent sur un arbre de fils de fer est intéressante...le reste laisse dubitatif. 

Voilà donc l'aboutissement intéressant - mais éprouvant du fait de la durée de la représentation - de laboratoires de travail sur le thème de la Passion. On y assiste à un étrange chassé-croisé de kitsch, de sacré, de trivial, de charnel et de pureté. CECI EST une oeuvre singulière, un terreau d'idées fertiles, stimulantes... a posteriori.

Passion(s)

Une création collective de : ULISES ALVAREZ, FLORENCE GIRARDON, CÉCILE LALOY, DAVID MAMBOUCH, MAGUY MARIN, ÉRIC PELLET, PIERRE PONTVIANNE, ENNIO SAMMARCO, PHILIPPE VINCENT

Avec, sur scène : Ulises Alvarez, Charlie Aubry, Anne Ferret, Laura Frigato, Florence Girardon, Cécile Laloy, Gilles Laval, David Mambouch, Maguy Marin, Louise Mariotte, Marie-Lise Naud, Cathy Polo, Pierre Pontvianne, Agnès Potié, Ennio Sammarco, Pierre Treille, Marie Urvoy, Joan Vercoutere, Philippe Vincent, Charles Wattara
Avec à l’écran : Bana Banana, Anna Carlier, Anne-Sophie Gabert, Anne-Laure Sanchez, Thi Lien Truong
Images : Éric Pellet, Cécile Laloy, Pierre Grange
Collaborateurs artistiques et techniques : Alexandre Beneteaud, Albin Chavignon, Valérie Colas, Nelly Geyres, Pierre Grange, Benjamin Lebreton, Cathy Ray
Crédit photo : Éric Pellet

Coproduction : Festival Montpellier Danse 2016, Théâtre du Parc Andrézieux-Bouthéon, RAMDAM un centre d'art, Cie Als, KATET Cie, Cie Maguy Marin, Cie Parc, Cie Scènes, Usine Biolay, Cie Zélid - Centre de création musicale de Pigna, Balagne, Corse / Le CDC, Atelier de Paris, Carolyn Carlson
Production déléguée : Compagnie Maguy Marin subventionnée par le Ministère de la Culture et de la Communication, la Ville de Lyon, la Région Rhône-Alpes, l'Institut français pour ses projets à l'étranger, Le projet passion(s) est également soutenu par la ville de Saint-Etienne représentée par les Cies Als, Parc et Zélid.

Crédit-photo : Eric Pellet

Dates des représentations:

Les 25, 26 et 27 juin 2016 à HTH Grammont ( Festival Montpellier Danse)

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