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Sharko : Franck Thilliez aux portes de l’enfer

Écrit par Serge Bressan Catégorie : Polars Mis à jour : mercredi 5 juillet 2017 06:55 Affichages : 165

ThilliezPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr / Il est apparu en 2004, on le découvre dans « Train d’enfer ». Franck Sharko est flic, il est la création de Franck Thilliez, né en 1973 à Annecy (Haute-Savoie) ingénieur de formation et écrivain- aujourd’hui, il est un des plus importants vendeurs français de polar. Et le revoilà, pour la sixième fois, en librairie avec « Sharko »- un titre aussi simple et efficace que son héros qu’il avait abandonné et mis en veille en 2015 avec « Pandemia ». « Je m’astreins à tenir compte du passé pour écrire son avenir, confie l’auteur, qui à ce jour a vendu plus de 4 millions d’exemplaires. Dès le départ, d’ailleurs, j’ai pris l’option « primitive » de faire vieillir Sharko et Lucie (NDLR : son épouse) en même temps que nous. Il prend de l’âge, même pendant les deux ans de « non-écriture ». A moi de m’en accommoder. Notez, cela me donne des trucs à raconter ! » Et là, on se retrouve aux portes de l’enfer….

L’histoire ? Pour la sixième fois, le couple à la ville et au boulot, Lucie Henebelle et Franck Sharko- flics au 36 Quai des Orfèvres à Paris et parents de deux jeunes garçons, récupèrent une enquête bien tordue. Hors cadre légal et à la demande de sa tante, Lucie enquête sur la mort de son oncle. Elle arrive dans une maison de la banlieue sud parisienne, descend dans la cave, un type lui tombe dessus et tente de l'étouffer avec une bâche en plastique, elle se débat et lui tire dessus à bout portant, le tuant. Franck, lui, ignore tout de cette bavure- il ne sait ni le pourquoi ni le comment, et il va couvrir sa femme en maquillant la scène du crime. Le « 36 » récupère l’enquête : normal, le type abattu par Lucie n’était pas un citoyen lambda, il s’appelait Julien Ramirez- un personnage au passé aussi sombre que glauque et qui conduit dans un univers sanglant… L’enquête est confiée au couple et à son équipe, lesquels vont s’enfoncer dans la noirceur humaine. Henebelle et Sharko vont-ils résister à l’histoire ? comment leur couple va-t-il surmonter l’épreuve- et l’équilibre fragile sur lequel il est construit sera-t-il maintenu ? et comment, pour Sharko et Henebelle, boucler l’affaire sans que leur équipe ne pointe le lien qui les accroche au cadavre ? On lit : « Le cerveau de Lucie surchauffait, Frank gardait la tête froide ». Et aussi : « Sharko comparait toujours les premiers jours d'une enquête à une partie de chasse. Ils étaient la meute de chiens stimulés par les cors, qui s'élancent à la poursuite du gibier. À la différence près que, cette fois, le gibier, c'était eux » ; on relève une citation de William Shakespeare : « On dit que le sang veut du sang »… 

Comme dans un épisode de la série télé « Columbo », dès le début de « Sharko », on connait l’identité du coupable. Dans le couple, en l’occurrence : Lucie Henebelle. « Elle avait pénétré chez quelqu'un en pleine nuit et tué avec son arme de service », et encore : « Flic ou pas, aux yeux de la loi, elle avait commis un homicide ». La question alors posée : Lucie a-t-elle commis le meurtre parfait ? Maître dans l’art de mener un récit, une intrigue, sur près de 600 pages Franck Thilliez déroule une enquête qui, au fil des chapitres, se resserre sur Lucie, conséquence d’« erreurs » qu’elle va commettre- des mots, des changements d’attitude qui peuvent alerter les autres membres de l’équipe. Maniant le polar à la perfection, l’auteur propose un roman où captivant et stressant font bon ménage. Et, malin, Thilliez y ajoute dans ce « Sharko » de haute volée un sacré plongeon dans les profondeurs d’un monde illuminé par l’horreur et le sang…

Sharko
Auteur : Franck Thilliez
Editions : Fleuve Noir
Parution : 11 mai 2017
Prix : 21,90 euros