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Essai sur la créativité : les leçons d’écriture du maître Bradbury

Écrit par Guillaume Chérel Catégorie : Essais, société et bien-être Mis à jour : vendredi 26 août 2016 14:30 Affichages : 1285

AntigonePar Guillaume Chérel - Lagrandeparade.fr/ Outre « Profession écrivain » de Jack London et « Ecriture » de Stephen King, peu d’ouvrages de conseils sur l’art d’écrire ont été écrits par de grands auteurs. « Le Zen dans l’Art de l’Écriture » est un recueil de textes, inédit en France, sur la Créativité écrit par l’auteur des « Chroniques Martiennes ». Dans ces douze essais, plus ou moins poétiques, Ray Bradbury confirme qu’il était bien l’un des auteurs les plus originaux et les plus novateurs du XXe siècle. Et l’un de ceux qui a le plus cherché à partager son bonheur d’écrire : «  (…) si je laisse passer une journée sans écrire, je ressens un certain malaise. Deux jours et je suis pris de tremblements. Trois, et il me semble que la folie me guette. Quatre, et je pourrais tout aussi bien être un porc pris de fluxions dans sa bauge. Une heure d’écriture, voilà qui est tonique. Me voici sur pied, à virer et revirer, et à réclamer à grands cris une paire de guêtres propres. »

 

Prodiguant conseils et recommandations pratiques en référence constante à son propre cheminement, l’auteur de « Fahrenheit 451 » s’adresse à tous les écrivains, débutants ou confirmés : comment libérer sa créativité ? Comment accéder à sa propre richesse intérieure ? Comment la laisser s’exprimer sans la brider, la déformer, la tuer ? Bradbury propose sa méthode, l’illustre de sa propre expérience, et montre la voie. Une voie peu conventionnelle et quelle énergie ! Quel humour ! Quel rythme ! Quelle géniale et inimitable simplicité !
Ces essais, c’est aussi le spectacle merveilleux de la genèse et de l’accouchement de bien des œuvres de Ray Bradbury. Aux fans de « la Foire des ténèbres » et de tant d’autres chefs d’œuvres, ce livre propose un étonnant voyage à bord de la fusée Bradbury, un voyage dans les coulisses d’un monde merveilleux et parfois compliqué si on se lance d’emblée dans un roman : « Ecrivez des histoires courtes, une par semaine. Ainsi, vous apprendrez votre métier d’écrivain. Au bout d’un an, vous aurez la joie d’avoir accompli quelque chose : vous aurez entre les mains 52 nouvelles. Et je vous mets au défi d’en écrire 52 mauvaises. C’est impossible. ».
Ray Bradbury est né en 1920 à Waukegan (Illinois), d’une mère immigrante suédoise et d’un père américain technicien de ligne à haute tension. Son grand-père et son arrière-grand-père étaient éditeurs de journaux. Il lit et écrit toute sa jeunesse, passant beaucoup de temps à la bibliothèque de Waukegan. Lorsqu’il a quatorze ans, sa famille s’installe à Los Angeles, où il vit toujours. Il obtient son diplôme au lycée de Los Angeles à quinze ans, mais le jeune homme choisit de ne pas aller à l’université. Au lieu de cela, il vend des journaux et arpente les bibliothèques. Influencé par les « pulp », notamment les héros de science-fiction Flash Gordon et Buck Rodgers, il commence à écrire des histoires courtes : short stories. Et publie ses premières fictions dans des fanzines dès 1938 (« Hollerbochen’s dilemna », dans Imagination). Sa première nouvelle rémunérée paraît dans le magazine Super Science Stories en 1941, et son premier livre, Dark Carnival (qui deviendra plus tard The October Country), recueil de nouvelles, est édité en 1947 par Arkham House.
Bradbury a pu se consacrer à la littérature à l’université de Los Angeles, au calme (chez lui, il y avait sa femme et sa première des quatre filles à venir) : « J’ai entendu que l’on tapait à la machine quelque part dans les sous-sols de la bibliothèque, et je suis descendu afin de voir de quoi il retournait exactement. Ce qui m’a permis de découvrir un local où douze machines à écrire étaient à la disposition de quiconque souhaitait les louer pour dix cents la demi-heure. » Des dizaines de rouleaux de pièces (9, 80 dollars) et neuf jours plus tard, il avait écrit le premier jet de ce qui allait devenir son chef-d’œuvre : Fahrenheit 451. Température à laquelle le papier s’enflamme et se consume. L’histoire d’un fireman (pompier) chargé de brûler les livres... Un livre considéré, à côté de « 1984 », d’Orwell, ou « Le meilleur des mondes », d’Huxley, comme l’un des meilleurs romans d’anticipation du XXe siècle. L’adaptation au cinéma par François Truffaut, en 1966, a contribué à en faire un best-seller encore très lu aujourd’hui. Ray Bradbury nous a quitté en juin 2012 mais il continue de nous écrire.

Ray Bradbury, « Le Zen dans l’art de l’écriture, essai sur la créativité, par l’auteur de Fahrenheit » 451 et des « Chroniques Martiennes », Antigones 14, 205 p, 16 €

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