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Bestie di Scena : l'aube d'un nouveau monde?

Écrit par Bertrand Sinapi Catégorie : Danse Mis à jour : lundi 31 juillet 2017 12:06 Affichages : 174

Bestie di ScenaPar Bertrand Sinapi - Lagrandeparade.fr/ Sur le plateau, les comédiens nous précèdent. Ils s’échauffent, s’entrainent. Comme si, déjà, la proposition était d’assister à la répétition d’une chose en devenir. A une naissance, celle d’un spectacle. Celle de « Bestie di scena » d’Emma Dante. Autour de nous ça s’agite. Le placement dans le « IN » est une architecture complexe. « Déplacez-vous ! » « Ma place est prise. » « Elle ne m’a pas dit s’il-vous-plait. » On bouge, on remplit, on se tasse. La gymnastique est aussi dans la salle. Sur scène, la chorégraphie commence.

 

« C’est du théâtre ou de la danse ? » « On s’en fout un peu, non ? » Bruits de pas marqués, tambourinés. La lumière baisse, le rythme des corps sur la scène se fait plus fort. Chacun de son côté, puis ensemble. Tous ensemble. Le bruit des corps, le bruit des pas enflent, puis s’allègent. On entend l’air qui sort des bouches, les premiers rires dans le public. Puis un à un, face à nous, les comédiens s’effeuillent, se mettent à nu, se dépouillent du peu qui leur restait.
Pas de décor, pas de textes, pas de costumes, pas de musique et maintenant plus rien que la peau. LEURS peaux.
Silence d’église, silence de dimanche d’après la fête. 14 corps nus face à nous imposent une forme de gravité, une attention.
Et puis voilà, les choses s’enchainent. Un jerrican est propulsé des coulisses, on crache, on saute, on se bat…On croirait entendre du fond du théâtre « Montre-moi ce que tu sais faire… Bêtes de scène ! Bêtes de foire ! » Est-ce un casting, un radio-crochet théâtral, une sélection ?
On cherche les signes. On scrute, on se demande. On essaye de comprendre ce qu’on cherche à nous raconter. Est-ce l’aube d’un nouveau monde. Le paradis perdu…Les corps s’entrechoquent.

De jardin et de cour on jette des cacahuètes à ces singes de plateau pour les faire cesser de se battre. Au sol, ça crisse, ça craque, ça vole. Sont-ils l’allégorie de ce avec quoi l’on se débat chaque jour, nous aussi ? C’est qui les bêtes de foire ? Eux ou nous ? Qui assiste au numéro de qui ?
« Bestie di scena » est un de ces spectacles qui nous propose une place, qui fait appel à nos intelligences, à nos imaginations. Un de ces spectacles dont on sort avec l’impression de devoir combler les manques… de tisser les liens, de construire le propos, de finir le spectacle. C’est une belle chose que d’avoir cette place. Pour ma part, j’ai cependant le sentiment de l’avoir eue un peu trop ce soir. Mais au vu de la standing ovation de la salle, je suis bien seul avec ce sentiment.

Bêtes de Scène
Palerme - Milan
Création 2017
Mise en scène, conception, scénographie : Emma Dante


Lumière : Cristian Zucaro
Avec Elena Borgogni, Sandro Maria Campagna, Viola Carinci, Italia Carroccio, Davide Celona, Sabino Civilleri, Alessandra Fazzino, Roberto Galbo, Carmine Maringola, Ivano Picciallo, Leonarda Saffi, Daniele Savarino, Stéphanie Taillandier, Emilia Verginelli
 et Gabriele Gugliara, Daniela Macaluso

- Du 18 au 25 juillet 2017 au Gymnase du Lycée Aubanel - Festival d’Avignon