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Grito Pelao : Liberté, force et détermination, votre nom est femme !

Écrit par Julie Cadilhac Catégorie : Danse Mis à jour : jeudi 12 juillet 2018 08:33 Affichages : 304

RocioPar Julie Cadilhac - Lagrandeparade.fr/ 28 mars 2018, insémination artificielle. Rocío Molina Cruz tombe enceinte. Lesbienne, célibataire, danseuse de flamenco dont le talent est reconnu à l’international, elle a fait le choix d’un bébé-éprouvette parce que son désir d’enfant ne la lâchait plus.

« Grito Pelao » est l’opportunité de partager la scène avec sa mère Lola Cruz et Sílvia Pérez Cruz, une chanteuse catalane aussi lumineuse et puissante qu'elle mais également de faire ressentir à son public tout ce qu’elle a dû traverser ( interrogations, doutes, angoisses, bonheurs…) et traverse encore dans cette aventure mystérieuse, puissante et fascinante qu'est la maternité. Et l’on prend plaisir à lui voir insérer de l’humour dans cette création, touche nécessaire à cette intimité dévoilée empreinte - forcément - de gravité : l’artiste n’édulcore pas la réalité. Un enfant sans père, une carrière dont on ne sait si elle continuera de la même façon, un parcours sentimental constellé d'amours vaines...une vie bouleversée quoi qu'il advienne. Entre réalisme et fantasmes, la danseuse trace son chemin sur un plateau mi-dallé, mi-sableux, qui permet de faire claquer ses talons et d’exprimer toute sa colère, sa fougue et sa détermination et qui glisse ensuite sur ses orteils libérés de ses talons de flamenco, caresse sa peau et , malléable et fluide, offre la liberté d’imaginer d’autres formes nouvelles.
Rocio se raconte, fait des confessions à l’enfant qui va naître. Celle qui préfère bouger les hanches comme les hommes, celle dont les talons ont fait vibrer les scènes du monde entier, avoue « Avant j’avais peur… ». Apprendre à dominer cette émotion et la sublimer en une nouvelle création singulière, voilà ce qu’est, en substance, ce « Grito Pelao ».

«Amour animal
Amour bestial
Qui te serre et te brûle.
Et il cède
Et tu cèdes
Et il glisse
Et tu glisses
Et tu danses. »

Pour conter cette expérience nouvelle, Rocío Molina est donc accompagnée de Lola Cruz dont on observe avec plaisir les jambes élégantes élaborer une danse gracieuse, constellant d'éclats de lumière stroboscopiques le parquet, femme séduisante, mère aimante et complice. Maman tricotant en arrière-scène et jetant un oeil bienveillant de temps en temps sur son époustouflante fille, Maman se couvrant d’un grand châle pour implorer la Nuestra Señora del Rocío, Maman-câlin, Maman aux pieds nus plongés dans l’atrium central posé sur la scène…placenta symbolique dans lequel tout finit et tout commence… « De mère à mère, de bouche à bouche, de sein à sein ». Maman à laquelle on offre un tarento émouvant, danse rituelle du flamenco. 

Je me demandais si je serais capable d’aimer mon enfant plus que ma danse.

Grito pelaoA ses côtés il y a aussi Sílvia Pérez Cruz, son alter ego sur le plateau, déjà mère d’une petite fille de 10 ans, sirène à la voix bouleversante de nuances et de virtuosité, qui danse avec Rocío, s’impose, tantôt en compagne, tantôt en contrepoint esthétique indispensable. Trois femmes sur la scène magnifiées par la mise en scène. Comme toujours dans le travail de la danseuse, le spectacle s’avère un subtil mélange de douceur, de sensualité et de force. On regarde ainsi, médusé, Silvia concevoir en quelques gestes un chignon; Lola sourire à sa fille ou encore se lover dans ses bras;  on regarde les doigts de Rocío danser…et chaque geste, chaque intention est toujours une ode à la féminité.

Je suis tombée amoureuse de moi, de ma vie, de mon angoisse.

Les lumières de Carlos Marquerie accompagnent en écrin sublime les émotions traversées. Rouge comme la fulgurance de la danse de Rocío. Bleu comme la douceur liquide de la maternité. L’on est subjugué par les projections imaginées par l’artiste plasticien sur le sol et les murs qui propulsent dans un univers onirique…de la terre des racines espagnoles à l’univers parsemé de galaxies...

Ta mère danse pour toi. Qui dansera pour ta mère?

La tresse habituelle est défaite dès le début de la pièce… Rocío mère aura les cheveux détachés. Le corps se modifie, le ventre s’arrondit, les seins gagnent des rondeurs et l’artiste nous fait percevoir avec acuité ses modifications hormonales qui changent non seulement sa physionomie mais surtout son rapport à son propre corps…d’un corps de femme sublimé par les postures gracieuses, les muscles des jambes qui saillissent, les cheveux qui s’ébouriffent…au corps d’une mère que l’on offre avec un naturel désarmant.

Lits, rêves et éprouvette

Récit d’une envie de ventre rond irrépressible et de femmes solidaires dans un monde où l’homme est absent. Histoire d’une transmission matricielle. Mise à nu. Chanson d’amour où les battements de coeur d’enfant mettent tout l’univers à vos pieds. Renaissance. Tout à la fois complainte et cri de joie d’une femme forte, fière et belle. Grand cri adressé à toutes les femmes pour apprendre à s’aimer. Manifeste salvateur pour la liberté d’être soi.

De la conception à la gestation, une chaîne d’amour et de détermination.

Une image restera en mémoire longtemps…celle d’une femme à barbe, au châle frangelé, qui danse avec une bouleversante gravité.

Rocio molina

Grito Pelao
Avec Lola Cruz, Rocío Molina Cruz, Sílvia Pérez Cruz 
Et Eduardo Trassierra (guitare), Carlos Montfort (violon), 
José Manuel Ramos “Oruco” (compás), Carlos Gárate  (musique électronique)

Conception et chorégraphie : Rocío Molina

Direction artistique : Carlos Marquerie, Rocío Molina et Sílvia Pérez Cruz

Dramaturgie et lumière : Carlos Marquerie

Concept musical, composition et paroles : Sílvia Pérez Cruz

Composition musicale (flamenco) : Eduardo Trassierra

Son: Carlos Gárate

Scénographie : Carlos Marquerie, Antonio Serrano, David Benito

Costumes : Cecilia Molano

Assistanat à la mise en scène et à la chorégraphie : Elena Córdoba

Production :
Production : Danza Molina
 Coproduction / Chaillot-Théâtre national de la danse / Grec 2018 
Festival de Barcelona / Instituto de Cultura Ayuntamiento de Barcelona / Festival d'Avignon / Théâtre de Nîmes Scène conventionnée danse contemporaine / Biennale de Flamenco de Séville

Avec le soutien de Inaem Ministère de la Culture espagnol 
et pour la 72e édition du Festival d'Avignon : Ambassade d'Espagne en France, Spedidam 

Avec l'aide de Festival Temporada Alta (Gérone), Teatros del Canal (Madrid)

Dates et lieux des représentations:
- Du 6 au 10 juillet 2018 au Festival d’Avignon 2018
- Les 18 et 19 juillet 2018 au Festival Grec - Barcelone
- Le 7 août 2018 au Festival Terral ( Teatro Cervantes) - Malaga
- Les 18 et 19 septembre 2018 à la Biennal Flamenco ( Teatro Maestranza) - Séville
- Les 22 et 23 septembre 2018 à la ZGZ Escena ( Teatro Principal) - Saragosse
- Du 26 au 28 septembre 2018 au Teatros del Canal - Madrid
- Du 2 au 4 octobre 2018 au Théâtre de Nîmes
- Du 9 au 11 octobre 2018 à Chaillot - Théâtre National de la danse - Paris

Grito pelap