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Patrick Rambaud : l’impassible et impossible règne de « François le Petit »

Écrit par Félix Brun Catégorie : Essais, société et bien-être Mis à jour : mardi 22 mars 2016 18:13 Affichages : 1547

François le petitPar Félix Brun - Lagrandeparade.fr/ Dès 2008, Patrick Rambaud a tenu la chronique tragi-comique du pouvoir sous le règne de "Nicolas 1er" suivie de celle de "François IV" ou "François le Petit".

Avec une écriture aux effets acides, il a dézingué "Nicolas-le-Clinquant" et déglingue à son tour "François-l’Immobile". Il décortique, démonte et démontre les évènements politiques avec saveur et justesse : un examen judicieux et rigoureux de la vie publique de cette dernière décennie. Patrick Rambaud n’hésite pas à placarder le premier ministre, le "Duc d’Evry", qui pour séduire s’abandonne quelque peu : "Il fallait exposer un brin de vie intime pour devenir le héros humain d’un feuilleton, et s’approcher le plus près du peuple." De même il brocarde ces "Cloisonnés frileusement, groupés entre eux et se reconnaissant comme les membres d’une secte, la plupart des énarques ne savaient guère écouter, ne l’ayant jamais appris. En costumes anthracite ou en jupes noires, ils portaient un uniforme et sortaient d’un moule unique. C’était une élite conformiste. A vingt-cinq ans ils rejoignent un grand corps de l’Etat sans avoir jamais rien prouvé. Sous "François IV" le Château et les cabinets ministériels en étaient surpeuplés."
Outre "François-l’Anguille", "François-l’Immobile", "Nicolas-le-Cupide", "Nicolas-le-Clinquant", on retrouve la patronne du "Front Populiste" Melle de Montretout, la marquise de Pompatwett et Melle Julie…. ! Il ne se prive pas d’égratigner également un grand commis ou comique de l’Etat : « Peu regardant M.de Jouyet avait œuvré dans le premier gouvernement du duc (Duc de Sablé, François Fillon), sautant de gauche à droite avant de sauter de droite à gauche sans effort, sans scrupules, sans convictions. »
Dans une conclusion acerbe, caustique, il fulmine contre le "crétin wahhabite", dénonce "la religion , excellent terreau de la crétinisation des esprits", et montre du doigt ceux qui ont tendance à composer et pactiser avec les crétins : "Notez que si les maléfiques deviennent rentables, ils perdent leur qualification et se muent ipso facto en amis fréquentables."
Une chronique dédiée à Cabu et Wolinski, qui se termine par : "A suivre ? Hélas !"…..

François le Petit. Chronique d’un règne.
Auteur : Patrick Rambaud
Editions : Grasset