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La jeune fille et la nuit : Guillaume Musso, retour sur la Côte d’Azur…

Écrit par Serge Bressan Catégorie : Polars Mis à jour : lundi 30 avril 2018 19:11 Affichages : 147

mussoPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Un défi que s’est imposée la superstar de l’édition française Guillaume Musso : écrire un « polar sans policiers ».

Pour « La jeune fille et la nuit »- son seizième et nouveau roman, il y a ajouté un ingrédient supplémentaire : quitter les Etats-Unis et principalement New York qui lui ont servi de décor pour ses précédents livres, et poser son histoire cette fois « dans des lieux familiers » sur la Côte d’Azur, à Nice et ses alentours dont Antibes (où est né Musso). Dans ce livre à ranger dans la catégorie très prisée outre-Atlantique du « campus novel », d’emblée l’auteur donne le nom de l’assassin. C’est Thomas, le narrateur romancier à succès né à Antibes. Décembre 1992, Thomas a alors 18 ans, est élève en classe préparatoire d'un lycée sur la Côte d’Azur et a assassiné Alexis, le professeur de philosophie qui aurait été l'amant de Vinca, dont il était secrètement amoureux. Le corps d'Alexis a été emmuré dans le gymnase du lycée, Vinca a mystérieusement disparu, l'enquête de police est restée sans résultat. Vingt-cinq ans plus tard, le romancier est de retour à Antibes pour les cinquante ans du lycée. Il se dit que le gymnase doit être rasé- alors, on retrouverait le corps du professeur. C’est le début du cauchemar pour Thomas et son ami Maxime qui l'a aidé à se débarrasser du cadavre. Pire : à l’attention de Thomas, a été écrit « Vengeance »…

Une fois encore, on ne peut qu’apprécier la construction parfaitement maîtrisé de « La jeune fille et la nuit ». En grand technicien, Guillaume Musso propose un récit qui court sur une journée de mai 2017 avec des retours sur cette soirée et cette nuit de décembre 1992. « Tout rassembler au cours d'une seule journée a été une contrainte volontaire, ça stimule », confie l’auteur qui dessine le beau personnage de Vinca Rockwell, disparue en 1992 à 19 ans. Elle hante le roman, elle qui, selon Guillaume Musso, était « la reine du campus. Libre, gracieuse, passionnée, elle fascinait son entourage ». Enfin, comme dans des romans de David Lodge ou de Michael Chabon, un souffle intense et implacable traverse les pages de « La jeune fille et la nuit ».
Mais voilà, chez Guillaume Musso (43 ans, 32 millions d’exemplaires vendus dans le monde, traduit dans 40 langues, suivi par 400 000 personnes sur les réseaux sociaux, passé en 2017 de l’éditeur indépendant XO à la multinationale Hachette), comme dans les romans précédents, le style et l’écriture sont passe-partout. Bien sûr, le romancier n°1 des ventes en France ces sept dernières années aime répéter : « Plus qu’un écrivain, je suis un raconteur d’histoires ». Ce qui ne justifie tout de même pas les clichés nombreux, comme les lycéens mus essentiellement par leurs hormones ou encore les professeurs évidemment un peu, beaucoup secoués. Sans parler des décors enneigés- oui, le meurtre eut lieu en décembre ! Au final, tentant le genre « campus novel » avec « La jeune fille et la nuit », Guillaume Musso propose un livre bon, ni meilleur ni pire que les précédents…

La jeune fille et la nuit
Auteur : Guillaume Musso
Editions : Calmann-Lévy
Parution : 24 avril 2018
Prix : 21,90 €