Pauline

Cadavre, vautours et poulet au citron : " Qui boit meurt; qui ne boit pas meurt aussi."

Écrit par Julie Cadilhac Catégorie : Polars Mis à jour : jeudi 3 mai 2018 05:47 Affichages : 205

cadavres Par Julie Cadilhac - Lagrandeparade.fr/ Jérôme Beauregard est détective public ; ancien journaliste, il a changé son fusil d'épaule - crise de la presse oblige - pour cette nouvelle profession qui ne le paye pas plus. Fauché notoire et libertaire patenté, lorsque son ami Pat l'appelle pour lui proposer de bosser en Mongolie, il saute sur l'occasion...même si sa petite voix intérieure l'incite à se méfier. Mais quoi? Comment refuser l'aubaine de la promesse d'aventures au pays de Gengis Khan?! 

Bienvenue à Oulan-Bator cher lecteur, tu n'as pas fini de te marrer! Guillaume Chérel, en effet, manie espièglement la syntaxe, est féru de bons mots et n'a pas sa langue dans la poche! Ça tombe bien! En sa compagnie, le grand Jérôme - toute ressemblance avec l'auteur étant absolument à exclure d'office! -  va devenir tour à tour garde du corps, détective, convoyeur de fonds...en découdre avec de vrais voyous et risquer plus d'une fois sa peau! Une liste de personnages hauts en couleurs - hommes politiques, hommes d'affaires, tueurs à gages mais également péripatéticiennes et véritable James Bond Girl - sacrée Hélena! - peuplent ce polar délirant qui se déguste avec entrain. 

Et non seulement c’est stimulant d’un point de vue narratif et fictionnel mais l’auteur nous offre également un voyage dépaysant et passionnant car hyper documenté. La preuve?  

La Mongolie véhicule un tas de clichés qui ont la peau dure. De loin, ça ressemble à des quartiers misérables, genre bidonvilles, favelas, mais les enclos de palissades - appelés khashaa - peintes en rouge et marron, abritent une population d’une grande diversité sociale. Je connais de nombreux artistes et intellectuels qui y vivent et n’en partiraient pour rien au monde. Un sondage, vers la fin des années 90, a montré que les pourcentages de voitures personnelles et de télés couleur y étaient plus élevés que dans la moyenne de la ville en dur.

Allez, viens, trouve-toi un coin confortable et lis donc " Cadavre, vautours et poulet au citron" ; c'est aussi singulier que pertinent !... ça cogne dur et ça boit sévère…et d’ailleurs, tiens, comme dit le narrateur « vous pouvez laisser la bouteille ouverte », un petit remontant ne fait jamais de mal quand ça déménage et ça réchauffe de suite l'ambiance! 

J’ai grogné en mode Mongol du 9-3, et me suis assis à ma place enfin libérée, mon sac sur les genoux. Aucun n’a essayé de se frotter à moi. Les heures ont passé. Ils ont continué à boire. Se sont habitués à ma présence. L’un d’eux a même proposé de mettre mon sac au milieu des autres. Puis, quand ses copains, goguenards, ont compris que j’étais français, ils ont voulu parler politique.


Cadavre, vautours et poulet au citron
Editions : Michel Lafon
Auteur : Guillaume Chérel
Parution : 8 février 2018
Prix : 18,95€

A lire aussi : Un bon écrivain est un écrivain mort : un pastiche des Petits Nègres à la sauce Chérel relevée