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Anna Gavalda : retour à la nouvelle

Écrit par Serge Bressan Catégorie : Romans français Mis à jour : dimanche 21 mai 2017 16:57 Affichages : 580

GavaldaPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr/ Avec son huitième livre- « Fendre l’armure », Anna Gavalda revient à la nouvelle. Et déjà, on sait que ce sera un des livres de l’été. Un des best-sellers. L’éditeur a prévu l’histoire- avec un premier tirage de 100 000 exemplaires pour la France ! Ce ne pouvait être moins : depuis 1999 et son apparition dans le monde des livres avec « Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part », Anna Gavalda bouscule les hits et autres tops, et surtout le nombre d’exemplaires vendus… Il en sera de même cette année avec son huitième livre, « Fendre l’armure »- un recueil de sept nouvelles, un genre qui l’avait fait connaître en 1999 mais qu’elle avait abandonné depuis. A 46 ans, Anna Gavalda, c’est une réputation (justifiée ?) : elle serait une écrivaine des bons sentiments. Une auteure avec qui on gambade, on chemine dans les vallées des merveilles, et qui écrit à l’encre empathique… 

Les puristes et autres stylistes des pleins et déliés, les esthètes adeptes des arabesques trouveront, une fois encore, à redire sur Anna Gavalda et sa nouvelle livraison, « Fendre l’armure ». D’autres (nombreux, si nombreux) se laisseront simplement emportés par ces sept instants de vie, par ces sept nouvelles toutes écrites à la première personne du singulier. « Il y a beaucoup de « gens » dans ce nouveau livre qui ne parle que de solitude », confie l’auteure. Elle ajoute : « Ils parlent pour essayer d’y voir clair, ils se dévoilent, ils se confient, ils fendent l’armure. Tous n’y parviennent »… Conteuse enthousiaste, Anna Gavalda dessine de jolis portraits : il y a Ludmila, Paul, Jean, d’autres qui n’ont pas de noms. On les suit, on les croise, on les entend dans la nuit même s’ils ne savent plus très bien si, à ce moment de leur vie, c’est la nuit ou le jour. Sept moment de vie avec « L’amour courtois », « La maquisarde », « Mon chien va mourir », « Happy Meal », « Mes points de vie », « Le fantassin » et « Un garçon »…
Et, évoquant ses personnages, Anna Gavalda de rappeler : « Pour moi, ce ne sont pas des personnages, ce sont des gens, des réelles gens, de nouvelles gens »… Des gens comme la jeune Lulu (in « L’amour courtois ») qui confie : « Je suis grossière mais c’est ma tenue de camouflage ». Des gens comme la maquisarde, dévorée par la solitude et qui cherche la lumière dans l’étreinte d’un homme marié. Des gens comme Le fantassin, industriel ravagé part la mondialisation et qui se retrouve, contre toute attente, invité par un voisin qu’il connaît à peine (peut-être même pas du tout)… Chez Anna Gavalda, sous le drame, la peine, le souci, le chagrin, sommeille toujours l’humanité. Elle ne demande qu’à se révéler au grand jour. Il suffit d’une encre empathique, celle qu’utilise Anna Gavalda, pour qu’elle fende l’armure…

Fendre l’armure
Auteur : Anna Gavalda
Editions : Le Dilettante
Parution : 10 mai 2017
Prix : 17 euros