Des rêves sans étoiles : un documentaire émouvant sur des « prisonnières du destin »

Écrit par Julie Cadilhac Catégorie : Cinéma Mis à jour : lundi 18 septembre 2017 07:06 Affichages : 337

Des rêves sans étoilesPar Julie Cadilhac - Lagrandeparade.fr/ Téhéran, aujourd’hui. Dans un centre de détention et de réhabilitation pour mineurs, l’on découvre le quotidien d’adolescentes détenues pour crimes et délits.

Rires, chants, mélancolie, désirs contradictoires vis à vis du dehors ( envie d’être libérée et peur de s’affronter à la famille « accueillie par une raclée », et à la misère qui colle à la peau) rythment leurs journées. Avec beaucoup de sensibilité et d’empathie, Mehrdad Oskouei filme ces filles aussi émouvantes que pertinentes ; par le biais d'une image dont on félicite la qualité photographique, il alterne des scènes d’atmosphère où on les voit laver à grande eau un tapis, faire une bataille de neige ou une partie de volley, prier et dialoguer avec un iman, fêter le nouvel an ou encore suivre un atelier de marionnettes avec des moments de proximité où le réalisateur en voix off - ou les filles entre elles - échangent sur leur parcours et se confient. Une fine maïeutique qui respecte l’intimité et la pudeur de ces jeunes filles désabusées. Ghazal, Hasrat, Ava, 651, Nobody, Somayeh, Mme Ziba…L’une est devenue mère à 15 ans, forcée par son beau-père à vendre de la drogue et s’est immolée par le feu « pour ne plus souffrir ». L’autre a été abusée par son oncle, s’est enfuie de chez elle car ses parents ne la croyaient pas, a commencé à voler des voitures, une arme à la main. Il y a aussi celle que la mère n’aime pas, l’amoureuse d’Hassan l’idiot. Celle qui est enceinte et regrette d’avoir plusieurs fois battu sa mère parce qu’ elle était en manque de drogue. Celle qui a tué son père qui la frappait et la forçait à se prostituer pour avoir sa dose…Celle qui a deux enfants et a volé par nécessité, son mari étant resté plusieurs mois dans le coma. 

La société est plus forte que moi.

des rêves sans étoilesSi ce portrait émeut tant il rappelle la situation de détresse de ces filles des rues, il en ressort toutefois de l’espoir. Leur solidarité, l’accueil dans ces centres (qui paraît être bienveillant), l’énergie de leur jeunesse ragaillardissent. Le sourire radieux de Klatoreh qui réalise qu’elle va pouvoir retourner étudier à l’école. Les rires et les mains fébriles du groupe face au poupon-bébé de Mme Ziba. La joie de Nobody lorsque sa grand-mère vient la chercher. Ces filles, il faut absolument les rencontrer! 

Mon rêve? Mourir. Je suis fatiguée.

Des rêves sans étoiles
Documentaire ‧ 1h 16m

Date de sortie en France : 20 septembre 2017 
Scénario : Mehrdad Oskouei
Producteur : Mehrdad Oskouei

Découvert en avant-première au Cinéma Le Diagonal - Montpellier ( 34)