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Perles de vie : René de Obaldia, la sagesse portative

Écrit par Serge Bressan Catégorie : Essais, société et bien-être Mis à jour : lundi 3 avril 2017 08:23 Affichages : 1298

ObaldiaPar Serge Bressan - Lagrandeparade.fr/ Le siècle, le vingtième, avait dix-huit ans quand il est né. C’était à Hong Kong, le 22 octobre. Près d’un père consul du Panama à Hong Kong et d’une mère française, René de Obaldia a grandi et fait ses études à Paris, est mobilisé en 1940, fait prisonnier, se retrouve dans un camp en Pologne puis rapatrié comme « grand malade » en France en 1944. En 1956, il publie son premier roman, Tamerlan des cœurs. Il enchaînera romans, poèmes, mémoires et surtout des pièces de théâtre, parmi lesquelles l’éternelle "Du vent dans les branches de sassafras". Le 24 juin 1999, il est élu à l’Académie française où il succède à Julien Green. Dix ans plus tard, on le retrouve sur la scène du théâtre parisien du Petit Hébertot- alors, il y lit quelques-uns de ses textes… Et, tel un jeune homme de 98 ans toujours vert, il nous revient en ce début de printemps. Malicieux, René de Obaldia nous glisse un mini-livre de quatre-vingt pages délicieusement titré "Perles de vie".
Sous-titré « Précis de sagesse portative », le livre s’ouvre sur une citation de Franz Kafka : « Nous sommes vraiment abandonnés comme des enfants perdus dans la forêt. Quand tu es devant moi et que tu me regardes, que sais-tu des souffrances qui sont en moi et que sais-je des tiennes ? » Suit un texte de quatre pages petit format pour préface : « Chers lecteurs, Je vais bientôt me quitter. Oui, disparaître de cette planète… » Alors, « encouragé par mon cher éditeur », René de Obaldia a rassemblé  des pensées et citations qu’il a, comme il prend plaisir à l’indiquer, engrangé « tout au long de mon existence, et de vous les léguer en héritage, dans l’espoir que pour vous aussi, elles seront source de réflexions, méditations, voire manière à rire et à pleurer ». Au fil des pages en 247 pensées et citations, on chemine dans ces pays de mots écrits et dessinés par Chesterton, Max Jacob (« Le romancier travaille. Le poète souffre »), Nietzche, Spinoza, Erik Satie, Hérodote, Gaston Bachelard (« Ne pas confondre la pesanteur avec la gravité »), Pierre Dac et Francis Blanche (« Echangerais volontiers femme de quarante ans contre deux de vingt ans ») ou encore trois auteurs vivants : Woody Allen, Jean-Denis Bredin et René de Obaldia lui-même, présent à neuf reprises et qui n’a pas manqué d’annoter : « Enfermer le dernier soupir dans un flacon stérilisé ». Quelle sagesse !

Perles de vie
Auteur : René de Obaldia
Editions : Grasset
Parution : 29 mars 2017
Prix : 12 euros