Pauline

#BONNET : un récit frénétique qui interroge notre propre consommation des réseaux sociaux

Écrit par Nelly Bonnet Catégorie : Romans français Mis à jour : mardi 30 mai 2017 16:22 Affichages : 377

BonnetPar Nelly Bonnet - Lagrandeparade.fr/ Il y a Lina, working-girl/success-woman acharnée, rigide, affirmée et douée surtout. Et dans un monde parallèle au sien il y a Tristan, varappeur tranquille beaucoup plus passionné par son sport/art que par son job ou sa petite-amie. Une photo, un hasard les réunissant pour une courte minute va déchaîner à parts égales les cieux sans nuage de la star des médias et du grimpeur anonyme.

Le récit frénétique se consomme et se partage comme une bonne anecdote. Il s’affiche dépouillé d’artifices comme pour mieux fustiger ceux qu’il dénonce. Un style sans marque, sans images, sans figures, volatile jusque dans sa forme. Se refusant même à ponctuer ses dialogues. Son rendu de petit objet direct s’absorbe facilement, simplement. Si la poésie est absente et l’imaginaire restreint, la réflexion demeure savoureuse sur plusieurs points :
• C’est toujours un plaisir littéraire de regarder un univers trop maîtrisé qui s’abîme et s’effondre…
• La réalité du monde médiatique est l’inspiration de ses protagonistes, qu’un jeu de références nous laissera peut-être le plaisir d’identifier.
• Passée la double cavale de Tristan et de notre lecture, nous nous renvoyons alors à notre propre consommation de réseaux sociaux, à la gestion de notre propre curiosité.
• Enfin, tel un « warning » tout clignotant de rouge, aveuglant et dangereux, le message qui retentit fort dans cet ouvrage dont j’ai le plaisir de partager le patronyme, est la remise en question du statut de la femme qui a réussi, à l’intelligence et l’accomplissement insupportables en particulier lorsque ce dernier n’est dû qu’à elle-même.
Plusieurs lectures, zéro prétention.

Tu ne feras jamais carrière si tu ne donnes pas un peu de toi au public. Tu n’as même pas de chien. Achète-toi un chien comme Drucker ou Houellebecq ! Il faut que tu acceptes que la plupart des téléspectateurs n’écoutent pas ce que tu dis mais regardent si tu as bonne mine, si tu es en forme. Comme ils le font pour un membre de leur famille »… « Le public est carnivore, il a besoin de chair.

#BONNET
Un livre d’Eliane Girard
Editions : Buchet Chastel
Parution : Mars 2017
Prix : 15€