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Grand Finale : la danse incantatoire d’une humanité menacée d'extinction

Écrit par Julie Cadilhac Catégorie : Danse Mis à jour : vendredi 29 décembre 2017 21:44 Affichages : 265

Grand FinalePar Julie Cadilhac - Lagrandeparade.fr/ "Grand Finale" explore par le biais de la danse la question de la fin d’un cycle ou d’une histoire. « Nous nous confrontons à quelque chose de très sombre, de désespéré, sans qu’il y ait aucune issue à cette situation. Un sentiment général d’apocalypse plane sur la pièce qui laisse les personnages désemparés. Nous évoquons évidemment la mort et le contexte sociétal chaotique actuel. Quelque chose d’énorme, de violent est en train de se passer à l’échelle de la planète qui culbute dans une situation incontrôlée. » (Hofesh Shechter. Propos recueillis le 12.06.2017par Jeanne Liger pour La Villette et le Théâtre de la Ville).

Lumière-cathédrale, atmosphère entre chien et loup, bras-prière, bras-ostentation, corps ballottés, "Grand Finale" s’appréhende dès l'ouverture comme une chorégraphie chorale où les interprètes incarnent une communauté symbolique, au moyen d’une danse-théâtre puissamment évocatrice. Les corps soubresautent, en tension, s’imprègnent de sautillements incontrôlables, semblent tendre vers le ciel ou s’écrasent au sol, terrassés par le poids d’un malheur terrible qui plane et que l'on pressent dans les entrailles de nos tympans. Les rêves s’envolent au bout des doigts, les illusions s’étiolent au creux des talons. Les corps impriment les beats de la musique live jouée par les six musiciens présents sur scène ; les pieds impriment les percussions et les sons électroniques. Composée par Hofesh Shechter, à mi-chemin entre le classique et le traditionnel ( dans lequel l'on reconnaît des afffinitéd de sons avec les Balkans), la musique de "Grand Finale" saisit par sa tessiture dramatique et narrative puissante ; elle arrive toujours comme une promesse épique et lorsqu’elle fait place au silence, elle existe encore dans sa disparition. L'omniprésence des musiciens, toujours bien séparés des danseurs, a été travaillée avec pertinence et souci esthétique. Elle "constitue une sorte de cellule d'humanité pure qui continue de jouer sans interférer avec quiconque pendant que l'apocalypse se déroule autour. Ce sont eux qui possédent la clé de l'esprit et de l'humanité de Grand Finale. Entre possibilité du bonheur et mélancolie, il y a la persistance de la résistance, le besoin de ne pas ababdonner le combat." (Hofesh Shechter. Mêmes sources)
Sur le plateau, de grands murs mobiles sont autant de lieux de cloisonnement, de séparation, de lieux de regroupement ou de lamentations possibles. Les lumières vibrantes d’obscurités inquiétantes sont remarquables. Le groupe tente de faire corps, de résister et d’insuffler encore la vie mais quelque chose de plus fort semble avoir raison de cette humanité qui se désagrège, se bat jusqu’à l’épuisement. La danse est d’ailleurs physiquement éprouvante; les artistes vacillent sur leurs jambes, hoquettent, écarquillent leurs yeux ou ouvrent grand leurs bouches comme autant de cris expressionnistes de Munch. Hommes modernes emportés dans des crises d’angoisse existentielles? Revenants exhumés de toutes les horreurs du XXème siècle? Témoins de l’Enfer?
La première partie étreint d’émotions aussi sublimes que contrastées ; la douleur, clé de voûte, laisse cependant des minutes de grâce où une pluie de bulles s’invite sur la scène et offre un instant de pause au malheur; il semble que l’on assiste alors à une valse fantasmée entre les vivants et les morts, où les corps désarticulés continuent de peupler les songes et accompagnent ceux qui restent.

La seconde partie accentue les sonorités des Balkans et invite elle aussi à découvrir des tableaux tout en émotions où les corps exultent sous des effets de lumières extraordinaires. On revoit une séquence où tous les danseurs, les uns derrière les autres, se découpent avec une régularité de métronome…ou encore des scènes émouvantes qui clôturent le spectacle, tableaux de vie figés entre deux fondus au noir…Une petite merveille chorégraphique à voir absolument si vous en avez l'occasion!


Grand Finale de Hofesh Shechter Company (Royaume-Uni)

Chorégraphie et musique : 
Hofesh Shechter
Création décor et costumes : 
Tom Scutt
Création lumière
 : Tom Visser
Collaboration musicale
 : Nell Catchpole
Yaron Engler
Artiste associé : 
Bruno Guillore
Musique originale : 
Hofesh Shechter
Collaborateurs musique : 
Nell Catchpole
Yaron Engler
Percussion et bande sonore : 
Hofesh Shechter avec Yaron Engler
Arrangements : 
Christopher Allan
Musique supplémentaire : Merry Widow Waltz par Franz Lehar, interprétée par le London Philharmonic Orchestra et arrangée par Glocken Verlag Limited, Andante Cantabile String Quartet No.1 and Suite No. 4 in G Major par Pyotr Tchaikovsky et Russian Tune par Vladimir Zaldwich
Directeur technique
 : Paul Froy
Régie lumière
 : Andrej Gubanov
Régie son : 
Richard Young
Régie plateau
: Leon Smith
Assistante décor et costumes
 : Rosie Elnile
Assistant lumière: 
Richard Godin
Assistante régie plateau
 : Emma Dymott
Régisseur de tournée : 
Linda Peterkopa
 
Avec les danseurs : Chien-Ming Chang, 
Frédéric Despierre, 
Rachel Fallon
, Mickael Frappat, 
Yeji Kim
Kim,  Kohlmann
 Erion, Kruja
 Merel, Lammers 
Attila, Ronai
Diogo Sousa
 
avec 6 musiciens : James Adams, 
Chris Allan (bandmaster)
, Rebekah Allan
, Mehdi Ganjvar, 
Sabio Janiak, 
Desmond Neysmith

Dates et lieux des représentations:
-Les 8 et 9 décembre 2017 à la Scène Nationale de Sète et du Bassin de Thau ( 34)

- Du 31 janvier au 3 février 2018 -  HOME, Manchester, United Kingdom

- Le 26 avril 2018 - Birmingham Repertory Theatre, United Kingdom
- Le 15 mai 2018 - Norwich Theatre Royal, United Kingdom
- Les 1 et 2 juin 2018 - Hellerau Center for the Arts, Dresden, Germany