Tom Volf : Où l’on découvre Maria derrière « La » Callas

Écrit par Guillaume Chérel Catégorie : Cinéma Mis à jour : lundi 27 novembre 2017 19:35 Affichages : 191

CallasPar Guillaume Chérel - Lagrandeparade.fr/ Cela commence par des images d’une interview, en noir et blanc, de « La » Callas, qui servira de fil conducteur tout au long du documentaire, de manière chronologique. Un « doc » qui peut se regarder comme un biopic, tant on découvre (enfin) la femme, Maria, qui avait du mal à exister derrière la diva. Le réalisateur, Tom Volf, livre au public les archives exceptionnelles, qu'il a eu la chance de réunir, après quatre ans de recherches, auprès des proches de la cantatrice. Pas besoin d’être un mélomane, amateur d’Opéra, pour l’apprécier. Durant près de deux heures on découvre la femme derrière « la » Callas ». Elle a rompu, trois ans plus tôt, avec Onassis, le célèbre milliardaire, qui l’a abandonnée pour se marier avec Jacky Kennedy. Elle se confesse. Raconte ses doutes, ses ambitions, ses fragilités, son exigence, ses attentes. Elle est d'une beauté intemporelle, a remisé ses chignons, ses robes et son maquillage de scène. Elle parle sans fard, avec une élégance et une sincérité sidérantes. Sans pathos, Maria analyse cette créature mythique qu'on surnomme « La Divine ».
Naissance à New York, cours en Grèce, enfance sacrifiée sur l'autel du chant (par la volonté d’une mère autoritaire), premières scènes, rencontre avec Visconti, bien avant Pasolini, qui lui confiera le rôle de Médée, au cinéma ; et le grand amour avec Onassis. Entre ses scènes, déjà connues, Maria parle. Maria chante. Maria fait de la balançoire ou donne des recettes de cuisine. Maria écrit des lettres d'amour. Maria vit en un mot, loin de son mythe qu'elle se plaît à consolider. Et l’on découvre une femme attachante, dépassée par son propre destin, sa légende, qui fait qu’un rhume se transforme en scandale. Une femme de caractère qui suppliait Dieu, s'il lui envoyait des épreuves, de lui donner le courage de les surmonter. Sans esbroufe et sans caprices : "Il y a deux personnes en moi, Maria et La Callas…" 
Maria by Callas est le récit d’une vie exceptionnelle à la première personne. Callas dévoile Maria, et révèle une personnalité aussi enflammée que vulnérable. On pense à Dalida, parfois (dans un autre style évidemment), une autre exilée, devenue star, les ailes brulées par la passion de l’amour et les exigences de son art, ou de son public.

Maria by Callas
En salle le 13 décembre 2017
Durée : 1h53
Documentaire
Réalisateur : Tom Volf
Avec la voix de Fanny Ardant

 
Biographie
De son véritable nom Sophia Cecelia Kalos, Maria Callas est une célèbre cantatrice d'origine grecque. Elle n'a que huit ans lorsqu'elle commence à prendre ses premières leçons de chant. Le chef d'orchestre Georges Sebastian est effaré le jour où on lui présente cette fille myope comme une taupe. Mais après l'avoir écoutée, il lui dit simplement: "Vous avez du talent". Et elle répond, non moins simplement : "Je sais". A quatorze ans, Maria part pour Athènes suivre les cours d'Elvira de Hidalgo. Sept ans plus tard, lorsqu'elle revient aux Etats-Unis, elle a une des plus belles voix du monde. Ses caprices de stars seront célèbres dans le monde entier et sa liaison avec le milliardaire Onassis contribuera encore à étoffer sa légende. 
De janvier 1964 à mai 1965, la Diva chante Médea, Norma et Tosca sur les scènes de Paris, New York et Londres. C'est d'ailleurs à Covent Garden qu'elle fera ses adieux à son public le 5 juillet 1965. Maria Callas devient alors professeur à la Julliard School de New York.
En 1969, l’écrivain-cinéaste italien Pier Paolo Pasolin lui offre le rôle principal de Médee. Ce sera l'unique incursion de la cantatrice dans le monde du 7e art.  En 1973, elle se lance dans une tournée internationale de récitals mais sa voix, désormais trop abîmée, l'oblige à arrêter. En novembre 1974, elle apparaît pour la dernière fois sur scène à Sapporo au Japon. Maria Callas se retire ensuite dans son appartement parisien. Après une tentative de suicide en 1975, elle meurt d'une embolie pulmonaire le 16 septembre 1977.