Pauline

Nager dans les dollars : du RER B à l’Alabama, un road-movie incisif signé François Marchand

Écrit par Nicolas Bodou Catégorie : Romans français Mis à jour : vendredi 1 juin 2018 12:46 Affichages : 131

Nager dans les dollarsPar Nicolas Bodou - Lagrandeparade.fr/ L’argent ne fait pas le bonheur dit-on, mais la perspective de toucher 15 millions d’euros peut tout de même être perçue comme un heureux événement !

Cela peut même changer la vie d’un modeste employé d’une société de recouvrement, dont la vie se résume à pourchasser des victimes, qui n’ont toujours pas compris que les sociétés de crédit n’avait jamais eu pour objectif d’aider les gens ! Et lorsque la journée est finie, c’est le retour en banlieue et les joies du RER…Mais lorsque notre employé tombe sur un dossier de recouvrement qui contient la modique somme de 15 millions d’euros, tout change! En effet, un cadre supérieur nommé Mandarin a escroqué cette somme à la multinationale qui l’employait ! En partant sur les traces de Mandarin, il espère récupérer cette coquette somme et ainsi entrevoir le bout du RER… !

Là encore, je fis quelque chose pour la première fois. Je considérai la station Châtelet-Les-Halles. Telle qu’elle est. C'est-à-dire le siège social officiel du Diable sur Terre. Et pour la première fois, la probabilité d’échapper à jamais à cet endroit cessait d’être nulle. Quand cette petite idée s’invite dans votre cerveau engoncé de crevard, votre perception des choses change. Jusqu’à présent, la fatalité de ce transit quotidien m’obligeait à considérer Châtelet-Les-Halles comme un endroit possible. Le voir tel qu’il était, c’était une torture à laquelle l’être biologique refuse. Dès lors qu’une chance, même infime, de fuite apparaît, alors fréquenter même une seule minute ce trou puant dans lequel macèrent les déclassés apathiques de toute la galaxie devient impossible.

Il mettra tout en œuvre pour récupérer le magot, quitte à plonger dans les abysses de l’absurdité salariale moderne, monter une équipe avec les moyens du bord et traverser l’Atlantique…
La plume acérée de François Marchand fait encore mouche pour son cinquième roman. Au travers de cette aventure, il dézingue à tout va ce monde désincarné qui prend de plus en plus le pas sur le bon sens et les choses simples d’autrefois…

Mon gibier avait supprimé son compte, mais rien n’est jamais supprimé sur le « web », qui est l’exacte préfiguration de l’avenir des peuples sans Dieu : une éternité glacée sans mort, sans vie, sans rien, marquée uniquement par le retour éternel du même. Ils n’auront même pas besoin d’être propulsés un jour en enfer, ils y sont déjà.

Un roman baigné d’humour noir, de critique sociale et d’un jugement assez juste sur les travers du monde de l’entreprise d’aujourd’hui.
François Marchand met également le doigt et questionne, non sans une bonne dose d’humour, l’utilité réelle de certains postes au sein du monde salariale.
L’économie réelle d’un pays aura toujours plus besoin d’artisans que de conseillers en marketing, enfin, dans un pays que l’on peut supposer sain…
Un très bon roman, qui aura au moins le mérite de vous faire rire un peu dans votre « open-space » !!

Nager dans les dollars
François Marchand
Editeur : Editions du Rocher
152 pages
15,90 euros.
Disponible