Erik Jones : un feu d'artifice de couleurs et de reliefs made in Brooklyn

Écrit par Julie Cadilhac Catégorie : Illustration Mis à jour : mardi 17 novembre 2015 22:31 Affichages : 1626

Erik JonesPar Julie Cadilhac - Lagrandeparade.fr/Originaire de Floride, Erik Jones est diplômé d’Art & Design à l’âge de 25 ans. Il fait ensuite de l’illustration, en profite pour voyager aux Etats-Unis d’un état à l’autre et s’imprégner des différentes culture pop et tendances artistiques qu’il peut côtoyer. En 2009, à l’âge de 27 ans, il arrive à New-York et installe son atelier à Brooklyn. Il y réside depuis.

Son univers, vibrant de couleurs, est une étreinte singulière entre la peinture figurative et la peinture abstraite. Ses toiles, de part ses sujets féminins extrêmement réalistes, sont extrêmement attirantes…les juxtapositions de touches de pinceaux sporadiques et de formes géométriques font tantôt office de vêtements, de tatouages imprimés sur leur corps, tantôt semblent un cadre, un paysage derrière lequel elles évoluent.
Pour la première fois, Erik Jones expose en Europe ; c’est au coeur de la Ville aux sept collines, à la Dorothy Circus Gallery que ses toiles seront visibles jusqu’au 1er décembre 2015…Quoi de plus tentant qu’une escapade romaine pour s’offrir en plus d’une exquise glace crémeuse, d’une balade romantique à la tombée de la nuit du côté du Colisée et d’un pélerinage sous la voûte de la Chapelle Sixtine, un feu d’artifices de couleurs?

Commençons par une question simple. Qu'est-ce qui vous a donné envie, un jour, de créer des œuvres picturales et d'en faire votre métier?
C’est en fait une réponse assez simple. Je voulais juste avoir le plaisir de voir sous mes yeux ce genre de travail, je voulais expérimenter ce que cela donne quand l'abstrait rencontre le figuratif. Je me suis mis à créer les visions qui fleurissaient dans ma tête. Je ne savais pas à l'époque que cela deviendrait mon travail. Au contraire, je le faisais juste par passion.Je me considère extrêmement chanceux d'avoir pu en faire mon métier.

Avez-vous des artistes, des courants qui vous inspirent particulièrement ?
Je suis très influencé par Jeff Koons, Coby Whitmore, Jeff Depner, Alexander McQueen et Nick Cave pour n’en nommer que quelques-uns. Ces artistes englobent un large éventail de différentes formes d'art, allant de l’illustration du milieu du vingtième siècle jusqu’au design de la mode moderne. Jusqu’aux artistes qui créent des peintures abstraites non figuratives et que je suis tous de très près. Je suis aussi très influencé par les dessins animés, principalement du point de vue du traitement de la couleur.

Vous êtes né en Floride mais aujourd'hui vous vivez à New-York : votre cadre de vie influence-t-il votre art selon vous?
Je pense que oui. Travailler autour d'une communauté d'artistes s'avère toujours bénéfique, et New York est plein d'artistes. J’ai notamment remarqué que mon travail a commencé à prendre une apparence de plus en plus brute. Je pense que cela est dû à l'omniprésence de l'art de rue là où je vis à Brooklyn. C’est une influence positive. En outre, être entouré de galeries est une émulation quotidienne...et il n'y a pas de pénurie de galeries de New York!

Avec quels outils, matières et supports travaillez-vous?
Tout est fait sur du papier Rives bfk apposé sur une toile. J'utilise l'aquarelle, le crayon de couleur, les pâtes de cire solubles dans l'eau, l'acrylique et parfois des huiles solubles dans l'eau...et dans cet ordre. Les peintures sont ensuite recouvertes d'une couche protectrice semi-brillante pour les UV pour maintenir leur dynamisme: ça se résume à peu près à ça.

Votre art mêle souvent des portraits réalistes, presque photographiques sur lesquels vous superposez des formes géométriques et colorées plus abstraites ...parce que votre cœur oscille entre Picasso et Léonard de Vinci?
Ha, je suppose que oui. Comment un artiste pourrait ne pas avoir un cœur pour des artistes aussi influents….!

Ces ajouts abstraits créent parfois un décor, deviennent un vêtement ou un costume...une façon d'obliger le regard à regarder autrement?
Oui, je vais souvent traiter une figure comme un mannequin qui "porte" les formes abstraites. Cela provient sans doute de l'influence que je tire de la mode. Bien que, d'autres fois, les formes sont séparées de la figure, elles flottent autour, créant une atmosphère propice qui permet à la figure d'exister. Mon idée de « la figure qui rencontre une forme »  est toujours en évolution.

A quel moment êtes-vous satisfait d'une toile?
Je sais généralement qu’un tableau est terminé quand je commence à lui soustraire des éléments. Je surmène souvent la peinture et ai besoin de faire cela. C’est juste une sorte d'intuition, je ne sais pas comment l'exprimer autrement.

En 2015, vos dernières œuvres jouent sur les reliefs, les toiles se décollent, prennent vie, se déploient, saignent...vous ressentiez le besoin de les faire sortir du cadre?
Je voulais me rapprocher de la sculpture, lentement. Ce genre de travail était une excellente façon de commencer à mettre en œuvre cette nouvelle esthétique. Mes peintures ont toujours semblé gagner du terrain ,au fur et à mesure, sur l'espace tangible. Les amener carrément hors de la toile était ressenti en mon être comme l’étape suivante. En avril, je dois faire une exposition en solo à New York où je prévois d'avoir au moins une sculpture pleinement réalisée. Plus de détails sur ce à venir!

Il y a quelque chose de grave dans vos œuvres...les sujets ne sourient pas, semblent parfois prisonniers de ces superpositions...d'autres y verront peut-être l'expression justement de leurs émotions...un mot là-dessus?
J’essaie effectivement de ne pas montrer les expressions ou les émotions. Je préfère laisser le loisir au spectateur de créer son propre récit pour chaque tableau.

Enfin, vous exposez à la Dorothy Circus Gallery de Rome: une première en Europe? Lesquelles de vos œuvres peut-on y voir?
C’était ma première exposition en Europe et ça s’est déroulé exactement comme je l'espérais. L'expérience a été très excitante, et tout aussi inspirante. Être autour de tout cet art exquis a certainement suscité un feu créateur en moi! La Dorothy Circus Gallery a exposé onze de mes nouvelles toiles. Ces toiles sont l'aboutissement des différentes idées esthétiques que j’ai eu envie de réaliser pendant une certaine période de création.

"In colour" by Erik Jones

Du 24 octobre jusqu'au 1er décembre 2015 à la Dorothy Circus Gallery à Rome ( Italie)

Le site de la Dorothy Circus Gallery

Le site d'Erik Jones