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La splendeur des égarés : La nouvelle Marguerite Duras !

Écrit par Guillaume Chérel Catégorie : Romans français Mis à jour : samedi 3 mars 2018 15:59 Affichages : 576

splendeurPar Guillaume Chérel - Lagrandeparade.fr/ C’est Jean-Bernard Pouy qui l’affirme (à propos de la nouvelle Duras…), sur le bandeau qui va avec « La Splendeur des égarés », très joli titre du nouveau roman de Sylvie Cohen, qui s’était fait connaître par un roman publié chez Belfond : « Les Chiens fous ». Egalement critique littéraire, auteure de théâtre et… prof de gym (!), quand elle était dans l’Education Nationale, ses livres flirtent sur la fragile frontière qui peut faire basculer chacun d’entre nous dans la folie.
Nous sommes à Rome, en août 2000, Piazza del Popolo, où un adolescent en fugue s’immole. La mère, Helena, subit un tel choc que cela provoque un déni insensé de réalité : pour elle, son fils est toujours vivant. Un homme, Nathan, tente de la ramener à la normalité. Rien n’y fait : Helena se lance à la recherche de son fils. 
Un an plus tard, le même Nathan, par ailleurs journaliste, perd sa fille accidentellement. Pour ne pas sombrer, comme Helena, il s’accroche à l’idée de retrouver cette femme. Il entreprend une enquête, tel un détective, et interroge les témoins du drame. Le doute commence alors à se distiller. Comment démêler le vrai du faux ? Comment deux égarés arriveront-ils à vivre avec les vivants, sans oublier leur(s) mort(s). 
Voilà un roman (noir) qui traite de ce moment terrifiant où les choses et les gens ne semblent plus être ce qu’ils sont d’habitude. Comment affronter la disparition d’êtres aimés, si ce n’est en naviguant dans des eaux troubles jusqu’à ce qu’une lueur permette d’entrer de nouveau dans le monde des vivants. Avec "La splendeur des égarés", Sylvie Cohen nous entraîne dans une tragédie (comment en arrive-t-on à se suicider ?), qui surfe entre polar (Au nom de la Rose), western (Le Train sifflera trois fois) et thriller (Da Vinci Code), tout en étant un texte littéraire, forcément à la Duras, donc : « Les paroles sont jetées comme des gifles. Tous les gosiers déversent leur haine, leur rancœur, leur rage, leur pitié, leur regret, leur remord, leur indulgence, leur effroi, leur dégoût. ». Chacun a sa vision de l’enfer. Sylvie Cohen, elle, cherche encore son paradis. Son nouvel éditeur s’appelle Les Chemins du Hasard… Or, il n’y a pas de hasard, dit-on.

La splendeur des égarés
Editions : Les Chemins du Hasard
Auteur : Sylvie Cohen
175 pages
Prix : 16,50 €